Frais de mobilité : CDD et CDI, ce n’est pas la même chose !

Jeudi 9 mars se déroulera la troisième réunion sur les frais des non-permanents, suite à la saisine effectuée par les 4 organisations syndicales représentatives FO, CFDT, CGT et SNJ.

Alors que l’on entend ici ou là qu’il faudrait « les mêmes conditions de prises en charge pour les personnels CDD et CDI de France Télévisions », FO considère que le compte n’y est pas pour les CDD.

  • Pourquoi ?

Déjà, pour des raisons évidentes : l’entreprise ne peut pas considérer qu’un CDD est, tel un CDI, « à proximité de son lieu de résidence » s’il exerce une mission à moins de 50 km de la station qui l’emploie.

Certes, il sera proche du lieu de travail, mais, à la différence d’un CDI, il sera parfois très loin de chez lui, et sans solution pour s’alimenter correctement, à part devoir s’attabler dans un restaurant afin de pouvoir manger un repas digne de ce nom (après une journée de travail durant laquelle il se sera beaucoup investi). Parce qu’un CDD n’est pas un CDI, l’application des mêmes dispositifs sur les frais de mission le midi serait totalement injuste (à l’exception des sites disposant d’une cantine !).

De même pour le repas du soir, Force Ouvrière ne peut pas être d’accord lorsque la direction écrit qu’elle remplace le « remboursement » des frais de mobilité par une « participation » à ces frais. Par principe, et qui plus-est parce qu’un CDD n’est pas un CDI, un non permanent doit pouvoir être remboursé de ce qu’il a dû engager pour travailler.

Les CDD subissent les aléas du travail précaire en fonction des besoins des stations de France 3 avec une incertitude sur ce qu’ils vont gagner à la fin du mois.

Il fût un temps, où les sollicitations étaient fort nombreuses. Ensuite, au cours des années 2000, l’entreprise a embauché un grand nombre de CDD : les fameuses créations de postes (permanentisations). Mais, le bonheur des uns fit le « malheur » des autres : davantage de permanents = forcément moins d’appels à du personnel non permanent !

L’entreprise devait alors apprendre à gérer son activité (y compris les temps d’absence pour congés) avec ses effectifs permanents, qui s’étaient trouvés augmentés pour l’occasion.

C’est également à cette période que les prévisions de congés apparurent : finie l’époque dans laquelle les prises de congés étaient « open bar » ; les permanents devaient désormais demander en janvier ou en juillet pour toute période du semestre suivant dépassant une semaine.

Puis est apparue une « nouvelle salve » prenant effet en 2017, avec un durcissement considérable de leurs conditions de travail. Avec 2 types de mesures :

La première fin 2016 avec un dispositif prévoyant une période probatoire, et surtout la mise en place d’une limitation drastique du nombre de jours de collaborations par an. Les CDD débutant leurs collaborations avec France TV en 2017 sont ainsi plafonnés à 140 jours par an pour les « droit commun » et 88 jours par an pour les intermittents.

Autant dire clairement que leur rémunération mensuelle moyenne se retrouve forcément bloquée à moins de 1000 euros par mois.

Que pourraient-ils faire, alors, pour compléter leurs revenus ?  Difficile pour beaucoup d’entre-eux d’imaginer pouvoir travailler pour d’autres employeurs : ils risqueraient alors de ne pas être disponibles si France TV les appelait…et ce serait alors le début de la fin !

Sans oublier cet autre aspect, très grave lui aussi : le contexte de l’entreprise est tel que les espoirs d’embauche au sein de France TV se sont terriblement raréfiés par rapport à ce qu’ils étaient il y a encore quelques années.

Outre leur inquiétude, on constate sur les réseaux sociaux que beaucoup s’interrogent : quels messages faire passer aux promos suivantes, encore dans les écoles ? Opter pour une stratégie de carrière passant par France Télévisions, est-il devenu trop incertain ?

Force Ouvrière le redit : un CDD, ce n’est pas un CDI ! Les frais de mobilité des CDD doivent être préservés.

  • Nous demandons donc :

– la prise en compte de leur vraie adresse (celle figurant sur leurs contrats et leurs bulletins de paie) pour considérer les distances par rapport à leurs lieux de reportage ; et si ces distances sont supérieures à 50 km, alors il est logique et juste que les CDD aient droit à des « frais de mission »

– et un plafond réaliste pour la prise en compte des défraiements pour leurs repas du soir ; si l’entreprise a considéré un jour qu’un salarié devait être pris en charge jusqu’à 23 euros, c’est que cette valeur correspond à une réalité ; cette réalité n’a pas changé, et c’est donc logiquement ce plafond qui doit être retenu.

 Pour Force Ouvrière, il est urgent que la direction prenne en compte ce mal être que nos collègues non permanents subissent : il n’est tout simplement pas digne qu’une entreprise de service public traite de cette façon les plus précaires d’entre nous !

 

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