Au Sénat, Force Ouvrière défend le Groupe France Télévisions

Les Délégués Syndicaux Centraux de Force Ouvrière ont été reçus par Jean-Pierre Leleux, rapporteur de la commission culture éducation et communication du Sénat sur les crédits audiovisuels du projet de loi de finances 2015.

Que pensez-vous de France télévisions devenue entreprise unique depuis la fusion de 2009? A cette question posée par le sénateur Leleu, FO répond par une question simple: peut-on faire + avec moins?  Tel est en effet, depuis la réforme de l’entreprise unique, le challenge que nous impose la tutelle dans un contexte économique de plus en plus contraint: dotation d’Etat en constante diminution avec une fin programmée en 2017, recettes publicitaires également  en diminution avec pour seule compensation une augmentation légère de la redevance qui est loin de compenser le manque à gagner.

Pour parvenir à un équilibre, FO a rappelé son attachement à un retour de la publicité après 20h00 qui pourrait représenter une manne de plus de 100 millions d’euros. FO a demandé l’abrogation des décrets Tasca qui limitent à 5% la production en interne et font les choux gras des producteurs privés. Dans ces conditions, FTV, interdit de participer à son propre financement, ne peut remplir ses missions de service public définies dans le contrat d’objectifs et de moyens. Résultat de cette austérité: la disparition de magazines en interne, la fin de la production en région, des personnels à bout de souffle, une structure de direction toujours plus dense avec en point d’arrivée un plan social visible et invisible notamment pour les plus précaires qui se traduit par la suppression de 650 ETP.

Et ce n’est pas fini, car aujourd’hui, l’information, première mission du groupe est attaquée: les mutualisations intempestives de journaux en région se multiplient, en attendant sans doute la réforme territoriale du gouvernement pour les officialiser définitivement… Du côté du siège, la rédaction nationale de France 3 est menacée par le projet info 2015 qui prévoit la fusion avec celle de France 2. FO a légitimé le journal de France 3 par sa distinction éditoriale et le fait qu’il soit, selon le rapport Brucy, apprécié des français.

Le constat est amer : pour parvenir à un semblant d’équilibre, la direction organise le repli de l’activité qui a pour effet de diminuer le nombre d’ETP et par conséquent la masse salariale.

Le rouleau compresseurs des plans d’économies successifs avancent et laminent progressivement la télévision de service public. Halte à l’asphyxie rampante des services et des salariés !

Avec une direction en fin de mandat, les salariés s’interrogent sur leur avenir et les pouvoirs publics, dans les rapports qu’ils produisent, ne font rien pour les rassurer.

Dans ce contexte particulièrement fragile et incertain, FO restera vigilant et s’opposera à toute manœuvre qui pourrait déstabiliser davantage France télévisions.

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