L’inFO france•tv n°23 / mai-juin 2021

À ORLÉANS | L’HONNEUR BAFOUÉ

Temps de lecture ± 4 minutes 15“

Voici un peu plus d’un mois, nous découvrions qu’un documentaire consacré aux fêtes johaniques d’Orléans, commandité, produit et financé par la municipalité d’Orléans, était déprogrammé. Et que, suite à cela, une campagne diabolique s’abattait sur le directeur régional ayant pris cette décision mais aussi sur tous les personnels de France 3.

C’était le 30 avril dernier sur la chaîne d’info “C News”. Le nom de ce directeur régional, reconnu par tous pour son grand professionnalisme, collègue intègre et apprécié, était alors jeté en pâture par Pascal Praud. De par ses diatribes, ce dernier laissait alors supposer que le directeur refusait de s’expliquer sur la décision qu’il avait prise. Plus largement, c’était l’ensemble des salariés de France 3 qui, ce jour-là, se voyaient carrément traités de “petits commissaires du peuple”, ayant “des mentalités d’épurateurs”, et “qui auraient tondu à la Libération” !

Ces propos ont entraîné de multiples agressions à l’encontre de ce directeur régional, allant jusqu’à des menaces de mort. Ces messages reçus par mail ou via les réseaux sociaux, s’attaquant à son intégrité physique. Ils ont donné lieu à des plaintes, prises très au sérieux, avec une enquête confiée au SRPJ d’Orléans qui a d’ores et déjà permis d’identifier 3 auteurs potentiels (risquant chacun jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45.000 € d’amende).

UNE VOLONTÉ DE FAIRE DU “FRANCE 3 BASHING”

Tout cela est d’autant plus pitoyable que nous avons appris que le-dit directeur régional n’avait jamais été contacté par C News avant cette émission, et qu’il ignorait donc que ce sujet allait être traité ce jour-là. Bien évidemment, si la chaîne avait pris soin de le contacter, il aurait évidemment pu apporter les mêmes explications que celles qu’il nous a prodiguées. Qu’aurait-il dit ? Qu’un magazine, quel qu’il soit, ne peut pas avoir sa place sur nos antennes dès lors qu’il est financé à 100% par une collectivité : pas question de donner “carte blanche” à une formation politique, quel que soit son bord. En conséquence, la copie nécessitait d’être revue. De même, il aurait pu préciser que Jeanne d’Arc a tout de même été commémorée sur l’antenne le jour en question, lors de ces fêtes johaniques. En l’occurrence avec un document d’Arte, suivi d’un débat au cours duquel la journaliste qui devait assurer le commentaire du magazine municipal était invitée, ainsi que des historiens. Mais tout cela, il n’a pas pu l’expliquer, puisque la chaîne d’info n’a pas souhaité lui donner la parole.

Plus surprenant encore, nous savons que Pascal Praud connaît personnellement certains cadres de France TV : il disposait donc aussi de cette possibilité pour parvenir à contacter le directeur régional, si tel était réellement son intention.

C’est donc sciemment qu’il s’est livré, ce jour-là, à ce “France 3 bashing”, avec une volonté de salir et dénigrer. Ces faits sont graves. Car au delà des problèmes de déontologie, ces propos ont évité des violences qui auraient pu (et qui auraient dû) être évitées. Pour FO, il n’est pas normal qu’un journaliste titulaire d’une carte de presse puisse s’exprimer de la sorte sur une antenne. Si nous reconnaissons le droit à l’existence d’une émission populiste, il n’y a pas pour autant un droit à pouvoir dire tout et n’importe quoi.

ET MAINTENANT ?

L’entreprise France TV devait-elle réagir ? Lors du dernier CSE central, Delphine Ernotte a expliqué aux élus pourquoi elle n’avait pas souhaité engager de procédure contre C News : elle se présente comme défenseur de la liberté d’expression ; il est donc important d’accepter que nous soyons critiqués par d’autres. En précisant par ailleurs qu’il “s’agit de ne pas tomber dans le piège : il faut savoir bien répondre à ces attaques” ! La Direction a donc apporté son appui pour aider notre confrère directeur régional dans ses plaintes contre les auteurs des menaces, mais n’a pas souhaité aller jusqu’à des démarches contre C News. Dans l’absolu, elle n’a pas tort, dans la mesure où il existe une autorité chargée d’être le gendarme de l’audiovisuel : le CSA. Une chaîne, quelle qu’elle soit, ne devrait pas être obligée de se plaindre de tels faits après en avoir été victime, alors que le CSA est censé les interdire, et donc sanctionner les dérives, lorsqu’elles surviennent.

Alors que plus d’un mois s’est déjà écoulé, rien ne semble s’être encore passé.

FO va donc consulter ses conseils juridiques et n’hésitera pas à engager des procédures pour que cet honneur bafoué de ce directeur régional et des salariés de France 3 ne reste pas sans réactions.

Bruno DEMANGE
Secrétaire général FO Médias

UN FUTUR ACCORD SUR LA RÉMUNÉRATION

Temps de lecture ± 2 minutes 40″

VERRA-T-IL LE JOUR ?

Depuis le 31 décembre dernier, l’avenant 11, consacré aux mesures individuelles, n’existe plus. Cet accord valide sur les 3 années 2018, 2019 et 2020 remplaçait les dispositions de l’accord collectif : il prévoyait notamment que 33% des salariés de l’entreprise soient bénéficiaires d’une mesure individuelle chaque année. Mais avec des mesures minimales, car l’accord ne modifiait pas l’enveloppe globale. Cela s’est traduit par de la déception pour les salariés bénéficiaires de toutes petites mesures.
Cet accord ayant pris fin, quelle peut-être la suite pour 2021 ? Soit la reconduction, soit l’abandon, soit la renégociation !
C’est cette 3ème hypothèse qui a été choisie.

UNE NÉGOCIATION DE QUALITÉ

Les travaux ont débuté par le bilan de ce feu avenant 11 : tout le monde a reconnu certains de ses bienfaits, mais aussi la nécessité d’améliorer certains aspects. Plusieurs journées de négociations ont donc été consacrées à ces points nécessitant d’être rediscutés et cela a conduit à plusieurs versions d’un nouvel accord, intéressant, mais pas totalement abouti. L’une des caractéristiques majeures est une mesure minimale désormais à 2%. Selon la Direction, il est impossible de prévoir davantage sans réduire la proportion de 33% de bénéficiaires chaque année. Pour FO, la question est pertinente : ne serait-il pas mieux, finalement, de réduire cette proportion à 25%, mais avec une mesure minimale plus élevée à 2,5 ou 3% ? Pour la Direction, la principale difficulté rencontrée est que les marges de manœuvre sont faibles, alors que, dans le même temps, d’autres engagements sont en cours (notamment pour la résorption des inégalités femmes hommes, pour le cas des femmes en situation de disparité).

Une dernière version a donc été proposée à la signature des organisations syndicales lors du pont de l’Ascension, mais n’a recueilli aucune paraphe.

QUE MANQUE T’IL ?

Lors de la dernière journée de négociation avant l’envoi du texte, chaque organisation syndicale a soulevé certaines revendications, avec l’espoir que certaines d’entre-elles soient prises en compte.

Pas toutes, évidemment : nous savons bien qu’un accord est un compromis, nécessitant que chacun accepte de “faire un pas” ! Ne pas les voir à la lecture de cette dernière version de mai a donc été assez décevant. Et si l’on peut encore comprendre que la Direction n’ait pas souhaité inclure des dispositions entraînant un coût (qui déséquilibre l’ensemble), FO comprend moins pourquoi il n’y a pas eu d’avancées sur des dispositions qui ne coûtent rien. Nous pensons notamment à l’éligibilité des cadres supérieurs PTA et journalistes qui le souhaitent aux comités salaires (c’est à dire la possibilité pour ces personnels, qui sont des salariés comme les autres, de demander que leur situation soit examinée lors des comités salaires s’ils s’estiment en disparité).

Autre disposition : le fait que l’accord précise que les chefs de service et rédacteurs en chef, décisionnaires dans les choix opérés, participent à ces comités salaires pour débattre avec les élus.

ET QUE VA T’IL SE PASSER MAINTENANT ?

Cette semaine, une nouvelle réunion a été proposée. S’il a été dit que “nous n’allions pas refaire toute la négociation aujourd’hui”, la Direction n’a pas totalement fermé la porte, et apporté quelques arguments. Notamment par rapport à la présence des cadres lors des comités salaires : la Direction souhaite que, parallèlement, soit mené un travail pour que l’ensemble des participants “parlent le même langage”. Plus globalement, elle va adresser très prochainement une nouvelle version aux organisations syndicales.
Un autre élément va peser : la proposition faite par les OS de limiter l’effet de cet accord à 1 an, permettant d’en tirer rapidement les leçons, et d’ajuster ce qui méritera de l’être sans attendre 3 ans. La Direction a accueilli cette proposition avec intérêt : c’est peut-être là une belle porte de sortie.

Bruno DEMANGE
Secrétaire général FO Médias

NÉGO UCC | LA COMPÉTENCE RECONNUE

Temps de lecture ± 1 minute 45″

…PAR LA VALORISATION SALARIALE

Jusqu’à présent, la réalité de la pratique des compétences complémentaires se traduisait par des accords différents selon les territoires. Les accords concernant les “Unités de Compétences Complémentaires” ont pris fin, et la direction a souhaité réunir dans un accord global les UCC de France Télévisions.

Les discussions ont été longues, riches et intenses. De la part la particularité de chaque entité au sein de notre entreprise, la difficulté de l’exercice a consisté à s’entendre sur le cadre général des modalités. Elles portaient bien sûr sur la mise en œuvre, mais également sur la revalorisation salariale. Pour FO, les compétences complémentaires des salariés doivent être reconnues telles qu’elles existent réellement sur le terrain et doivent être récompensées au niveau du salaire. Seul un point d’achoppement persiste avec la direction. Cela concerne le paiement des 2 UCC à la forfaitisation. À Force ouvrière, on estime que si deux compétences sont faites de façon régulière, le paiement devrait s’effectuer sur le montant de 2 forfaitisations (soit 2×225€), la direction nous propose un montant de 270€, ce qui est largement en dessous. Mais nous rappelons que les UCC se pratiquent sur la base du volontariat donc chaque salarié est libre, ou non, d’accepter.

La signature de ce nouvel accord par FO et par la CGT, d’une validité de 2 ans, permet d’acter des pratiques qui existent et de faire évoluer des pratiques que les salariés apportent à l’entreprise. Force Ouvrière s’est beaucoup engagé dans cette négociation, et se satisfait que tout cet investissement se traduise au final par cet accord, attendu par un grand nombre de salariés.

Pour toutes questions, n’hésitez pas à nous écrire à : rf.vt1624465585ecnar1624465585f@epu1624465585org.O1624465585Ftaci1624465585dnys1624465585

Émeline DROXLER
Négociatrice de l’accord “UCC”
Déléguée Syndicale FO du Réseau France 3
Représentante de proximité de l’antenne d’Alsace

2021 | L’ENJEU DE LA PRÉVOYANCE

Temps de lecture ± 3 minutes 20”

Ce début d’année a été l’occasion de renégocier les accords prévoyance appliqués à France TV. Il ne s’agissait pas de définir précisément ce qui allait s’appliquer, mais de constituer les grandes lignes de l’appel d’offres, encore en préparation. Une innovation majeure est apparue : ce ne sont pas une mais deux négociations qui ont été conduites, avec, pour la première fois, un texte à l’échelle de l’entreprise destiné à prendre en compte la couverture de l’ensemble des personnels intermittents qui collaborent à France TV.

Ceux qui exercent dans l’hexagone sont déjà couverts par un contrat obligatoire interbranche, mais cette prévoyance n’existe pas pour eux dans les DROM-COM (Départements et Régions d’Outre-Mer – Collectivités d’Outre-Mer).
La négociation portait donc aussi, et avant tout, sur la création de garanties de prévoyance aux CDDU des DROM, sachant que le CDDU n’existant pas dans les COM.

Dans les versions du texte présentées en négociation, il n’était pas prévu de demander de portabilité. C’est à dire la validité des garanties pour un temps, à l’issue du contrat de travail. Ainsi, entre deux périodes de travail, les salariés n’étaient pas couverts par les garanties du contrat FTV mais restaient pris en charge par la garantie interbranche uniquement.

Alors que de nombreuses pistes de portabilités ont été proposées par les organisations syndicales, la Direction a opposé un refus systématique sur ce point.
Il est apparu très vite que les clauses demandées au contrat n’étaient, pour la plupart pas mieux-disantes par rapport au contrat interbranche. Souscrire à un contrat supplémentaire pour des garanties égales n’a évidemment aucun intérêt pour les salariés de métropole.

Une seule garantie était légèrement mieux-disante dans certains cas : la garantie Maternité.
La question a donc été posée à la Direction : dans quelle situation précise une intermittente en bénéficierait-elle ? Réponses hésitantes… puis silence embarrassé des représentants de la Direction ! Effectivement, durant un contrat de travail, une salariée intermittente ne va pas chez le médecin pour attester de sa grossesse, car les CDDU ne bénéficient pas de période de Repos Hebdomadaire. Ses rendez-vous médicaux sont donc pris pendant les périodes entre deux contrats. Ainsi, l’attestation de grossesse qu‘elle peut produire est nécessairement hors période de contrat de travail. Elle n’accepte pas non plus de jour de travail sur sa période d’arrêt maternité… et pour cause, elle est en arrêt de travail !

Force était de constater que, sans une portabilité de cette garantie maternité, celle-ci n’était jamais applicable. 
Pour autant, tout n’était pas à jeter, sinon c’était le status-quo pour les CDDU des DROM. 
Il fallait donc trouver le moyen d’éviter une cotisation supplémentaire en métropole, tout en créant des nouveaux droits aux salariés des Départements ou Régions d’Outre Mer, et s’assurer qu’ils soient applicables.

À l’issue de cette négociation il a été demandé par FO :

  • que les intermittents de métropole (déjà couverts par le contrat interbranche), soient exemptés de la cotisation à cette prévoyance d’entreprise.
  • que pour les CCDU des DROM, une portabilité de 3 mois sur la garantie maternité soit spécifiée sur l’appel d’offre.

En CSE, nous apprenions que nos demandes avaient porté leurs fruits.
C’est ainsi que les intermittents des DROM  vont gagner une prévoyance d’entreprise, avec des garanties applicables.
Les négociations syndicales se limitent trop souvent à protéger les droits déjà acquis. Il est donc très appréciable de vous relater la création de nouveaux droits par la négociation.

Hervé Morin
Négociateur “Prévoyance intermittents”
Représentant de Proximité FO en Nouvelle Aquitaine

NOUVELLE “ÉGALITÉ PROFESSIONNELLE” ?

Temps de lecture ± 3 minutes 35”

L’ancien étant arrivé à échéance fin 2020, un nouvel Accord en faveur de l’Égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est en cours de négociation avec vos représentants FO. 

QUELQUES CHIFFRES :  

Fin 2019, les femmes représentaient 45,2% de l’effectif à FTV
contre 44,7% en 2018 et 44,2% en 2017.
L’objectif de l’accord à fin 2020 était fixé à 45%. 

Depuis le mois de février vos représentants FO négocient un nouvel accord. 

OBJECTIF 2023 :
Reprendre les acquis des accords précédents et aller plus loin 

Pour y arriver, FO doit continuer à avoir un rôle moteur et rester déterminée sur le sujet. Négocier et militer pour l’égalité professionnelle est inhérent à notre combat syndical.  
C’est d’autant plus vrai qu’une amélioration des conditions de travail pour les femmes et une réduction des inégalités bénéficient à tous les travailleurs, les femmes comme les hommes. Non seulement l’action syndicale a toute légitimité à agir pour l’égalité de droit mais surtout, elle se doit de mener ce combat pour la défense et l’intérêt de l’ensemble des salariés. 

Force Ouvrière continue de revendiquer des conquêtes sur les thématiques de l’égalité salariale et des violences sexistes et sexuelles au travail, mais aussi contre les pratiques discriminatoires et le harcèlement. 

Un des points forts de la négociation repose sur la rémunération, afin de lutter notamment contre les inégalités de carrière. À travers cet accord, vos élus FO veulent renforcer et rendre les indicateurs encore plus pertinents pour identifier et supprimer les mécanismes de plafond de verre. Ils ont rappelé à l’occasion de ces réunions quelques-unes de leurs revendications, notamment : avoir des informations en matière d’égalité plus détaillées (par métiers, reprenant tous les éléments de la rémunération et de la carrière), réduire les écarts de rémunérations inexpliqués par une obligation de résultat, et revaloriser les métiers à prédominance féminine. 

Un autre des objectifs est d’activer des leviers forts pour le recrutement, afin de créer ainsi  l’opportunité d’un rééquilibrage des métiers. 
Il s’agit d’accueillir  au sein des familles professionnelles le genre sous représenté. C’est le cas de la famille “production fabrication” dans laquelle les femmes ne représentent que 30,8%, ou dans la famille “gestion d’entreprise” : là, les hommes ne représentent que 26,8% de l’effectif. 
Essentiel aussi : réussir à briser le plafond de verre pour l’accès à l’encadrement des femmes. 
Certes, on note une progression des femmes dans l’encadrement technique avec 45,4%, mais c’est beaucoup moins le cas du côté de l’encadrement des journalistes. On n’y compte que 33,2% de femmes, même si la représentativité des femmes progresse.

Au delà, il s’agit aussi de promouvoir la mixité des métiers et des filières scolaires et universitaires. De l’école à l’entreprise, il faut réussir à lutter contre les stéréotypes de genre, notamment par des formations dédiées. La réussite passe aussi par la garantie de l’égalité dans l’accès à la formation quel que soit le site d’implantation géographique des salariés, la nature de leur emploi et leur niveau de qualification ou de formation initiale. Il faut continuer à former pour le maintien dans l’emploi mais aussi investir dans des formations qualifiantes ! 

Enfin, il y a aussi cette notion d’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée : FO rappelle que cet accord doit permettre d’agir plus largement sur le sujet en agissant sur l’organisation du travail, l’articulation vie privée / vie pro, et la parentalité avec notamment la prise en compte des nouvelles parentalités. 

Plusieurs réunions seront encore nécessaires pour faire aboutir nos revendications. À FO, nous souhaitons avant tout un plan d’actions, qui ne se limite pas à un catalogue de bonnes intentions. 

Catherine REGGIANINI
Négociatrice “Accord égalité professionnelle”
Déléguée syndicale FO du Réseau France 3
Représentante de proximité Antenne de Lorraine

PORTRAIT DE MILITANTE | AMÉLIE DOUAY

Temps de lecture ± 1 minute 10”

Déléguée Syndicale à Dijon et secrétaire de l’Instance de Proximité de Bourgogne

Je suis journaliste depuis 2010 et j’ai été en CDD durant plus de 10 ans dans une bonne quinzaine de BRI ou de BIP, avant d’obtenir mon CDI à Dijon. J’estime donc avoir une bonne connaissance du réseau. J’aime mon métier parce que tout d’abord j’aime les gens, ensuite j’ai l’impression de l’exercer pour transmettre les joies et les préoccupations des uns aux autres. Et puis, pour un.e journaliste, chaque jour ne ressemble à aucun autre.

Je suis syndiquée  parce qu’il me paraît important de préserver les salariés et leur qualité de travail alors que les conditions de travail et l’offre aux téléspectateurs ont tendance à se dégrader. D’autant que j’ai souvent le sentiment que des décisions sont prises depuis la petite lucarne parisienne avec une méconnaissance de la réalité du réseau.

J’ai choisi Force Ouvrière parce que c’est un syndicat où il n’y a pas d’œillères, où l’on protège les acquis tout en tenant compte des évolutions des pratiques professionnelles ; FO est représentatif du dialogue social pas de l’opposition systématique à la direction.

Amélie DOUAY
Déléguée syndicale FO à Dijon

•3 PAYS DE LA LOIRE | PREMIÈRE ÉTAPE RÉUSSIE 

Temps de lecture ± 3 minutes 30”

Un évènement a marqué le mois de mai : un préavis de grève des salariés de Nantes, et des 4 autres départements de la direction régionale des Pays de la Loire.
La revendication est la même depuis la constitution de cette nouvelle direction en 2016 : le manque d’effectifs, et le déséquilibre avec la plupart des autres régions, mieux dotées.

UNE RÉFORME MAL PENSÉE 

Pourquoi cette antenne se trouve-t’elle dans cette situation ? En 2016, une réorganisation d’importance a été engagée dans l’ensemble du réseau France 3 : c’était la fin des 4 pôles et la création de 13 directions régionales, calquées sur les 13 “grandes régions” issues de la loi NOTRe. Problème : ce découpage a créé des territoires très inégaux, avec de très grosses régions (telles que la Nouvelle Aquitaine, le Grand Est ou Auvergne Rhône Alpes), d’autres à taille plus “humaine” et enfin certaines beaucoup plus petites.

En choisissant de suivre ce découpage, France TV a hérité de cette inégalité. L’unique solution aurait été de renforcer les moyens de ces “petites” directions régionales, afin qu’elles puissent remplir l’ensemble de leurs missions dans des conditions suffisamment proches des plus grandes, mais rien n’a été entrepris.

L’EXASPÉRATION 

Malgré les revendications régulières du collectif des Pays de Loire, et notamment une grève en 2019, la situation n’a guère évolué. Cette année, l’arrivée du 18h30 a encore aggravé les choses. D’où un nouveau préavis déposé début mai, avec cette même volonté : celle d’un rééquilibre. Des négociations ont donc été engagées. Cette fois, la direction a compris le message. Depuis plusieurs semaines déjà, celle du réseau avait affiché reconnaître cette difficulté. Il y a clairement du sous-effectif mais il ne semble exister aucune solution ! Si les salariés de cette région apprécient d’être compris, ils sont fatigués de cette situation qui dure depuis bien trop longtemps. Ils ont besoin de réponses.

UNE NÉGOCIATION CONSTRUCTIVE 

Cela, la Direction l’a donc pris en compte, et a accepté de s’engager. Certes, pas à augmenter dès à présent les ETP de “Pays de la Loire”, mais à reconnaître que le renfort de cette région constitue une priorité pour elle. Et que, parmi les différentes transformations que l’entreprise va engager, cette petite direction régionale doit faire partie des priorités dans les futurs redéploiements. Cet engagement tombe à point nommé, à un moment où va s’engager au sein de France TV l’ouverture d’une nouvelle négociation sur la GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences), que l’on nomme désormais “GEPP” afin de mettre en avant la notion de “parcours professionnels”. Cette négociation est prévue pour débuter le 11 juin prochain. 

Dans ce protocole d’accord signé le 9 mai dernier, d’autres dispositions ont été prises pour palier des besoins urgents. FO est satisfait de ce protocole, et n’imaginait pas meilleure sortie. Des engagements sont actés, avec tout d’abord la finalisation d’un inventaire permettant de savoir précisément quels sont les besoins. Par la suite, il s’agira de veiller au fait que des réponses puissent être trouvées pour solutionner ces besoins identifiés. FO y veillera : il n’y a pas d’autre hypothèse possible si la France TV souhaite conserver des régions Bretagne et Pays de Loire autonomes.

Mais Force Ouvrière pense également à une autre région se trouvant dans un état comparable : le Centre Val de Loire. Elle aussi connaît une problématique semblable, et il sera nécessaire de ne pas l’oublier dans ce qui sera engagé chez le “voisin de l’Ouest”.

De la même façon, il s’agira de connaître avec précision l’état des besoins, et de travailler ensuite sur des redéploiements. Cette autre “petite” région doit, elle aussi, bénéficier d’un caractère prioritaire.

Bruno DEMANGE
Secrétaire général FO Médias

ADIEU MONA LISA | BIENVENUE OPEN MEDIA

Temps de lecture ± 2 minutes 20”

NRCS, Open Media, Galaxy 5, Newsboard !
Il va falloir s’habituer à ces nouveaux termes. L’année 2021 sera au cœur d’une révolution dans les habitudes de travail dans nos différentes chaines.

UNE ÉVOLUTION OU UNE RÉVOLUTION ?

Chacun appréciera en tout cas ce dossier lancé il y a plusieurs mois va modifier le quotidien des scriptes principalement. Nos collègues ont été et seront les premières et premiers à essuyer les plâtres. Certes la direction se montre rassurante mais les craintes sont légitimes d’autant que de nombreux bugs ont été constatés lors des phases de test. Bugs réglés selon l’équipe en charge du déploiement. Justement ce déploiement a été perturbé par la Covid, un calendrier modifié qui verra notamment le début des formations dans le réseau commencer après les vacances d’été.

Faut-il donc se presser ou prendre en comptes les remontées des salariés ?
Certains nous disent qu’ils ne sont pas prêts !

Si nous prenons le logiciel Newsboard (déploiement les 9 juin au Siège), il est ressenti comme complexe et la proximité des élections ne fait rien pour arranger les choses. Tout le personnel n’a pas repris en présentiel, il est urgent d’attendre selon FO.

Nous demandons à la direction de laisser passer l’été avant de se lancer dans cette aventure.

POURQUOI CHANGER ?

Ces outils sont destinés principalement à la gestion des conducteurs de JT mais aussi aux prévisions. L’objectif principal reste de les moderniser, en partie obsolètes mais surtout d’uniformiser les process avec une application compatible avec l’ensemble de systèmes d’exploitation du groupe. Des passerelles techniques entre les chaines qui confirment la volonté de la direction d’accélérer les synergies entre toutes les entités du groupe.

   Pour Info :
Stade 2 a été la première émission a basculé sur Open Media puis France 3 IDF, etc.
Le réseau des antennes régionales suivra mais une station servira de site test avant tour déploiement global.

   Lexique :
NRCS : News Room Computer System.
Newsboard : outil de gestion des sources et prévisions.
Open Media : outil de gestion des conducteurs.

Ali BENBOURNANE
Membre de la commission de suivi “NRCS”
Délégué syndical France 3 Nord Pas-de-Calais

PAS DE SOUS-TRAITANCE AU MAQUILLAGE !

Temps de lecture ± 3 minutes 10”

La colère des élus du CSE du réseau France 3 a été provoquée par l’annonce d’un appel d’offre pour sous-traiter le maquillage dans les 24 antennes du réseau. La direction a certes expliqué que rien ne changerait par rapport aux pratiques actuelles. En conséquence, l’entreprise continuerait à employer des maquilleuses CDI ou intermittentes là où elle le faisait déjà jusqu’à présent.

D’un point de vue pratique, l’appel d’offres n’allait concerner que les sites où il y avait déjà recours à de la sous-traitance jusqu’à présent. En clair, la situation ne s’aggrave donc pas par rapport à la situation antérieure à cet appel d’offre. Pour autant, elle ne nous convient toujours pas.

UN MÉTIER PROPRE À LA TÉLÉVISION

Force Ouvrière pose à nouveau cette question : pourquoi France TV choisit-elle de mettre en œuvre ce type de pratiques sur certains sites, plutôt que de procéder à des contrats de travail avec des salariés ?

On nous répond simplement qu’il existe sur certains sites un besoin de faire appel à de la sous-traitance depuis longtemps. Et que ce type de sollicitation est désormais interdit sans appel d’offres. En ajoutant que l’activité est estimée insuffisante à certains endroits pour justifier des recours à des recrutements.  Cette réponse ne convainc pas. Alors que l’essentiel de l’activité est identique partout. Pire : on profite parfois d’un mouvement de personnel, comme en Bourgogne lors de la création de France Info. Une salariée en poste à Dijon a candidaté, a été prise, et n’a malheureusement jamais été remplacée. Pourquoi ce qui était possible avant ne l’est désormais plus ? Nous reposons cette question.

Nous rappelons tout simplement qu’il s’agit d’un métier propre à la télévision, au même titre que les chefs monteurs, chefs OPS, vidéos, scriptes…qui, eux aussi, sont soumis à des accords. Alors que, à ce jour, personne n’envisagerait de sous-traiter nos besoins en montage, son ou régie, cela ne dérange pas nos directions de le pratiquer avec le maquillage.

UN BESOIN CROISSANT

L’argument des besoins insuffisants est d’autant moins convaincant qu’un élément nouveau vient s’ajouter dans l’actualité du Réseau France 3 : la régionalisation…qui devrait normalement être de nature à augmenter nos besoins !
Aucune réponse digne de ce nom n’a été apportée encore à cette interrogation. Certes, à ce jour, cette régionalisation n’est pas encore très concrète : nous savons juste que de nouveaux contenus vont forcément venir s’ajouter à ceux qui existent aujourd’hui, et qu’il y aura donc forcément besoin de maquillage supplémentaire.

Globalement, FO dénonce l’anxiété et le stress suscités par l’annonce de cet appel d’offres et le mépris, notamment pour nos collègues en CDDU, fidèles à leurs antennes depuis plusieurs années.

Alors que la direction affiche la volonté de protéger les personnes les plus vulnérables, elle s’attaque à une catégorie de personnels essentiellement féminine, parmi les plus mal payées de FTV et les fragilise encore plus.
Par ailleurs, ne se place-t’elle pas en situation d’illégalité, alors qu’il existe une subordination légitime entre ces salariés et les équipes qui pilotent leur activité ?

Force Ouvrière revendique donc l’abandon de ce projet d’appel d’offres et le retour du métier des maquilleuses dans nos antennes.
Nous appelons donc tous les salariés qui ne l’auraient pas encore fait à signer la pétition demandant cet abandon.

Bruno DEMANGE
Secrétaire général FO Médias


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