L’avenir des locales

« L’avenir des locales », expression tellement répétée au cours des derniers mois qu’elle finit par faire partie du ronron des discussions ici ou ailleurs en CE et en DP. Les mêmes mots reviennent, les mêmes injonctions, les mêmes questions … et les mêmes réponses, qui, dans le même temps, peuvent se retrouver télescopées par des décisions contraires à ce qui a été affirmé !

Les  éditions locales risquent donc de disparaître les unes après les autres, et l’avenir des survivantes est suspendu à un fil, celui de la diffusion sur les box ! Autrement, elles ne seraient pas assez exposées, vues…comprenez rentables. Disons les choses autrement, elles disparaîtraient aussi car leurs moyens, tant humains qu’éditoriaux, sont autant de main d’œuvre et de contenus disponibles pour le numérique.

Toutefois, ce que le numérique induit avant toute chose, c’est de changer profondément la manière de faire notre travail (ensemble), revoir nos organisations, notre manière d’être vus et regardés, ou encore la définition même de nos métiers. Nier ou espérer réduire l’impact du numérique, en clair nous cramponner à ce que nous avons toujours connu, relèverait de la démagogie, du déni de réalité, d’une vue restreinte.

Devons-nous pour autant cesser, dans les plus brefs délais, de produire des éditions locales pour la chaîne ? Assurément non !

France télévisions (et plus particulièrement France 3) reste un des services publics au plus près des français. Grâce à nos éditions locales diffusées sur la chaîne, c’est tout notre territoire qui est représenté. Peu importe notre lieu de résidence, notre âge, nos moyens, notre capacité d’accès aux nouvelles technologies…

Vous le savez, dans les campagnes, le vote extrémiste est concomitant à la disparition des services publics. Notre force et notre légitimité résident en notre présence partout et sur tous les supports. Puisque France 3 est une marque, nous ne pouvons pas nous permettre de réduire notre production et de disparaître de certains « rayons ». Puisque France 3, plus qu’une marque, est un service public de proximité, faisons en sorte qu’il soit vraiment vu par tout le monde. N’envisager qu’une exposition numérique des contenus locaux, c’est mettre la charrue avant les bœufs, et diluer ceux-ci dans de grands rendez-vous d’informations régionales est un non-sens.

Nous avons besoin de penser, de réfléchir vite et bien, certainement pas sous la menace, sous les moqueries ou même l’hypocrisie de notre hiérarchie. Nous attendons d’elle une véritable stratégie, une réelle volonté éditoriale, englobant tous nos supports de diffusion.

N’oublions pas non plus qu’il existe des solutions peu onéreuses (voire même gratuites), mais qui demandent de la volonté pour maintenir nos éditions locales sur la chaîne. Force Ouvrière exige donc qu’aucune décision hâtive ne soit prononcée sans que l’ensemble de ses aspects n’ait réellement été examiné. C’est pourquoi, Force Ouvrière a demandé que ce point soit traité lors du prochain CCE des 13 et 14 juin 2017.

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