Compte rendu des assises de France TV en Lorraine : des échanges très constructifs

Assises

Lors de cet épisode lorrain des Assises de l’entreprise, ce jeudi 4 février à Nancy, en pleine élaboration du plan stratégique à 5 ans, de nombreux points ont pu être évoqués avec la Présidente de France Télévisions ainsi que la directrice exécutive de France 5.

Préalablement, les personnels lorrains ont beaucoup apprécié les qualités d’écoute, la franchise, ou encore la pertinence de notre Présidente. Cette dernière a su montrer une grande connaissance des rouages de nos différents services, et nul doute que ces échanges resteront très motivants avant la route qui attend le groupe public en direction d’une nouvelle ère.

LE PREMIER SUJET EVOQUÉ FUT NATURELLEMENT CELUI CONCERNANT LA FUTURE CHAÎNE INFO

Le projet de cette chaîne Info avance particulièrement vite : comment allons-nous y être associés ?

Le projet se déroule à différentes échelles:

– d’une part, avec la constitution de 1’équipe centrale dédiée parisienne (avec des postes qui seront ouverts dans toute l’entreprise, y compris en région et outre-mer)

– et d’autre part, grâce à l’existence du réseau, et la contribution des équipes de France 3, de partout.

Ces dernières doivent donc être formées aux nouvelles formes d’infographies, formats d’écriture, afin d’alimenter cette nouvelle chaîne.

Point important : les productions, d’où qu’elles viennent, seront nominatives avec la provenance du sujet et le nom de ceux qui ont contribué.

Il faut ensuite savoir dissocier les situations.

Exemple, en cas de survenance d’un crash, d’actualité chaude, les équipes sur place seront les plus à même de réagir. Car c’est bien elles qui connaissent le terrain.

En tout cas, il est avéré qu’une équipe ne peut pas tout faire.

Alors que ce projet prévoit un partenariat avec France Info, est-ce que cela signifie qu’il peut être pertinent d’envisager des rapprochements locaux avec le réseau France Bleu ?

Dans cette affaire, chacun garde sa structure et son identité, mais fait alliance, dans un monde de « médias globaux » (à l’image de ce que BFM entreprend).

On peut donc tout à fait imaginer des rapprochements au niveau local : certains existent déjà d’ailleurs. Et si d’autres peuvent s’engager, nous avons carte blanche.

Au niveau de la formation, est-ce que FTV a les moyens de ses ambitions ?

Il y a effectivement des contraintes d’antenne.

Tout le monde ne pourra pas être formé en même temps.

L’idée est de réussir à s’approprier une nouvelle vision : y compris pour les fonctions support (il existe, par exemple, des outils numériques pour les RH).

Par rapport à ce qu’on pourra fournir à la chaîne info, quid de « la condescendance » de certains parisiens ?

Principe de base : on ne retravaillera pas le sujet d’un journaliste sans l’accord de celui-ci.

Un exemple a été cité par rapport à la réutilisation d’images sans solliciter l’équipe initiale : ce n’est pas acceptable.

Un autre exemple : il est choquant de procéder à la « traduction » (sous-titrage) de sujets venant d’Outre-Mer pour des questions d’accents. Ce n’est pas acceptable non plus.

Une question est posée sur l’inquiétude par rapport aux métiers 

De ce point de vue, la chaîne info sera un « laboratoire ».

Avec des journalistes qui monteront mais aussi des monteurs qui vont apprendre à tourner. Elle a évoqué une évolution possible des métiers basée sur le volontariat pour la formation.

Le mouvement se fera bien dans les deux sens.

En n’oubliant pas que les jeunes journalistes aujourd’hui qui arrivent savent monter !

En sachant aussi qu’il faudra envisager des enrichissements de formats…

Avec le développement de l’infographie : des « systèmes modules animés »… (templates)

Il faut penser également  aux gens qui regardent sur leurs smartphone, sans son : il faut donc envisager du contenu avec du texte, et de nouvelles façons d’écrire.

Tout cela restera sur la base du volontariat et de l’envie de chaque salarié.

AUTRE SUJET IMPORTANT : CELUI DE NOS PROGRAMMES, ET DE LA PROXIMITÉ

Concernant nos horaires de diffusion, pourquoi ne sont-ils pas plus visibles : pourquoi avoir supprimé la case régionale du samedi après-midi ? Pourquoi l’avoir reportée au dimanche à 12h55 ou au lundi soir ?

Il faut savoir qu’il y a davantage de monde le dimanche que le samedi

A ne pas oublier non plus : l’existence de disparités dans les audiences entre les différentes antennes.

L’exemple de la prise d’antenne exceptionnelle de ce samedi sur la PAE du Ventron (qui fut un vrai carton) montre bien que l’efficacité d’un programme est un élément essentiel à prendre en compte.

C’est bien là le rôle et la liberté des antennes de proposer et d’insuffler des projets, des PAE en région, sans forcément garantir un succès d’audience. On peut se tromper mais au moins on a essayé.

L’entreprise ne cherche donc pas à réduire le temps d’antenne en région.
Et ne l’a pas fait d’ailleurs. Elle tente toutefois d’optimiser et mieux « exposer » ses programmes.

Quid de la problématique de nos missions compte tenu de l’existence des nouvelles « grandes régions » ?

Il y a, à ce sujet, une réflexion en interne comme en externe (au niveau, par exemple, des députés). Toute la complexité réside dans l’écart qui existe entre notre rôle, consistant à accompagner la réforme, et la nécessité de préserver la proximité.
Si on offrait des éditions à la taille des « grandes régions », on perdrait la spécificité de France 3.

L’ancrage régional est clairement l’une des composantes de la chaîne.

A ne pas oublier néanmoins : toutes les possibilités qui seront offertes sur le numérique. C’est une opportunité pour toucher d’autres publics plus jeunes.

Sur les rapports entre les antennes régionales et la direction du réseau  

Tout d’abord, il existe des politiques communes : exemple, tout le monde produit un 12/13 à la même heure. C’est le travail de la direction des antennes de donner un « canevas », une direction, une identité.

Ensuite les déclinaisons en région appartiennent aux responsables éditoriaux (PAE, évènements …)

Il peut y avoir un problème de responsabilité et de délégation.

Il n’est pas normal, par exemple, qu’un chef de centre doive demander à Paris pour acheter une caméra. Il faut qu’on « libère » un peu les choses.

La simplification est nécessaire.

VIE DANS L’ENTREPRISE

Avec ce sujet concernant les problèmes fréquents pour réussir des projets de mobilité

Ça doit effectivement s’améliorer.

Exemple avec la chaîne Info : cette mobilité sera ouverte à toute l’entreprise, partout. Selon évidemment les compétences recherchées…

Quelle est la place dans l’entreprise pour des « blancs de plus de 50 ans » ?

D’une part, un point important : nos animateurs de 70 ans ont du talent… Là n’est pas le problème !

La difficulté est que la télé publique n’est pas assez à l’image de la société française. Ce qui est vrai aussi pour bon nombre d’autres organes représentatifs…en politique par exemple !  Il manque des jeunes, de la diversité.

Quelle impression par rapport à certains personnels qui peuvent se sentir exclus ?

C’est un sentiment que l’on retrouve partout !

Globalement, nous ne comptons pas assez de journalistes et trop de personnels  techniques. Avec l’évolution technologique, on ne fabrique pas de la même manière.

Toute la réflexion à poser aujourd’hui est de mettre en accord les moyens et les demandes.

Ce sont aussi des raisons économiques, notamment par rapport à des formats web qui n’exigent pas du broadcast.

NOUVELLES TECHNOLOGIES : I.MEDIA OU NUMÉRIQUE…

I.MEDIA : quel sera le périmètre éditorial ?

I.MEDIA offre une capacité à faire progresser le réseau, à échanger, dans un monde où la transmission n’est pas un souci.

On contribue au fait que la puissance du réseau n’est plus un problème.

Il est juste essentiel de bien penser à la bonne utilisation de Mona Lisa.

Il faut « mona liser » ! Ce qui ne se fait qu’à 30% aujourd’hui.

Alertes, précisions, mais aussi bonne orthographe des noms propres…

Demain, une offre numérique avant les chaînes hertziennes ?

Dans 5 ans, la moitié de la consommation se fera sur le numérique, de façon non linéaire.

C’est une très grande révolution, dans le même esprit de celle vécue par l’industrie du disque : désormais, les ressources principales sont via les plates-formes.

Les replays sont l’occasion aussi de ressortir les séries en entier : les audiences se cumulent et s’additionnent sur le web.

Le champ est extrêmement vaste.

France TV Info se place juste dernière le Monde.fr, ce qui n’est pas rien.

Pensons à l’exemple américain, dans lequel le président Obama s’est exprimé récemment sur une chaîne d’Info exclusivement numérique.

Après, on ne va pas demander à tous d’engager cette mutation : ça intéresse certains, et moins d’autres.

Pour une antenne telle qu’on veut la faire !

Il faut intégrer le fait que demain, ce sera 50% de numérique et 50% seulement de linéaire.

L’état d’esprit doit changer : il faut passer au « Web first » !

Et pour cela, il y a des efforts à faire, car on est encore trop dans la « télé prioritaire ».

Avec les antennes qui s’ouvrent sur le numérique, on va aussi avoir besoin de produire plus. Y compris sur le même sujet : des versions 30″,  3’ voire 8’.

Le champ est extrêmement vaste.

France TV Info se place juste dernière le Monde.fr, ce qui n’est pas rien.

Donc, si la question est « faire les émissions d’avant », c’est une chose, et ça se discute.

En revanche, si la question est « va-t-il y avoir du travail ? » : ça oui, il y a une place pour le contenu qu’apporte les régions.

Une certaine avance est constatée en Outre-Mer, car ils ont la radio, un média très réactif, ce qui aide pour le numérique.

La Présidente constate souvent que beaucoup  de salariés de France 3 évoquent « un âge d’or » de la télévision régionale, alors que la télévision de demain existe bien mais différemment.

DE NOUVELLES RESSOURCES VIA DE NOUVEAUX ACCORDS
Concernant les nouveaux accords sur la production, et la possibilité de détenir jusqu’à 25% de nos œuvres, nous saluons cette belle initiative, mais nous interrogeons sur la capacité à monter en puissance

Cette question des droits est essentielle.

La situation que nous vivons aujourd’hui avec Newen est absurde.

L’accord obtenu va changer la donne : pas seulement au niveau de capacité de produire, mais aussi dans les rapports avec les producteurs.

C’est une meilleure prise en compte des savoir-faire : ça appartient à France TV !

Ensuite, il y a effectivement moyen de produire en interne.

Il faut distinguer la production (détenteurs des droits) de la fabrication.

Qui produit pour France TV ? MFP

La montée en puissance ne sera pas immédiate : du temps sera nécessaire. Les chaînes doivent d’ailleurs être bienveillantes avec MFP.

Qui fabrique ? La filière… Une remise à plat de la filière va être engagée pour pacifier le sujet.

L’objectif est bien de réussir à augmenter les capacités de la filière. Avec des passerelles possibles en région : par exemple, 3 personnes de l’antenne vont partir aux JO de Rio.

Concernant ces activités de la filière, y-a-t ‘il priorité à l’interne ?

Alors que nos salles sont dispo, à 1h30 de Paris, et alors que nous avons i transfert…

Pourquoi pas des fabrications pour France 5, comme sur les Triplés ?

France 5 a été créée comme ça (au niveau de son cahier des charges à l’origine).

Pourquoi, effectivement, ne pas travailler avec la filière ? Notamment sur la post prod ?

C’est vrai que ce n’est pas dans les habitudes : mais après, tout est toujours possible !
C’est une bonne remarque. Nous allons l’étudier.

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