Chefs-monteurs / Direction – La hache de guerre reste enterrée… pour l’instant.

Hier 11 février, la première réunion de la saisine concernant le métier de chefs monteurs s’est tenue au siège de France Télévisions. Après de longs débats, parfois assez vifs, les organisations syndicales et la direction ont décidé de mettre en place un calendrier et une méthode afin de répondre aux mécontentements et aux justes revendications des chefs monteurs notamment concernant la reconnaissance de leurs compétences, leur évolution de carrière et leurs conditions générales d’exercice de leurs fonctions.

chefs monteurs

Signes positifs que cette saisine réclamée par Force Ouvrière et les autres organisations syndicales représentatives est prise au sérieux par la direction : la présence dès l’ouverture de la séance de Patrice Papet, n°2 de France Télévisions et de l’ensemble des directeurs des Ressources Humaines des chaînes de France Télévisions : « Nous voulons manifester tout l’intérêt que la direction porte à l’activité de monteur » a déclaré le directeur générale adjoint. Hier dans la soirée Le PDG Rémy Pflimlin s’est rendu dans le service montage du Siège accompagné de Martin Ajdari (secrétaire général de France Télévisions) et de Thierry Thuillier (directeur de l’information de France Télévisions et directeur des programmes de France 2) pour constater les conditions de travail et rencontrer les équipes.

Tout au long de la réunion, la délégation Force Ouvrière a souhaité maintenir un dialogue constructif. Elle a dû jouer de diplomatie pour ne pas envenimer une situation parfois tendue. Les témoignages des monteurs ont été particulièrement probants et touchants : injustices concernant les progressions de carrières, non-reconnaissance de la profession et des compétences complémentaires, conditions de travail particulièrement difficiles, disparités entre les établissements, manque de perspectives de carrières…

Force Ouvrière a exigé en urgence une étude sur les disparités d’expertises dans les régions et sur les conditions de travail des monteurs de l’information de France 2. Concernant le Plan de Départ Volontaire (PDV), Force Ouvrière a réclamé le retrait du projet de la direction de suppression d’un poste de chef-monteur dans chaque antenne de France 3.

La direction a été très claire. Elle ne réintroduira pas « d’automatisme ». Pour elle, « la reconnaissance professionnelle ne passe pas forcément par des automatismes ».

L’accord du 28 mai 2013 prévoit en effet des garanties d’augmentation salariale au moins tous les 5 ans et un contrôle des disparités via le « comité salaire ». En revanche, la direction de France Télévisions concède que le système précédent a provoqué des « écarts », notamment dans la reconnaissance des expertises. Elle promet de corriger par une « harmonisation salariale ». Cette harmonisation prendra en compte la fonction, l’ancienneté dans l’entreprise et l’âge des salariés afin d’établir des comparatifs objectifs.

De même, dans le cadre de la négociation du Plan de Départs Volontaires, la direction est prête à revoir (abandonner ?) son projet de suppression de postes de chefs-monteurs en région. En revanche, elle explique que les « services des monteurs sont hétérogènes » et que la pratique du métier est différente d’un service à l’autre. Elle souhaite donc aborder sans tabou tous les sujets qui peuvent fâcher : « les montages simples » par les journalistes, la polyvalence, et la reconversion des monteurs en journaliste.

Après une interruption de séance réclamée par FO, les partenaires sociaux et la direction ont décidé de mettre en place un calendrier de travail concernant le métier de chef-monteur à France Télévisions.

Le mardi 25 février une première réunion sera consacrée à la correction salariale des anomalies passées. L’ensemble des documents afin d’analyser objectivement la situation devrons être fournis par la direction avant ce lundi.

D’autres réunions sont programmées concernant les conditions de travail, l’exercice du métier, et les compétences complémentaires.

Force Ouvrière demande aux chefs-monteurs de rester mobilisés. Indéniablement cette saine pression va contraindre la direction à négocier un accord qui permette une meilleure reconnaissance de cette profession essentielle au traitement de l’actualité dans le groupe.

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