Salaires, la grande trahison 

Jusqu’au dernier moment, FO France•tv a espéré un sursaut de lucidité et de loyauté pour le personnel aussi.

Jusqu’au dernier moment, nous nous sommes dit que notre présidente allait se réveiller, reconnaître l’indigence du projet NAO 2025 et offrir un jugement de Salomon, tout sur l’augmentation générale pour faire oublier la “pauvreté” de l’enveloppe.

Non

Mais non, c’est un nouveau passage en force. La direction de la rémunération s’entête et soumet à la signature un projet d’accord qui lui offre les mains libres pour “récompenser” un salarié sur quatre (au mieux), d’une aumône “indigne” : 80 € par mois pour les plus chanceux et pas plus d’un salarié sur quatre.

Ni le mérite, ni l’augmentation générale

Parce que ce texte ne promeut pas la reconnaissance du mérite.

Par cet aveuglement, face à une situation budgétaire dégradée et à une économie moribonde, il exclut une augmentation générale (elle aurait offert 65 € par personne et par mois, selon nos calculs). FO ne signera pas l’accord. C’est une première pour nous.

La grande trahison

Et pourtant, pour ne pas trahir, la gouvernance disposait de solutions.

Pour abonder l’enveloppe NAO de 7,5 millions et offrir à chacun une belle augmentation digne de l’inflation, bien meilleure même que les 65 € que nous avons calculés, la présidente aurait pu arbitrer.

Mais non, elle a choisi d’avancer sur le dos des salariés.

Ces 7,5 millions d’euros, elle va les donner aux producteurs du privé.

Les producteurs de programmes de flux qui voient leur enveloppe augmenter de 1,9 % en 2025, contrairement aux annonces de “serrage de ceinture”. Un mensonge ?

Ces 7,5 millions d’euros, elle aurait pu les trouver dans la gestion calamiteuse de Franceinfo (futur canal 16), qui souffre de dépenses mal utilisées.

Une fois de plus, plutôt que d’entretenir la motivation et l’engagement par ces jours de “gros temps”, cette année encore, notre gouvernance a préféré nous trahir, entretenir un peu plus le copinage au détriment de l’ensemble des salariés.