Service Culture : fusion forcée et inégalité programmée
Derrière la formule de la direction consistant à « mieux traiter la culture dans sa dimension sociétale » se dessine une réalité beaucoup moins séduisante : celle d’un traitement inéquitable des salariés.
Prenons l’exemple des permanences de week-end. Si l’on rapporte les contraintes au poids respectif des effectifs des services d’origine, les journalistes issus du service Culture seraient amenés à assurer proportionnellement deux fois plus de permanences que leurs collègues du service Société.
Comment construire la cohésion d’un futur ensemble « Société + Sport + Culture » sur de telles bases, sans équité, et sans cohésion ?
Cette fusion intervient de surcroît dans un contexte particulièrement dégradé : déménagement imposé, disparition programmée de l’encadrement actuel dans les six prochains mois, et inquiétudes persistantes liées à la réputation du management du service Société, réputation entretenue par les témoignages de nombreux salariés.
Comment, dans ces conditions, les journalistes du service Culture pourraient-ils ne pas avoir le sentiment d’être avant tout considérés comme une force de travail supplémentaire, appelée à devenir la variable d’ajustement des besoins des services Sport ou Société ?
Avec des éditions d’information suivies des magazines 20h30, les besoins spécifiques en sujets culturels sont en effet limités. Dès lors, la crainte est forte de voir disparaître progressivement l’identité, l’expertise et la spécificité éditoriale du service Culture au profit d’une simple logique de polyvalence imposée.
France Info : et tout n’est pas clair
À France Info, personne ne sait aujourd’hui avec certitude ce que sera l’antenne de septembre.
Dans un contexte de restrictions budgétaires, cette absence de communication nourrit les inquiétudes et le mal-être des salariés quant à leur avenir et à celui de leur chaîne.
Les rumeurs prospèrent dans le vide laissé par l’absence d’informations : fin annoncée des émissions produites par Radio France…(comment serait comblé le temps d’antenne ainsi libéré ?)
Incertitudes sur le nouveau plateau et ses accès à des bureaux équipés pour les journalistes restés à cet étage, sur les changements d’habillage, sur les menaces de disparition des bandeaux « liner » réalisés par Radio France, alors même que les pop-ups annonçant les programmes suivants sont déjà régulièrement obsolètes… les interrogations s’accumulent nourries par un organigramme incertain et déséquilibré.
Face aux rumeurs alimentées par cette forme d’omertà, il convient de rappeler un principe simple : si l’information n’est pas une opinion à l’antenne, la communication avec les équipes qui fabriquent cette information ne saurait être une option.
La direction mesure-t-elle réellement les conséquences du fonctionnement estival de l’antenne, dans une période de vacances où de nombreux postes ne sont pas remplacés ?
Qu’en sera-t-il, alors que plusieurs évènements majeurs sont déjà programmés : décision de justice de Marine Le Pen, Coupe du monde de football, sommet de l’OTAN, et bien d’autres rendez-vous d’actualité ?
En l’état actuel de l’organisation, un fait d’actualité survenant au cours de la « seconde demi-heure » ne pourrait donner lieu à aucun Breaking News : un évènement majeur à 17h40 ou 21h50 ? France Info ne serait tout simplement pas en direct !
La direction envisage-t-elle de mettre en œuvre des évolutions majeures sans concertation préalable avec les équipes et les 160 personnels concernés ?
On ne construit pas une rédaction sur l’inégalité, ni une chaîne d’information sur le silence. Les salariés attendent des garanties, de l’équité et des réponses.
