Editions locales de France 3 : Inacceptable ! Leur trop grand succès aveugle la direction

La suppression de l’édition locale du Mans et de TV Estuaire vient d’être annoncée au CE de l’ex Pôle Nord-Ouest. Le journal sarthois de France 3 Maine serait supprimé en novembre, celui de Nantes dès la rentrée.

Le plan de suppression des éditions locales de France 3 se poursuit malgré les multiples promesses de maintien de l’activité faites par la direction. Celle-ci ne semble toujours pas avoir compris les enjeux de service public et de démocratie qui sont portés par chaque édition locale.

Elle déroule son plan d’économies sans véritable concertation avec les salariés et les pouvoirs publics, en abandonnant ses téléspectateurs, en reniant sa mission de médiatisation de la vie publique de proximité. Les journalistes ont bien entendu conscience de la nécessité d’évoluer et de s’adapter. Mais il n’est pas question qu’on les dépouille de leur mission d’information et des activités qui en découlent. D’autant que chaque locale est dans une situation singulière.

À chaque locale sa spécificité

Après Tours et Bourges l’an dernier (où l’on commence à mesurer les aspects désastreux concernant le traitement de l’information de proximité), après Mulhouse et Boulogne/Mer (sous le coup d’un préavis)… c’est maintenant l’édition du Mans (ancien Bureau Régional d’Information ayant compté jusqu’à 100 salariés) et TV Estuaire (Nantes) qui risquent de passer à la trappe. La rengaine de la direction est quasiment toujours la même pour se justifier : « les éditions locales ont de moins en moins la capacité d’être reçues par les téléspectateurs », « il y a des problèmes de diffusion », « il y a des problèmes de planification des journalistes », « les personnels sont très heureux de pouvoir faire autre chose », « il faut développer le numérique »… bref une litanie d’excuses à deux balles qui ne peut aucunement cacher le recul de l’audiovisuel public.

Qui nous fera croire que le traitement de l’actualité de ce vaste territoire serait équivalent sans l’existence d’une « vraie » édition ? Personne ! Le meilleur moyen pour le savoir serait d’engager une étude qualité à Tours et Bourges, afin de mesurer sérieusement quel a été l’impact de ces deux fermetures. Force Ouvrière réitère sa demande faite lors du dernier CCE : qu’aucune suppression d’édition locale ne soit décidée tant que ce travail d’expertise ne soit correctement effectué. Pour rappel, la dernière étude d’il y a 3 ans a plébiscité les locales auprès des téléspectateurs pour leur vocation à créer du lien social et économique : « C’est le produit le plus apprécié des téléspectateurs » affirmait le rapport d’expertise.

Alors que nous devrions avoir une direction qui nous protège, celle-ci saque nos éditions, et met à mal l’information de proximité, ADN de France 3 inscrit dans le contrat d’objectifs et de moyens passé avec l’État actionnaire.

Pire, elle se moque ouvertement des salariés. Lors du dernier CCE, la direction a clairement exprimé, d’ailleurs après une question de FO, sa volonté « de ne pas fermer les éditions locales qu’on retrouvera à la rentrée ».

Alors, que fait-elle pour ne pas se parjurer ? Elle propose de fermer… à la Toussaint, reniant sans foi ni loi sa parole. Dès lors, comment faire confiance à cette direction pour l’avenir ?

Rappelons que ces sept minutes diffusées chaque soir à 19 h 15, consacrées à l’actualité du département seraient donc supprimées. « L’équipe, composée de huit journalistes et de trois techniciens, serait maintenue » assure la direction régionale. Leurs reportages (en format plus long indique la direction), alimenteraient le journal régional réalisé depuis Nantes. Reportages plus longs certes mais plus intemporels et donc moins en lien avec l’actualité locale et surtout moins nombreux concernant ce territoire. Une décision incompréhensible au regard de la richesse de l’actualité sportive, culturelle, sociale et économique de cette métropole (plus étendue que Lyon) au rayonnement international !

Réaction des élus au nom de la démocratie

Cette annonce consterne des élus sarthois. Dominique Le Méner, Président du Conseil Départemental de la Sarthe, dénonce «cette décision unilatérale, ne correspondant en rien aux engagements et assurances pris il y a quelques mois encore. Cela traduit une forme de mépris affiché par l’État et France Télévisions pour nos territoires et la nécessaire proximité de linformation».

Dans un communiqué, la Ville et Le Mans Métropole expriment leur opposition à la mesure envisagée de suppression de l’édition locale de France 3 Maine. «Installée depuis 1964, ce Bureau Régional d’Information, devenu Locale de proximité contribue au développement de nos territoires, ville, métropole, département. La Ville et la Métropole proposeront au Conseil Départemental de la Sarthe la cosignature de courriers à l’attention de la présidence de France Télévisions, ainsi qu’à la direction régionale de France 3 Pays de Loire, afin qu’un réexamen de la décision puisse intervenir, comme à Boulogne-sur-Mer ou Saint-Etienne.»

Force Ouvrière appelle donc à un retour à la raison dans les plus brefs délais.

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