Affaire du « mur des cons » : Une histoire de cons

Aujourd’hui s’ouvre au siège de France Télévisions le conseil de discipline de Clément Weill-Raynal. Le journaliste de la rédaction nationale de France 3, auteur de la vidéo du « mur des cons » du syndicat de la Magistrature, pourrait recevoir une sanction allant d’un simple avertissement jusqu’au licenciement.

Force Ouvrière France Télévisions défendra toujours tous les salariés dans le cadre de leur exercice professionnel. C’est le rôle fondamental d’un syndicat !

Mur des cons _ Affaire Weill-Raynal

Alors fallait-il filmer « le mur des cons », ce panneau de photos de personnalités politiques et de journalistes ? Fallait-il diffuser à un magistrat cette séquence pour avoir un avis sur la question ? Un journaliste doit-il rendre compte tout de suite à sa rédaction de l’existence d’un document ? Cette attitude est-elle répréhensible ou répond-elle à un simple réflexe journalistique ?

Force Ouvrière dénonce les déclarations à la presse et les tracts envoyés à l’ensemble des personnels de l’entreprise par certains syndicats, visant à nuire volontairement à la crédibilité et à l’honneur d’un journaliste, avant même que celui-ci ait été entendu.

Dans n’importe quelles juridictions, de tels faits auraient permis de récuser les auteurs qui participent aujourd’hui au conseil de discipline. Avant même sa tenue, ce conseil de discipline est entaché d’irrégularités.

Force Ouvrière constate que malgré les déclarations et les communiqués de la Direction, rien dans la charte d’éthique n’oblige un journaliste de rendre compte immédiatement de ses agissements à sa hiérarchie.

Pour résumer : un journaliste du service public subi les foudres de deux syndicats estampillés de gauche et d’une direction qui semble sous l’emprise du gouvernement. Dans ce contexte hostile, on peut comprendre que Clément Weill-Raynal ait tardé à se manifester. Et même s’il l’avait fait, cette information aurait-elle été traitée ou directement mise au panier car considérée très vite par sa hiérarchie comme « blague de potache » ?!

Sous couvert d’une déontologie professionnelle dont les principes sont infondés en l’occurrence, un journaliste reconnu par ses pairs est attaqué. On a tout lieu de supposer que cette affaire s’apparente à un règlement de compte politique.

Paradoxalement, cet acte a eu le mérite de mettre au jour l’état d’esprit des magistrats censés rendre la justice en toute impartialité… Ce qui est bien plus grave que les faits reprochés à notre confrère.

« Un scoop » dit-on dans le jargon, relayé par toutes les chaînes concurrentes et dont le service public a bien eu du mal à s’emparer. Cette révélation a ému une grande partie de l’opinion publique ; n’est-ce pas là la vocation du métier de journaliste ?

Qui est le plus minable ou le plus con dans cette affaire ? Le journaliste, les magistrats partisans, les syndicats érigés en tribunal populaire qui réclament une tête ou une direction fragilisée et incertaine dans l’évaluation de cette information ??

Aujourd’hui, de nombreux journalistes regrettent de ne plus pouvoir divulguer des informations importantes car ils ont l’impression de ne plus avoir le soutien de leur hiérarchie.

Economiquement, la télévision publique va mal, moralement aussi…

Accusé et condamné avant d’avoir été entendu !

Accusé d’avoir révélé une information dérangeante !

Accusé de ne pas avoir dévoilé ses sources !

Clément Weill-Raynal s’est retrouvé piégé dans des clivages politiques.

Pour Force Ouvrière, la liberté d’informer, la liberté de la presse restent des points non négociables dans une démocratie. 

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