Des ateliers édito sans filtres, sans retenue et sans technique. Un service scripte au bord de la crise avec une charge de travail décuplée. Des miettes pour le service vidéo… Stop à l’hémorragie !
Le management par la discorde ne fera pas notre avenir
Travailler en amont sur la rentrée ? Sur le principe, personne ne peut être contre.
Associer les salariés à la réflexion sur le journal ? Là encore, l’idée semblait bonne.
Mais derrière le vernis participatif, la réalité est tout autre.
Les ateliers de la discorde
Des ateliers pensés en vase clos, centrés uniquement sur l’éditorial.
Sans réelle place pour les métiers techniques qui fabriquent pourtant l’antenne au quotidien.
Trois ateliers, vingt-trois journalistes, quatre adjoints, un rédacteur en chef pour un compte rendu de trente pages diffusées largement, brut, sans filtre, sans contextualisation, sans mise en perspective.
Résultat ?
Des remarques générales jetées en pâture. Des propos abrupts. Des métiers stigmatisés. Des salariés blessés.
Opposer technique et éditorial est-il devenu un mode de management ?
Car diffuser sans précaution des propos de nature à fracturer les équipes, c’est bien plus qu’une maladresse. C’est une méthode dangereuse qui fragilise les collectifs et alimente un climat déjà bien trop anxiogène.
Quand il faudrait se serrer les coudes pour préserver notre mission de proximité, certains font le choix de la division.
À force, il ne s’agit plus de maladresses répétées, mais bien d’une manière de gérer qui use les équipes, dégrade les conditions de travail et augmente les tensions.
Stop à l’usure continuelle et organisée.
Scriptes : toujours faire plus avec moins ?
Après avoir absorbé les nouveaux outils, les nouveaux formats, les nouveaux JT ; après s’être adaptés en permanence aux réorganisations successives, les collègues avaient obtenu une organisation minimale cohérente avec la charge réelle de travail :
2 scriptes par jour, 7 jours sur 7, 365 jours par an.
Pas un privilège.
Pas un confort.
Une nécessité de fonctionnement.
Aujourd’hui, cette organisation est à nouveau remise en cause. Cela deviendrait désormais la norme en période dite de “basse activité”, le week-end, voire demain à la rentrée ?
Faire seul. Tenir coûte que coûte. Absorber la surcharge. Gérer le stress. Assumer seul les conséquences.
Et tant pis pour la fatigue, tant pis pour les RPS déjà identifiés.
Le professionnalisme des équipes ne peut pas servir de variable d’ajustement.
Vidéo : un abandon organisé ?
Pendant des années, les équipes vidéo en Bourgogne ont elles aussi tenu.
Elles ont inventé, créé de nouveaux produits, maintenu de l’activité malgré les contraintes budgétaires, réinventé les façons de travailler.
Mais il semblerait que ce soit terminé. Dernier exemple en date, la “mise en image” des DEP. Concentrer deux postes auparavant en un seul. Faisant au passage l’économie d’un réalisateur.
Cette dynamique centrée sur le rabot abîme les personnes et l’ensemble de nos moyens à travers elle.
Chacun défend ses effectifs, son périmètre. Édito et technique sont dissociés.
Chacun gère sa pénurie.
Pour quel avenir ?
À force de raisonner uniquement en économies, en ETP, en périmètres séparés… On n’organise plus le futur. On organise le recul.
Quand il n’y a plus de projet collectif, il ne reste que la gestion de la disette et l’affaiblissement progressif des métiers.
Nous sommons nos encadrants d’avoir de l’ambition pour notre antenne, de nous parler franchement et de se reconnecter aux réalités terrain ; pas celle des parts variables et des enjeux parisiens.
Le bateau coule mais plus personne ne fait mine de mettre des rustines !
CE QUE NOUS REFUSONS
- La division organisée entre métiers ;
- Les décisions imposées sans concertation ;
- Les réorganisations permanentes ;
- La dégradation continue des conditions de travail ;
- L’affaiblissement progressif de nos métiers et de nos collectifs.
CE QUE NOUS EXIGEONS
- Un projet éditorial clair, partagé et construit avec tous les métiers ;
- Le respect des collectifs de travail et des compétences de chacun ;
- Une organisation des services discutée avec les salariés concernés ;
- Le maintien de 2 scriptes par jour, 7j/7, 365 jours par an ;
- Une stratégie claire pour maintenir l’activité et les emplois de tous et toutes;
- Des engagements concrets sur la prévention des RPS et les conditions de travail.
NOTRE FORCE, C’EST LE COLLECTIF
Ils opposent les métiers.
Nous défendons le collectif.
Ils fragmentent ?
Nous rassemblons.
Ils gèrent à court terme ?
Nous défendons l’avenir de nos métiers et nos conditions de travail.
Journalistes, PTA, administratifs :
Ne les laissons pas installer la division.
Reconstruisons le collectif. Construisons le rapport de force.
