« La honte de la république » ? Quelle vision a le Président de la République pour l’audiovisuel public ?

Suite à un article paru sur la version en ligne de l’Express le 5 décembre 2017, l’annonce a déferlé comme un tsunami sur les personnels des sociétés de l’audiovisuel public. Ce titre avait l’avantage d’être tapageur :

Pour Macron, » l’audiovisuel public est la honte de la République ».

Cet article a été, pour les 18.000 salariés des sociétés de la télé, de la radio, d’une rare violence.

L’hebdomadaire l’Express, appartenant au groupe Drahi, avait-il pour ambition de faire trembler avec cet article, les sociétés de l’audiovisuel public ?  Dans cette période tumultueuse ou les fuites s’enchaînent les unes après les autres : les 50 millions de dotation en moins pour France Télévisions qui avaient été annoncés dans le quotidien le Monde, les fuites des documents du Ministère de la culture ou des documents de Matignon fixant le cap 2022 avec ces 66 milliards d’économies à réaliser pour l’État Français.

L’audiovisuel public est un dossier épineux, un dossier sensible. L’écho que peut prendre ce type d’annonce peut avoir des effets et une médiatisation hors du commun. La suppression de 3 emplois à taux plein sur les magazines d’information du service public fait une double page dans le journal Libération pendant que la suppression de 900 postes dans une société du CAC 40 fait un entrefilet dans le même journal. Dans ce tapage médiatique, les salariés n’ont pas à payer les déviances et la mauvaise gestion des représentants de l’État Français. Toutes ces années, nous avons à France Télévisions suivi rigoureusement les Contrats d’Objectifs et de Moyens (COM). Or, l’État s’est désengagé à chaque fois de ses contraintes. Toutefois, malgré les fluctuations des représentants de l’État depuis toutes ces dernières années, France Télévisions peut s’améliorer et se réformer.

 

Questions

 

Et si dans la première version de l’article (avant le démenti), là, où le Président fustigeait l’audiovisuel public, il n’y avait pas une part de vérité ? « Dénonçant la mauvaise gestion, le gaspillage, la médiocrité des programmes et des contenus, les relations malsaines entre l’audiovisuel et ses partenaires extérieurs (animateurs – producteurs, journalistes-producteurs, etc) ». C’est sur ces « supposées relations malsaines » avec ses partenaires extérieurs que nous allons nous arrêter :

Qui sont les producteurs, animateurs qui entretiennent une relation malsaine avec les sociétés de l’audiovisuel public ?

Sont-ils les mêmes que ceux décriés sous la présidence d’Elkabbach (Arthur, Delarue, Nagui…) ou bien de nouveaux nantis ?

Que penser de ces journalistes du service public qui occupent un double emploi ?

De purs produits de l’audiovisuel public qui par le biais de sociétés privées décuplent leurs revenus !

Et si finalement … L’envie du Président Macron de faire de l’audiovisuel public une BBC à la Française était possible ?

Il suffirait de renoncer aux décrets « Tasca » qui sont devenus « hors d’âge » !

Aujourd’hui la gestion des droits de la BBC lui assure 25% de ses revenus. Certains documentaires de la BBC sont vendus dans le monde entier et vus jusqu’à 14 millions de fois.

Pour devenir un grand acteur de la SVOD de demain comme le souhaite Madame Ernotte et concurrencer les acteurs américains (Amazon, Netflix, les Gafas, etc). Il faut impérativement que le 1.000.000.000 € que les contribuables mettent chaque année dans les achats de programmes reste leur propriété, notre bien commun.

 

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