Future présidence de FTV : FO France•tv a lu les 4 projets 

Mis en ligne par un site spécialisé sur les réseaux de pouvoirs et les médias, FO France•tv a eu accès aux projets des quatre candidats retenus par l’ARCOM dans la course à la présidence de notre entreprise.

La sortante veut « réconcilier » ou comment avouer que sa gouvernance a pendant dix ans déjà divisé un collectif qui était uni derrière la création audiovisuelle. Vidé de leur substance des dizaines de métiers aux profits de producteurs extérieurs. Enlevé tout sens aux mots engagement professionnel, valorisation des compétences, récompense au mérite.

Dix années de valeur détruite minutieusement pour France Télévisions.

D’ailleurs, Mme Delphine Ernotte le reconnaît dans son texte, elle veut poursuivre et aller plus loin.

Page 12, elle annonce tout de go la fin de notre accord collectif et le remplacement dès cette année de dizaines de salariés par : « le déploiement de l’Intelligence Artificielle Générative et le mouvement vers la production automatisée »

Quand elle évoque les créations futures de notre entreprise, en faisant « naître de grands récits », nous pourrions tomber dans le panneau. Mais la lecture de ce chapitre nous fait très vite retomber sur terre. Ces grands récits, ce sont les producteurs extérieurs, les habitués du C pour moi, C dans ma poche, C tout bénef, qui en toucheront les dividendes.  Pas les 8800 personnels de l’entreprise !

Vous découvrirez par vous-même ici : https://fo-francetele.tv/wp-content/uploads/projets-strategiques-ftv.pdf

La condescendance, le mépris parfois, l’idéologie toujours qui pave ce « brûlot » n’apportent aucune autre réponse aux contraintes budgétaires que de nous faire disparaître, petit à petit, nous les professionnels de l’audiovisuel public.

« Rassembler »

C’est sous ce projet quelque peu plus positif qu’une autre candidate se présente devant l’ARCOM.

Le projet d’Irène Grenet se présente sous les atours d’une « réinvention collective ».

Elle nous connaît après huit ans à des postes de directions au sein de FTV mais également au service de l’Etat (ministère des finances).

Elle n’esquive pas la question de la rigueur budgétaire à venir mais tout devra être « mis en oeuvre pour préserver les ressources de l’information et des programmes »

Le point d’orgue de ce projet nous le trouvons dans le sort que cette candidate entend réserver aux « pillards », les fameux producteurs privés qui nous ont lentement mais patiemment dépouillés de notre valeur, notre capacité à créer du contenu audiovisuel de qualité.

Pour la gestion de ce pacte productif (1 milliards d’euros annuel dont 507 millions pour les programmes de flux) elle souhaite la création « d’une commission indépendante réunissant sous l’égide de l’Arcom des représentants de l’économie de la création et des membres de la Cour des comptes ».

Autre titre de projet un peu plus inspirant que celui de recoller les morceaux, c’est la « dynamique d’avenir » imaginée par Mme Frédérique Dumas, productrice de télévision et de cinéma.

Par honnêteté, nous soulèverons d’abord ce qui nous apparaît dans son texte comme le plus argumenté mais le plus dangereux aussi : « Faire évoluer l’accord collectif du 28 mai 2013 grâce à un nouveau pacte social »

Argumenté car Mme Dumas a bien ciblé les actuels blocages sur l’adaptation des métiers, la valorisation des compétences, la reconnaissance au mérite.

Mais dangereux aussi car tout dépend de comment on fera évoluer le texte. Pour FO France•tv, libérer les énergies c’est oui mais le moins-disant social c’est non !

Autre thématique louable, et deux fois plus venant d’une productrice, les relations avec les producteurs extérieurs. Mme Dumas prône pour l’adoption de « règles d’éthique », « l’existence de véritables gardes fous » et un « pilotage éclairé ».

Pour finir, Jean-Philippe Lefèvre, ex-directeur à Public Sénat veut faire de FTV « un outil » pour tous et partout.

Il se propose surtout de réinventer notre modèle économique en multipliant les sources de revenus (+200 à 280 millions d’euros de recette selon ses calculs).

Son projet comporte une autre vertu, toutes les propositions se font à l’intérieur de l’audiovisuel public : « des productions éditoriales fortes, incarnées et différenciantes »

Sur ces quatre projets, si nous les avons lu, si nous venons de nous exprimer, nous vous laisserons bien sûr vous faire votre propre opinion mais pour FO France•tv il y a une chose qui vaut bien plus que ces ambitions, c’est la certitude que nous ne pouvons pas rester en l’état, nous ne pouvons plus continuer dans « la violence managériale, les erreurs stratégiques et l’absence de concertation  » permanents.

Projet Delphine Ernotte Cunci

Projet Irène Grenet

Projet Frédérique Dumas

Projet Jean-Philippe Lefèvre