À l’heure où l’audiovisuel public est confronté à de lourdes incertitudes, chacun mesure les inquiétudes qui existent autour de l’avenir de nos moyens, de nos missions et de nos conditions de travail. Ces préoccupations sont légitimes. Elles méritent d’être entendues, portées et défendues avec détermination mais aussi traitées avec mesure, honnêteté et responsabilité.
Lors du mouvement de grève initié par le STC le 15 juin dernier, certaines prises de parole publiques ont contribué à installer une image inexacte et inutilement dégradée de France•3 Corse ViaStella, tant auprès des salariés qu’à l’extérieur de l’entreprise.
Exposer dans la presse des accusations, des interprétations contestables et des lectures partiales de notre gestion budgétaire ne rend pas service aux salariés de France•3 Corse ViaStella. Au contraire, cela ternit l’image de notre chaîne auprès de nos partenaires, de nos interlocuteurs et de la population. Cela fragilise notre crédibilité alors même que nous avons besoin de confiance, de soutien et de lisibilité pour faire valoir nos missions de service public et défendre notre avenir.
FO respecte sans ambiguïté le droit de grève comme le droit de chaque organisation syndicale à porter ses revendications. Mais respecter le pluralisme syndical ne signifie pas laisser dire n’importe quoi, ni accepter que certains se posent en seuls défenseurs des salariés.
Nul ne peut nier la réalité économique de France Télévisions, qui subit depuis plusieurs années une baisse continue de ses moyens et supporte l’essentiel des restrictions budgétaires imposées à l’audiovisuel public. Faire croire que toutes les responsabilités se situeraient au niveau local, ou laisser entendre qu’un affaiblissement de France•3 Corse ViaStella serait délibérément organisé revient à tromper les salariés.
Nous ne disons pas que tout va bien et qu’il ne faut rien contester. Nous disons qu’un syndicalisme responsable ne peut pas se construire sur la dramatisation permanente, sur des présentations discutables, ni sur l’exposition publique de nos difficultés comme si cela pouvait produire des solutions.
Les débats existent, les désaccords aussi. Mais ils doivent être portés dans les instances internes, avec exigence et sérieux.
Il était important que FO précise sa position, y compris pour rassurer les salariés qui ont pu s’interroger sur notre choix de ne pas rejoindre le mouvement de grève du 15 juin 2026.
Ce choix ne traduit ni renoncement ni retrait. Il traduit notre volonté de défendre efficacement les droits des personnels avec sérieux, au bon moment et avec les bons moyens. C’est ce que nous faisons aujourd’hui dans la négociation du nouvel accord collectif au niveau national. C’est aussi ce que nous portons dans notre combat pour le retrait du seuil de carence imposé à nos CDD et intermittents locaux en exigeant la prise en compte de notre spécificité Corse. FO répondra toujours présent pour protéger les salariés, leurs garanties et l’avenir de France•3 Corse ViaStella.
