Antennes de Caen et Rouen : questions à la nouvelle direction

Le nouveau directeur régional de France 3 Normandie, Erik Berg, a reçu une délégation Force Ouvrière à la veille du CSE la semaine dernière. Une heure d’entretien pour exposer sa philosophie de gouvernance et sa vision de l’avenir.

Comment souhaitez-vous diriger cette région ?

Je souhaite des rapports apaisés. Pour cela, appliquons les 4H (Humain, Humour, Humilité, Honnêteté) dans le mode de management et les rapports entre salariés. Des salariés aux « métiers passion » qui doivent faire face aux mutations de l’entreprise. Une vigilance particulière sera portée à la conduite du changement sans culpabilisation des salariés.

Les contraintes financières ne doivent pas pour autant impacter l’imagination ou la volonté de faire des choses. Et notamment pour tous les publics, ceux existants et ceux à conquérir, en particulier les milléniums ! (les jeunes). Cette reconquête passe par « le  média global » en tenant compte des spécificités de la région.

Nous avons pour atouts deux BRI qui font de bonnes audiences avec des effectifs dont la moyenne d’âge est inférieure de dix ans à celle du groupe, et par conséquent moins touchés par la rupture conventionnelle collective.

Dans quelle mesure envisagez-vous le rapprochement entre les antennes de Caen et de Rouen ?

A ce sujet, je perçois plus de craintes à Caen  qu’à Rouen au même titre que Grenoble vis-à-vis de Lyon. Pourtant, les investissements se font toujours de part et d’autres. Cela étant, cette dualité éditoriale ne doit pas occulter la « globalité »: on est dans la mutualisation de certains produits mais aussi dans les journaux de façon plus fine. Mutualiser n’a jamais fait perdre de l’audience. Cela permet de dégager des équipes pour faire de l’enquête. L’important est la façon d’aborder l’info, faire des choses cohérentes, proches des gens.

Un journal normand unique est-il envisagé ?

Sur cette question, les téléspectateurs et les politiques ne sont pas prêts. On doit être dans l’échange de reportages, de papiers et s’interroger sur l’écriture  qui a peu évoluée. Il n’y a pas assez d’enquête, pas assez d’immersion. Il faut commencer par décrypter, s’atteler à « comment on raconte », faire progresser l’écriture de nos journaux avant de mutualiser pour retrouver un public qui nous a abandonné.

Pourquoi externalisez-vous la production et les emplois ?

L’externalisation n’est pas un gros mot. On reste producteur délégué et avons « le final cut » sur l’éditorial en même temps que l’on participe au tissu économique. Quant à l’emploi, s’il ne pénalise pas le projet à mener, nous devons l’externaliser car nous sommes dans un plan d’économies.

Quand et comment envisagez-vous le rapprochement avec Radio France ?

Il y a des régions où les zones de diffusion TV et radio correspondent ; ce n’est pas le cas de la Normandie; cela se fera en temps utile. Avec la radio, on est fait pour s’entendre… Pour l’instant, on est sur des actes fondateurs, dans le « work in progress ». 

L’exposition Web étendue de 6h30 à 21h30 est-elle judicieuse ? Et avec quels moyens ?

Ce n’est pas une vision parisienne, c’est la réalité des usages. On doit répondre à cette demande par des publications et pas forcément avec du « live ». Ce service est mutualisé avec Rouen. Il faut trouver une organisation, donner envie aux salariés par des conditions de travail ou des horaires favorables.

 

A cette réunion, a fait suite une rencontre des élus du CSE avec les salariés de Rouen qui ont largement fait part de leur préoccupation sur la faiblesse des moyens de production … Ce jour-là, le journal de midi n’était pas diffusé faute de scripte !

 

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