L’inFO france•tv n°18 / octobre 2020

LE TÉLÉTRAVAIL : Un plébiscite à encadrer !
l’édito de la Secrétaire confédérale Force Ouvrière
LE TÉLÉTRAVAIL AU MONTAGE : Un bilan globalement positif
HAUTS LES MASQUES !
EN BREF !
LA PUBLICITÉ CIBLÉE
PORTRAIT DE MILITANTE : Laurence Romet


 

LE TÉLÉTRAVAIL : Un plébiscite à encadrer !

17 mars 2020 : La France se confine…

Des millions de salariés se retrouvent du jour au lendemain dans l’obligation de poursuivre leur activité en télétravail. Si depuis le début des années 2000, ce mode d’organisation du travail restait peu utilisé, (concernant seulement 7% des salariés en 2019) et plutôt réservé aux cadres, l’urgence sanitaire le rend brusquement possible pour beaucoup de métiers pourtant considérés jusque-là comme “non télétravaillables”.

Cette situation nouvelle a provoqué un certain engouement des salariés pour exercer leur activité au domicile. Ainsi, en juin, 80% des télétravailleurs déclaraient vouloir continuer à pratiquer le télétravail de façon durable sur une partie de leur temps de travail.

Si ce fonctionnement présente bien sûr certains avantages pour les salariés (réduction des temps de trajet, augmentation de l’autonomie, meilleure conciliation des différents temps de vie), il ne faut pas faire l’impasse sur les risques déjà connus (augmentation du temps de travail et de la charge de travail ressentie, hyper-connexion, isolement…). De plus le confinement n’a pas été sans créer de nouvelles difficultés, puisque se sont ajoutés les problèmes de mauvaises conditions de travail et les risques psychosociaux associés à une mise en télétravail contrainte, mais aussi la difficile conciliation activité professionnelle/obligations familiales/soutien scolaire des enfants.

Pour FO, encadrer les conditions du télétravail est indispensable pour éviter toutes dérives néfastes aux salariés pouvant conduire à dénaturer la relation au travail. C’est pourquoi dès la mi-mars, face à un recours massif et précipité, Force Ouvrière revendiquait une négociation nationale interprofessionnelle sur ce mode d’organisation du travail. Cette demande prenait d’autant plus de sens en cette période qu’elle permettait de garantir un cadre protecteur à tous les salariés concernés tant pour le télétravail ordinaire qu’exceptionnel.

Le 22 septembre dernier, au terme de l’analyse de la situation vécue durant le confinement, le patronat a enfin accepté l’ouverture d’une négociation. C’est un premier pas, même si FO ne saurait se satisfaire d’un accord “ni normatif ni prescriptif”. Il ne s’agit évidemment pas d’entériner la généralisation du télétravail, et encore moins sous une forme de 5 jours sur 5, mais bien de renforcer les protections et offrir de nouveaux droits aux salariés sur la base du volontariat et du principe de réversibilité.

Au-delà des discussions nationales interprofessionnelles, le télétravail est également d’actualité dans beaucoup d’entreprises. Bon nombre d’entre elles souhaitent ouvrir une négociation sur ce sujet. C’est pourquoi la confédération travaille avec la quasi-totalité de ses fédérations afin d’élaborer un guide d’aide à la négociation qui permettra de donner aux délégués syndicaux FO des pistes de revendications sur les diverses thématiques à aborder. Il est en effet important de cadrer notamment les modalités de mise en œuvre, les conditions de travail, ainsi que les problématiques de management et de santé.

Le télétravail doit être vu comme un mode d’organisation du travail parmi d’autres qu’il convient d’encadrer. Et le rôle de l’organisation syndicale consiste à protéger les salariés et à leurs obtenir de nouveaux droits.

Béatrice CLICQ
Secrétaire confédérale Force Ouvrière

 

LE TÉLÉTRAVAIL AU MONTAGE : Un bilan globalement positif

Monter les reportages et les sujets pour les journaux télévisés est l’une des grandes innovations à france•tv en cette période de Coronavirus, de confinement et de couvre-feu.

Monteur pour france•3 depuis 2002 dans la région Grand Est, ce geek, passionné de nouvelles technologies et de nouvelles formes de travail, était en télétravail pendant le 1er confinement.
“J’ai préféré, par choix personnel, travailler avec mon propre matériel notamment parce que France Télévisions a refusé de me donner des moyens. La technique consiste à se mettre en liaison informatique et téléphonique avec le rédacteur qui dispose des mêmes éléments que moi, en temps réel. Nous communiquons aussi intensément que lorsque nous sommes enfermés dans la même salle de montage. Sauf qu’il n’y a pas de temps perdu en transport ou en papotages devant la machine à café. Finie la réunionite aigüe. À la station, je passe beaucoup de temps à attendre le rédacteur alors que là, comme ma compagne est rédactrice, j’ai pu utiliser ce temps à réaliser avec elle des interviews par Skype ou donner un coup de main sur le web. Cela a représenté une vraie diversification de mon travail. Je me sentais dans une bulle créative. Comme nous diffusions un seul et même journal pour toute la région Grand Est, j’ai pu collaborer avec des strasbourgeois. Je reconnais qu’habitant à la campagne, j’ai la chance d’avoir une maison suffisamment grande pour avoir transformé mon bureau en lieu de travail pour france•3”.

Au siège, un monteur parisien a participé à la mise en place du télétravail. Son bilan est légèrement plus nuancé : “Oui, cela marche techniquement. C’est un bon plan B pour pallier la crise sanitaire et permettre de continuer à fournir les éditions”.

Un autre ajoute : “Il faut compter avec le temps de téléchargement des rushes. J’ai, par exemple, refusé de monter avec cette méthode un feuilleton pour le 13H de france•2. C’était trop lourd. Par ailleurs, ma fille est à la crèche et quand elle rentrait le soir, forcément, dans un logement relativement exigu, j’étais moins concentré dans mon travail. En revanche, en étant pas en prise directe avec les éditions et les rédactions en chef, on subit moins la pression que certains d’entre eux peuvent exercer au dernier moment, juste avant la diffusion”.

Enfin un monteur qui travaille également au siège, trouve le système de télétravail très performant, mais “certains jeunes journalistes qui ont l’habitude de se reposer sur nous au quotidien pour construire leur sujet était assez angoissé de ne nous avoir qu’au téléphone. Certains étaient chez eux pour enregistrer leur commentaire sur leur téléphone portable. D’autres sur site passaient au mixage après envoi du sujet monté depuis chez moi”.

HAUTS LES MASQUES !

“Moi-même, je ne sais pas mettre un masque !” s’était exclamée la porte-parole du gouvernement provoquant l’hilarité d’un pays déphasé par la pandémie. Lavage des mains, distanciation sociale et port du masque sont aujourd’hui les principales mesures barrières admises par tous. Je me couvre, tu te couvres, il se couvre, nous nous couvrons …

Il faut désormais sortir couvert, se couvrir les voies respiratoires au risque de ne plus respirer dans un monde déjà irrespirable pour certains. Nous sommes en guerre claironne le pouvoir exécutif, en guerre contre un virus qui rappelle à la raison l’outrecuidance d’une humanité trop boulimique. Il faut consommer pour vivre et non vivre pour consommer semble nous dire Madame Covid 19. “Vous ne comprenez pas, eh bien je vous condamne au masque !” scande cette malédiction de l’enfer issue d’une Nature qui veut reprendre ses droits…

Supplice d’un temps qui invite à réfléchir sur nous-mêmes, retrouver les aiguilles de la boussole. Alors, pas le choix ! Le masque, il faut l’avoir avec soi, dans la poche, dans son sac, dans sa voiture et l’arborer en toutes circonstances, le porter sans fantaisie car la fantaisie n’est plus médicalement correcte. L’ ascèse s’installe progressivement dans nos vies et comme un bal macabre prend le pas sur l’exubérance, le trop-plein de tout.

Pour les tenants de la responsabilité sanitaire, elle est érigée en dogme. Enjeu éminent de santé publique, la classe politique, dans ses petits souliers, obéit sans coup férir à dame Covid. Le masque s’impose à tous, y compris à ces représentants de l’ordre établi soumis plus que jamais à l’égalité devant les hommes. Morceau de tissu, de papier, accessoire dérisoire, le masque serait-il devenu le symbole de l’universalisme, perdu ou oublié ?

Autrement dit, le plus grand et le plus petit des hommes seraient-ils réunis sous un même voile pour prendre conscience de leur condition commune, celle de porter désormais haut le masque ?

François ORMAIN
Délégué Syndical Central FO•tv

EN BREF !

Le TÉLÉTRAVAIL à Arte continuera jusqu’au 31 décembre 2020. Le personnel a le droit de revenir sur le site un jour par semaine et cela doit être planifié afin d’éviter qu’il y ait trop de monde en même temps.

Pendant sa détention, l’otage française au Sahel, SOPHIE PETRONIN a pu avoir des nouvelles de sa famille grâce à la radio de service public radio France International.

L’ancien numéro 2 de france•tv, TAKIS CANDILIS, rejoint Banijay, une société de production où il espère développer plusieurs fictions.

ATTENTAT DE CONFLANS : le feuilleton Plus belle la vie, diffusé sur france•3, a rendu un hommage appuyé à Samuel PATY, décapité par un terroriste le 16 octobre par un terroriste.

LA PUBLICITÉ CIBLÉE

Annoncée par l’ancien ministre de la culture, Franck RIESTER, Roselyne BACHELOT n’entend pas mettre fin à l’arrivée de la publicité ciblée selon le profil des foyers de téléspectateurs sur nos écrans. Ses défenseurs mettent en avant la nécessité d’une équité.

Selon eux, les acteurs de l’audiovisuel français doivent être à armes égales avec les nouveaux acteurs de l’internet où les annonceurs bénéficient de ce type de technologie qui permet de faire de la pub selon les goûts de chacun.

Cependant, le CSA devrait travailler à un dispositif qui permet le respect de la vie privée.

PORTRAIT DE MILITANTE :
Laurence ROMET

Je suis scripte à Amiens et j’ai commencé à travailler dans le réseau de france•3 en 1999 et j’ai travaillé dans la quasi-totalité des antennes comme Nice, la Corse, Poitiers, Rouen ou Strasbourg.

Force Ouvrière m’a contacté en 2017 et j’ai été très bien accueillie dans un groupe solidaire et engagé. J’ai été élue au CSE réseau en 2018. Je suis très intéressée par la santé et la Qualité de Vie au Travail. C’est donc naturellement qu’après avoir été désignée pour siéger à la CSSCT du réseau, j’ai fait une formation qui me permet aujourd’hui d’être référente QVT.

J’aime Force Ouvrière pour son caractère libre, indépendant et surtout pas « jusqu’au-boutiste » ce qui permet de défendre les salariés au plus près de leurs intérêts.

Laurence ROMET
Élue au CSE réseau

Ce journal a l’agrément de titre de presse du Ministère de la culture et de la communication
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