Négociations au sujet du projet de feuilleton avec les moyens de la filière

metteur en scène

Trois réunions déjà, pour tenter de dissiper certains doutes, certains malentendus, certaines incompréhensions.

«Voici au moins 25 ans que nous n’avons pas vu un investissement de ce niveau, permettant d’augmenter l’activité, de pérenniser le volume de production et créer des emplois…et ce sans mobilité contrainte »  (Stéphane Sitbon-Gomez).

Pour Force Ouvrière, une chose est claire : il faut associer les salariés à ce projet, et aussi les rassurer (car leur attitude est légitime puisqu’il s’agit d’un saut dans l’inconnu).

Et tout d’abord parvenir à motiver…pour réussir à nous faire rêver.

Depuis le début la direction a-t-elle pris le bon chemin ?

A-t-elle assez impliqué les salariés dans le projet ?

Le personnel doit pouvoir s’investir pleinement pour l’accepter.

C’est la raison pour laquelle FO réclame que soit lancée en urgence la mise en place d’un groupe de travail (bien évidemment sans se substituer à la mission des instances).

Pour que les salariés puissent parler concret, parler des métiers, des contraintes, des conditions de travail, du projet…

La direction a entendu la revendication. Va-t-elle y donner suite ? Quand ?

Rassurer, c’est l’autre chose que la direction a tenté de faire… Déjà en communiquant sur une question importante : les salariés venant de la fiction vont-ils gagner moins en passant de leur activité actuelle à la fabrication du feuilleton ?

Ce lundi matin, la direction est donc venue avec 3 exemples, pour 3 métiers précis, afin de pouvoir effectuer une comparaison rapide.

Dans les 3 cas, la direction est partie de l’hypothèse d’un rythme de travail de 41 semaines de travail par an, à raison d’une moyenne de 44 heures de travail par semaine.

1/ cas d’un OPV percevant 3500 € brut par mois, soit 42000 € par an

Aujourd’hui, l’accord fiction lui permet de percevoir :

Nombre de fictions 1 2 3 4
Primes 1355 € 2670 € 4006 € 5341 €

Demain, avec la valorisation « heures supplémentaires », l’activité feuilleton lui ferait percevoir 5955 € en plus, soit davantage que 4 fictions.

2/ cas d’un électricien éclairagiste percevant 3013 € brut par mois, soit 36156 € par an

Aujourd’hui, l’accord fiction lui permet de percevoir :

Nombre de fictions 1 2 3 4
Primes 1472 € 2945 € 4417 € 5890 €

Demain, avec la valorisation « heures supplémentaires », l’activité feuilleton lui ferait percevoir 5090 € en plus, soit davantage que 3 fictions.

3/ cas d’un régisseur percevant 4084 € brut par mois, soit 49000 € par an

Aujourd’hui, l’accord fiction lui permet de percevoir :

Nombre de fictions 1 2 3 4
Primes 4085 € 8170 € 12255 € 16340 €

Là c’est clair, en l’état, l’activité « feuilleton » serait moins intéressante pour les régisseurs !

Très vite, la direction commente : rien n’est arrêté, et de nombreux éléments peuvent être discutés. Une seule limite nous explique-t-on : l’équilibre économique !

Des questions restent en suspens :

  • Comment ces chiffres ont-ils été calculés ? Intègrent-ils les temps de récupération qui existent sur les tournages fiction ?
  • Que penser d’un tel rythme de 41 semaines avec 44 heures par semaine ? Alors que le personnel « Plus belle la vie » explique que le rythme idéal pour résister se limiterait à 2 semaines par mois, 1 semaine de repos et 1 semaine avec une autre activité ?

Certes, la direction répond qu’elle a entendu cette inquiétude…et que c’est justement pour ça que le rythme de ce feuilleton sera une alternance intérieur / extérieur. Ce ne sera pas comme pour « Plus belle la vie ». Sur ce sujet aussi, l’existence d’un groupe de travail serait bien utile !

Autre question : quid des postes vacants à la filière ?

Ceux-ci étaient précisément au nombre de 24 au 30 avril dernier…et devraient être au moins 43 à la fin de l’année. Combien seront remplacés ? Et combien feraient l’objet de redéploiements pour abonder le projet ?

La direction nous répond que, pour chacun des postes, elle va s’interroger sur la pertinence de pourvoir ou non au remplacement. D’ailleurs, 3 d’entre eux sont déjà en consultation.

Parmi les autres sujets de préoccupation, est aussi sur la table le fait qu’il faille renoncer à un certain nombre de fictions par an pour réussir le projet du feuilleton en respectant cet équilibre économique.

Nous parlons du fait de passer de 32 à 20, mais pourrait-on en conserver davantage ? Ce n’est pas exclu, et des hypothèses chiffrées doivent être examinées. Elles feront l’objet de deux nouvelles réunions de négociation la semaine prochaine, lundi et mercredi… Le sujet est donc loin d’être clos !

 

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