Le management de France 3 Alsace, honte de l’audiovisuel public

Une nouvelle fois notre organisation syndicale est obligée de dénoncer les dysfonctionnements du management de France 3 Alsace.

Malgré les années, malgré les silences pesants, les plaies n’ont toujours pas cicatrisé entre les salariés et une direction qui n’a quasiment pas changé depuis 20 ans.

« Il s’agit d’une baronnie, d’un potentat local » qui régule selon des collègues, « la station par la peur et la dénonciation ».

La présidente de France Télévisions au début de son mandat avait promis que les managers « devaient bouger au moins tous les deux ans, vu leurs responsabilités, vu leurs salaires ». Promesse de gascon. Les salariés de France 3 Alsace boiront le calice jusqu’à la lie.

Plusieurs faits gravissimes ont particulièrement affecté l’ambiance au travail. En 2010 le suicide du médecin du travail qui exerçait à France 3 Alsace depuis 25 ans, la tentative de suicide d’une collègue un peu plus tard qui resta plusieurs semaines dans le coma, le « départ » d’une scripte après son pétage de plomb, avec un encadrement obligé d’appeler les pompiers (qu’elle mordra d’ailleurs jusqu’au sang) pour extraire la salariée du collectif.

Évidemment l’ensemble de ces faits n’ont rien à voir avec le travail, tout cela est dû « à des raisons d’ordre individuel qui ne concernent pas le travail », explique la direction.

L’ambiance est pesante. Certains collègues ne se parlent plus, d’autres arrivent et repartent sans dire un mot. Les témoignages que nous récoltons sont édifiants : « les collègues se dénoncent entre eux pour un mot, un geste. La direction accueille avec bienveillance les délateurs même si les allégations sont fausses ». Le climat de suspicion est total.

Certains collègues nous affirment « que des photos des bureaux sont prises afin de savoir si les personnels sont présents », « qu’on fouille dans leurs poubelles pour dénicher une information compromettante », « qu’on a surpris des gens en train de regarder les vidéos de sécurité pour vérifier ce que font les travailleurs », « qu’il y a des actes malveillants dangereux contre des biens personnels : des vélos placés contre un mur de l’enceinte de France 3 Alsace sont volontairement détériorés». Sur ce sujet un manager nous répond : « les vélos n’ont pas à être garés là…».

On ne compte plus les personnels qui craquent : maladies, dépressions, larmes. Il a fallu deux mois à une jeune femme embauchée à 26 ans, reconnue comme surdouée pour craquer dans cet environnement nocif : amplitude horaire non respectée, surcharge de travail, non-respect des conditions de travail, humiliation.

Tout un système de rabaissement des salariés a été mis en place. Les prestataires chargés de la sécurité notent les horaires d’entrées et de sorties des travailleurs, ceux-ci sont ensuite communiqués aux managers (mais quel salarié peut accepter cela ?). Il n’est plus autorisé de décorer ou d’individualiser son bureau. Les enfants des personnels (des écoles, collèges et lycées jouxtent l’établissement) n’ont plus le droit de rentrer dans l’enceinte. La musique est fortement  déconseillée. Le short pour les hommes est malvenu. Un ouvrier désherbe à la main et sans outil comme punition de son retard.

L’initiative personnelle est bannie. Dire « non » n’est pas accepté, même si c’est trop.

A France 3 Alsace, personne ne peut parler. Les bureaux des managers sont désespérément fermés au sens propre, comme au sens figuré. « Il n’y a plus aucune humanité, plus aucune convivialité au travail ». Un salarié nous dit : « ici le rire est suspect ».

Les professionnels de la santé au travail qui connaissent l’établissement analysent : « le collectif du travail à France 3 Alsace n’est pas normal. Les salariés ne s’épanouissent pas dans un environnement serein. L’agressivité peut devenir un moyen de fuite. »

Ce que nous relatons n’est au fond pas une surprise. Les demandes de mobilités vers l’Alsace, se font rares. Tous les collègues de France Télévisions se passent le mot : « ce sont des tarés là-bas ». Ceux qui y viennent y sont souvent contraints, souvent après avoir eu des difficultés dans leurs propres établissements.

Bref c’est le bagne qui commence avec cette lourde porte en fer. Un long chemin de pierres, puis deux portes automatiques coulissantes qui s’ouvrent l’une après l’autre très doucement, très très doucement.

Vous voilà coincé. Bienvenue dans l’enfer carcéral de France 3 Alsace.

Madame la Présidente, Madame la Ministre de la Culture, Madame la Ministre du Travail, ceci est une alerte. Venez sauver les salariés de France 3 Alsace qui sont épuisés par la méchanceté, le mensonge, et la haine.

 

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One Thought to “Le management de France 3 Alsace, honte de l’audiovisuel public”

  1. Nicolas Pierre

    Journaliste Rédacteur a France 3 Toulouse j’ai été licencié en Novembre 2015 pour faute grave ( abandon de poste) aprés 30 ans de travail droit et loyal. Mon histoire tient en 2 mots . Fin 2014 j’ai decouvert que depuis presque un an mon encadrement posait d’autorité un jour de congé pour 4 jours de travail hebdomadaire . Il faut savoir que je présentais tous les journaux de tous les Week ends. je tenais aussi une rubrique archive le Vendredi Midi de 3 mn. 30. Enfin je coproduisais et présentais la matinale Régionale (26 mn) du Vendredi matin. Chaque semaine j’avais donc mes 2 jours de congé hebdo ( les Lundi et mardi) et 1 jour travaillé a la maison le mercredi . C’est peu dire qu’ils y gagnaient Cet accord avec ma Direction a tenu 4 ans puis a été supprimé unilatéralement sans me prévenir . Lorsque je l’ai decouvert, J’ai protesté et demandé la restitution de mes jours de congé que je n’avais jamais posés. Refus de la Direction qui m’a imposé a revenir en semaine et m’a donné après un congé maladie a faire du desk…. Pire le travail que je faisais en étant payé 4 jours a été reporté pour mes collègues sur …..8 jours . Devant tant d’injustice je leur ai annoncé fin Septembre 2015 que je prenais ma retraite et que je déposais un recours aux Prud’hommes pour la discrimination et le harcèlement qui avait précédé. C’est alors que j’ai été licencié pour abandon de poste …. le jours des obsèques de ma mère de 95 ans . Je ne le souhaite a personne . Strasbourg n’est PAS un cas isolé . Je m’appelle Pierre Nicolas Carte de presse 52353.

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