Par ICI…la sortie

Liminaire FO au CSE Réseau

La comédie continue. Et le projet de la réforme de l’audiovisuel public devrait rejoindre le monde fascinant des ectoplasmes. On pourrait en sourire, si cela n’avait pas créé pendant plusieurs années un climat d’incertitude et d’inquiétude. Toujours d’actualité évidemment.

Et pendant ce temps-là, la géniale idée de transformer France 3 région, enfin feu France 3, en une chose vaguement identifiée comme ICI, peine à convaincre. La signalétique, visiblement très timide, n’a pas encore franchi les portails de nos antennes. Et pour tous les téléspectateurs en région, France 3, correspond toujours à notre appellation. Avec pour les chanceux qui ont sur leur territoire une station de France bleu, enfin feu France Bleu, une déboussolante chasse au dahut pour savoir qui fait de la radio, qui fait de la télé, qui fait du numérique. On pourrait presque croire au gag, si cela n’entraînait pas, une fois de plus, un budget mal fléché et des salariés au mieux déconcertés, au pire virés sans ménagement à l’image des éditeurs d’Eden.

Les « matinales » de nos collègues ex France Bleu sont dans le brouillard et le blues. Et la fameuse fusion avec la radio s’éloigne de plus en plus. Tout ça pour ça. Chez nos collègues radiophoniques, ils en témoignent, c’est une succession d’ordres contre ordres. On les avait préparés à se lancer à corps perdu dans les reportages vidéo (avec un portable, bien sûr). Désormais, la consigne est de ne plus tourner. Comme disait Guy Marchand dans une pub pour le PMU : « vas comprendre, Charles ».

Pendant ce temps-là, Nantes et Lille reçoivent un drôle d’aréopage. On recense, à tous les étages. Car pour trouver 150 millions d’euros, toutes les idées sont bonnes. Même de vendre à la découpe les stations régionales. Les Nantais et les Lillois devraient être fiers. Leur boîte vaut quelque chose, au risque de vexer les autres. Juste une supplique svp : ne les vendez pas en viager. Ça crisperait un peu plus…

Pour notre part, nous ne sommes pas dans le déni. Budget contraint, économies, changement de process, nous ne nous arc-boutons pas contre tous projets, par dogmatisme. Mais à l’heure où du côté de l’Assemblée Nationale, on apprend que des happy few, souvent avec un énigmatique titre à rallonge, sont particulièrement choyés, nous vous demandons juste de la cohérence et de l’équité dans les moyens d’action proposés.