À la recherche d’un nouveau souffle pour Franceinfo

Liminaire FO au CSE Siège

Près de dix ans après sa création, Franceinfo va-t-elle enfin surgir des limbes télévisuelles et recueillir une meilleure audience grâce à son nouveau positionnement sur le Canal 16 de la TNT, à partir du 6 juin prochain ?

C’est bien entendu l’espoir de toutes les équipes mobilisées autour du projet ainsi que de tous les salariés de France Télévisions.

Un espoir auquel Force ouvrière s’associe : la fin de la relégation sur le très lointain canal 27 et le regroupement au sein d’un peloton unique et plus cohérent dédié aux chaînes d’information constitue, à n’en pas douter, une opportunité pour Franceinfo de trouver un nouveau souffle et un nouveau public.

Car il faut bien le dire, depuis près d’une décennie, malgré les assurances des directions successives, malgré la mobilisation des journalistes, des techniciens, malgré les trésors d’énergie et de volonté, de créativité qui ont été déployés, les résultats n’ont pas été au rendez-vous.

L’audience de la chaîne demeure très basse (selon les esprits les plus chagrins, elle ne correspondrait qu’à la tension du vumètre)… et son assignation depuis sa naissance sur le lointain canal 27 ne suffit pas – à elle seule –  à expliquer ces piètres résultats.

Est-il permis de rappeler, les lignes éditoriales incertaines et fluctuantes, le turnover incessant des équipes… autant d’aléas qui ont sérieusement plombé l’enthousiasme d’une rédaction qui pourtant n’en manquait pas et au travail de laquelle il faut au passage rendre hommage.   

A l’occasion de cette arrivée sur le canal 16, la direction nous annonce donc un nouveau plan, un nouveau projet éditorial pour Franceinfo dont on nous assure qu’il saura tirer les enseignements des épisodes précédents.

Force Ouvrière ne peut que se féliciter de cette volonté d’effectuer un nouveau départ sur de meilleures bases mais demeure néanmoins vigilant, compte tenu de l’ampleur du défi qui nous attend et du fait que les problèmes auxquels Franceinfo a été confrontée dans le passé n’ont aujourd’hui toujours pas été résolus.

On nous promet une « identité éditoriale » encore « plus forte », mieux recentrée sur « les faits », dans un équilibre harmonieux avec « les débats d’idées », des analyses toujours plus « pertinentes », un « niveau d’expertise » des invités sans cesse à la hausse… fort bien ! Qui prétendrait préconiser le contraire pour une chaîne d’information digne de ce nom ?  

Au-delà des vœux pieux et des formules qui sont toujours et forcément un peu générales, nous insistons sur la nécessité de nous doter des moyens de nos ambitions.

A cet égard, le compte n’y est pas vraiment. Certes, quelques renforcements d’effectifs sont prévus, mais ils nous semblent bien insuffisants et sont comme trop souvent organisés selon le vieux principe des vases communicants : déshabiller un service déjà exsangue pour tenter d’en soulager un autre encore plus mal en point.

Au-delà des moyens, demeure le problème crucial de leur mise en œuvre et de leur coordination. Depuis dix ans, force est de constater que les directions successives n’ont pas brillé en la matière…

S’ajoute à cela les caractéristiques propres d’une chaîne d’info continue. La production permanente d’un flux d’informations favorise un stress constant et son corollaire de dérives et d’abus qui ne sont pas sans conséquences sur les conditions de travail des salariés et par voie de conséquence sur leur santé.

Autre dossier qu’il devient urgent de régler, celui des chargés d’éditions. Aujourd’hui, les négociations sur ces nouveaux métiers sont au point mort, au détriment des intéressés, soit une bonne trentaine de salariés. Les conséquences de ce blocage sont pour eux non-négligeables, tant du point de vue des conditions de travail que sur le plan salarial.

La direction se doit de prendre toutes ses responsabilités pour que cette négociation sur les nouveaux métiers puisse enfin aboutir. C’est le souhait de Force Ouvrière.

Le nouveau projet éditorial de Franceinfo ne pourra réussir qu’avec ce renforcement des moyens et une clarification des statuts propre à mobiliser tous les personnels de la chaîne.