3 semaines de mise à pied sans salaire : une sanction sévère pour un journaliste méritant

Pour des faits survenus début décembre 2015, nous redoutions que le pilote web de l’antenne de France 3 NPDC se voie infliger un licenciement pour faute grave. C’est ce que la direction avait clairement annoncé lors de la commission de discipline le 21 janvier : c’était la sanction qu’elle envisageait. Au final, la sanction est devenue une mise à pied de 3 semaines, avec privation de salaire.

En l’occurrence le maximum qui pouvait être décidé, à l’exception du licenciement.

Que faut-il donc en penser ?

  • Est-ce une bonne nouvelle, dans la mesure où notre collègue a réussi à échapper à une éviction qui aurait été terrible ?
  • Ou est-ce que ça constitue une mauvaise nouvelle, en raison du fait que cette sanction reste manifestement exagérée ?

Les deux positions sont vraies.

Pour un coup de pied dans une chaise, une porte claquée et le fait de s’être emporté devant son supérieur hiérarchique, c’est effectivement disproportionné.

Pour Force Ouvrière, il est clair que la direction se place dans une forme de « 2 poids, 2 mesures », alors que des sanctions beaucoup plus légères (voire pas de sanctions du tout) ont été choisies suite à d’autres situations conflictuelles.

Il n’est pas logique en effet que la direction sanctionne si durement d’un côté, et sache se montre beaucoup plus tolérante de l’autre.

A Lille, en particulier, que dire en voyant les nombreux points soulevés lors des réunions de DP, qui peuvent effectivement être assimilables à des fautes commises par des membres de l’encadrement, et qui ne font l’objet d’aucune sanction ?

Que penser après la dérive constatée dans le journal du 24 janvier dernier, concernant les exactions d’une famille de Calais ?

Si l’anomalie a été soulevée chez la plupart de nos confrères des autres supports, rien n’a été dit sur France 3…à l’exception de notre site internet.

Face à tout cela, la sanction infligée au pilote web nous semble être une sanction « pour l’exemple », et nous paraît donc trop sévère !

Pour notre syndicat, elle ne peut donc pas être appliquée en l’état, sauf à imaginer qu’il en serait de même par la suite pour tout fait de même gravité. Et surtout, au-delà des faits proprement dits, il y a surtout la situation d’un journaliste brillant qui nous semble loin d’être à la hauteur…et qui explique l’essentiel des débordements qui se sont déroulés.

Si la sanction est une chose, l’examen de cette situation en est une tout aussi prioritaire.

Force Ouvrière appelle donc à plus de cohérence, et à un retour à la raison, afin de réussir à retrouver davantage de sérénité.

Lille le 2/02/2016

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