Budget de France Télévisions amputé de 50 millions : Quelles conséquences pour nous ?

L’État actionnaire a annoncé que notre budget sera diminué de 50 millions d’euros. C’est sans prendre en considération l’ampleur des efforts déjà entrepris, et la nécessité pour l’entreprise de réussir sa transformation.

Nos moyens de production en interne en difficulté

De multiples plans de départs se sont enchainés, pour faire réduire les effectifs –en fait les fameux ETP (ou Équivalents Temps Plein)- de France Télévisions.

Au point qu’il est devenu difficile d’entreprendre du développement d’activité… C’est la raison pour laquelle, par exemple, le projet de feuilleton à Montpellier (avec la réinternalisation des moyens de fabrication) doit entraîner des conséquences. Il nécessitera en l’occurrence la réduction du nombre de fictions fabriquées en 2018 par les 4 sites de la filière production, qui passeront de 32 à 24, avec des inégalités de traitement pour les sites. Tout cela pour ne pas faire grimper le volume d’ETP.

Et les fictions manquantes ? Elles seront tout simplement achetées à l’extérieur… Une sous-traitance inacceptable comme le recours renforcé à des JRI employés par des sociétés privées pour les magazines de France 2 et pour Tout le sport (alors que jusque-là 6 JRI du planning de France 2 étaient dédiés chaque semaine au service des Sports). Tout cela pour afficher une baisse du nombre d’ETP.

L’entreprise FTV se bat, avec ce dogme du nombre des ETP à contenir, pour respecter les engagements fixés par le Contrat d’Objectifs et de Moyens signé avec l’État. Réussir deux années de suite à rendre des comptes à l’équilibre n’était pas si simple ! Ce fut évidemment grâce aux efforts des salariés…au prix de non remplacements suite à des départs à la retraite ou des à mobilités dans certains services.

Nous sommes arrivés aujourd’hui au maximum possible sans rogner dans nos missions. Nous sommes « à l’os » comme l’expliquent les experts mandatés pour examiner les comptes pour les instances représentatives du personnel. Comment imaginer pouvoir serrer encore davantage ?

50 M d’euros, ce sont environ 660 emplois en moins

Un chiffre pour convaincre : celui du nombre d’emplois qui seraient supprimés, s’il s’agissait de faire porter l’économie sur les effectifs !

Ce nombre n’est pas difficile à estimer. Il suffit de diviser ces 50 millions par un salaire annuel moyen (soit 35000 euros doublé des charges que paie l’entreprise pour chaque salarié donc un calcul aux alentours de 75.000 euros)…et nous tombons sur…666 postes ! Qui viendraient évidemment s’ajouter aux postes à supprimer d’ici 2020 dans l’engagement des 500 postes non-remplacés sur les 1000 départs à la retraite (annonce de 2015).

Il a été annoncé que la création fera l’essentiel des frais d’un tel coup de rabot : ceci frapperait alors la branche audiovisuelle toute entière.

Quelles sont les actions possibles ?

Sans illusion, à Force Ouvrière nous estimons difficile de croire que le gouvernement puisse revenir sur cette mesure qui affectera l’emploi. Certes, en confirmant, il fera subir à l’audiovisuel une purge qu’il ne compte pas infliger au budget de la Culture. Ce serait alors faire fi du rôle que joue la télévision quant à la production culturelle dans notre pays.

Nous pensons néanmoins que la mesure peut être digérée, dans l’hypothèse où elle ferait l’objet d’une compensation. Et cette compensation, elle est relativement facile à trouver.

Sachant que 2018, c’est dans moins de 3 mois, il n’existe pas 50 solutions !

Un seul moyen peut nous permettre de recouvrer une somme de cette importance sans avoir recours à des fonds publics : le retour de la publicité après 20 heures.

Très précisément, la tranche de 20 à 21 heures suffirait pour compenser intégralement le « coup de rabot ».

En plus, regardons les choses en face : l’un des objectifs de la suppression de la pub après 20 heures était de permettre un commencement des « prime » plus tôt… Dès 20h30 disait-on en 2008 !

Or, qu’en est-il, dans les faits ? Une succession de programmes courts conduit à un véritable début des soirées à partir de 21 heures, comme sur les grilles des chaînes primées.

En conséquence, permettre le retour des écrans pub jusqu’à 21 heures serait parfaitement logique.

D’autant plus que de nombreuses études montrent que les annonceurs qui choisissent le service public et ceux qui se positionnent sur le privé ne sont pas les mêmes ! Le retour de la pub sur France Télévisions ne ferait donc pas perdre d’argent à ses concurrents.

Pour Force Ouvrière l’État doit accepter cette compensation « qui ne coûte rien à personne » et qui prendrait la forme de trois à quatre minutes de coupure publicitaire après le JT de 20 heures.

Refuser une telle alternative serait condamner la mutation du groupe France Télévisions via le numérique (grâce à Franceinfo :). Car l’offre audiovisuelle de demain passe par le digital. Refuser une telle alternative serait négliger l’importance d’un groupe audiovisuel public dans un contexte concurrentiel privé où il n’est pas possible de dénoncer les conditions de travail comme l’a fait Cash Investigation chez Lidl et chez Free.

C’est pourquoi l’État actionnaire doit entendre notre demande.

C’est pourquoi nous appelons les salariés à une journée de mobilisation le mardi 17 octobre 2017.

Et c’est pourquoi nous invitons les salariés du siège à une réunion d’information demain dans le hall de France Télévisions à partir de 13h30.

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