Loi Travail : une loi entachée de son caractère antidémocratique

FO dénonce l’adoption de la loi Travail par le recours, une nouvelle fois, à l’article 49.3 de la constitution permettant de passer outre le débat et le vote de l’assemblée nationale.

FO estime, qui plus est, que le contexte lié aux attentats et le débat en cours au parlement sur la prolongation de l’état d’urgence auraient dû amener le gouvernement, par souci de respect démocratique, à suspendre le processus d’adoption de ce projet qui bouleverse l’architecture de la négociation collective établie de longue date – en supprimant notamment le principe de faveur instauré par le Front populaire en 1936, et qui comporte des dispositions portant atteinte aux droits des salariés en matière de salaire, de licenciement ou encore de médecine du travail.

FO affirme que ce projet de loi est et demeurera entaché de son caractère antidémocratique.

Il a ainsi été présenté par le gouvernement en violation de l’article 1 du code du travail l’obligeant à soumettre un tel projet à une concertation et à une éventuelle négociation des interlocuteurs sociaux.

Il aura fallu aussi que les confédérations syndicales interviennent pour que la liberté de manifester soit respectée.

Alors que ce conflit dure depuis le mois d’avril, le gouvernement est resté systématiquement sourd à plusieurs propositions faites par FO qui pouvaient permettre « une sortie par le haut ».

Seule la très forte mobilisation, qui a conduit des centaines de milliers de salariés à manifester à plusieurs reprises au cours de ces derniers mois malgré le contexte lié aux attentats et à l’état d’urgence, a contraint le gouvernement à quelques reculs.

FO réaffirme en conséquence sa détermination à combattre ce projet afin de rétablir les droits de la négociation collective et le sens du progrès social.

Attentat de Nice : Quelle déontologie pour le service public ?

Force Ouvrière tient tout d’abord à exprimer sa compassion et sa solidarité aux familles des victimes meurtries par ce drame.

 

Les rédactions de France Télévisions se sont mobilisées pour couvrir l’attentat.

Malgré tout, l’édition spéciale de France 2 a été mise en cause dans son traitement de l’information :

  • Quelles règles déontologiques faut-il appliquer dans de telles circonstances ? Que faut-il montrer ou ne pas montrer ?
  • Le témoignage d’un homme sur le coup de l’émotion avec le corps d’un proche en arrière-plan était-il diffusable ?

Ce sont certes des images dures, terrifiantes et insupportables…mais elles montrent la réalité de la barbarie de certains hommes. Les équipes de tournage ont fait leur travail en professionnels sur le terrain. Le choix de les diffuser s’est décidé au niveau de la hiérarchie, dans l’urgence certes mais dans un souci d’informer. Ensuite, la polémique a eu lieu et pas seulement sur « les réseaux sociaux ». Entre journalistes et professionnels de l’image, il y a eu des débats : beaucoup pensent que ces images devaient être diffusées au nom de l’information, une information trop souvent « édulcorée ». D’autres au contraire estiment que ces images, trop brutales et diffusées dans la précipitation portent atteintes à l’intimité et la dignité des personnes interviewées ou des familles des victimes.  Pourtant, aussi horribles ces images soient-elles, il peut paraître nécessaire de montrer la terrible réalité. Pour FO, la question se pose : quelle déontologie faut-il adopter sur nos chaînes de télévisions publiques ?

Au lendemain du drame, suite à la polémique sur internet, les salariés de France Télévisions ont découvert un message d’excuses de la direction : « l’édition spéciale de la nuit de France 2 consacrée aux événements dramatiques de Nice a diffusé un sujet montrant des témoignages et des images choquantes. Ces images brutales qui n’ont pas été vérifiées selon les usages ont suscité de vives réactions. Une erreur de jugement a été commise en raison de ces circonstances particulières. La diffusion de ce type d’image ne correspond pas à la conception de l’information des journalistes de l’entreprise. France Télévisions tient à présenter ses excuses à l’ensemble du public ».

Après cette polémique, il faut agir.

Pour Force Ouvrière, la charte d’éthique et des principes professionnels des journalistes doit être rappelée,  et il faut préciser la déontologie à adopter dans ce type de situation.

Le 6 juillet, avant cet événement dramatique, FO avait demandé par courrier à la direction la réunion de la commission de déontologie pour définir une ligne éditoriale. Dans un communiqué publié le 18 juillet, Michel Field en fait une ébauche : «… les témoignages, le récit et certaines images des événements sont aussi indispensables, et la question éthique de ce que nous décidons ou nous interdisons de montrer se pose à chaque minute. Ni voyeurisme, ni complaisance morbide, mais pas non plus d’auto-censure ou d’euphémisation de l’horreur. Prenons garde à la tentation grandissante de « la guerre sans image ».

Mais « si le reste est affaire de jugement au coup par coup », il est néanmoins impératif de rappeler certaines règles communes.

Force Ouvrière a été entendue, la commission de déontologie se réunira le 21 septembre. N’hésitez pas à nous communiquer vos avis et vos réactions.

 

FRANCE INFO : La négo continue

La réunion de la CASMOA mercredi 13 juillet a donné lieu à un bras de fer entre les syndicats FO + CGT et la direction à propos du montage de la matinale, point sensible sur lequel Force Ouvrière a tenu bon et sujet de discorde entre les 2 syndicats majoritaires et la direction.

Finalement, après interruption et devant l’insistance de FO et de la CGT, la direction a décidé de lâcher du lest et a proposé un compromis « dans un esprit de dialogue » dixit Germain Dagognet, le Directeur de la nouvelle offre numérique d’info continue. La Direction a cédé pour 6 vacations de montage en l’état au lieu des 4 qu’elle voulait imposer pour les matinales. Ces 6 vacations de montage sont accordées à la condition que cette offre soit utilisée par les journalistes depuis  la Chaîne Info : ceci pour 2 mois, soit jusqu’au 30 octobre afin selon la direction « d’éviter les relations conflictuelles » et de mener à bien la Chaîne Info dans le cadre de ce compromis.

Nouveaux éléments sur l’organisation

France Info a fait l’objet d’une convention avec Radio France : le Directeur de cette nouvelle structure est Germain Dagognet (ex LCI) et son adjoint Laurent Guimier (Directeur de la radio France Info). Au total 5 conventions seront passées entre France Télévisions et ses partenaires, les conventions avec l’INA et France 24 sont en cours de validation. La responsabilité éditoriale en cas de judiciarisation reviendra conjointement à Delphine Ernotte et Marie-Christine Sarragosse pour la tranche Minuit/6 heures. Pour l’antenne, la journée c’est Delphine Ernotte qui prend la responsabilité éditoriale au nom de France Télévisions.

Des coopérations ponctuelles sont organisées avec LCP et Public Sénat pour des programmes pédagogiques qui viendront enrichir l’offre France Info. Une émission de France Inter devrait être également en direct sur France Info entre 12h30 et 14 h le dimanche (en cours de finalisation).

Les journalistes des rédactions nationales France 2 et France 3 seront sollicités à hauteur de 14 jours par an pour une mise à disposition pour France Info. Ils seront répartis en fonction des plannings.

Emplois de France Info : une parité H/F discutée

Pour Force Ouvrière, la parité n’y est pas : les postes d’encadrement doivent faire l’objet d’une parité à niveau égal. Or à l’heure qu’il est, sur les 7 rédacteurs en chef recrutés pour la Chaîne Info, 6 sont des hommes. Pour la direction l’équilibre est rétabli si on fait les comptes de manière globale dans les postes subalternes on compte davantage de femmes. Ainsi pour les chefs d’éditions, 60%  sont des femmes. En effet, on dénombre 7 femmes et 4 hommes à ces postes qui sont pourvus par 7 personnes recrutées en interne. A ce propos, FO souligne que ce qu’a écrit la presse est inexact et que les postes dits extérieurs sont des CDD (de France Télévisions) convertis en CDI.

Des chiffres et des lettres

Sur les 8 rédacteurs en chef, 6 hommes et 2 femmes. 5 viennent des rédactions du groupe, 3 sont des recrutements externes.

Stephan Breitner

Daniel Grillon

Julien Pain

Céline Couratin

Malik Belleli

Nicolas Luiset

Franck Berruyer

 Un dernier poste à pourvoir est en cours de signature et ça serait une femme !

 

Concernant les chiffres, sur 110 postes, 81 ont été pourvus à ce jour : 41 en externe et 40 en interne. Sur les 40 internes, 17 viennent de France 3 et 5 de l’outre-mer et France O. Sur les 41 externes, 23 sont des CDD qui collaborent pour le groupe France Télévisions. Au montage, il reste 3 postes à pourvoir.

« QUE VIVE LA CHAÎNE D’INFO FRANCE TÉLÉVISIONS ! MAIS PAS À N’IMPORTE QUEL PRIX ! »

Déclaration liminaire des élus Force Ouvrière lue devant la Présidente de France Télévisions Delphine Ernotte Cunci.

 

« Force Ouvrière  France Télévisions a sans doute, et pourquoi le nier, été le syndicat le plus participatif dans l’élaboration de la chaîne tout info du service public.

Nous avons contribué et accompagné ceux qui souhaitaient que ce projet voit le jour, parce qu’après des années de disette, vous êtes venus, Madame la Présidente, avec un projet motivant pour les personnels.

Nous pensons d’ailleurs que ce projet a suscité de l’intérêt parmi une majorité des salariés. Mais aujourd’hui nous vous disons droit dans les yeux que nous ne voulons pas que ce projet s’effectue à n’importe quel prix.

Une organisation syndicale à l’objectif primordiale de défendre les intérêts des salariés. Force est de constater que sur de nombreux points la situation ne nous satisfait pas.

Nous parlons d’abord du prix du respect.

De nombreux salariés de France Télévisions ont envoyé leur candidature pour postuler au projet de chaîne info. Ils ont cru en cette nouvelle plateforme d’information que vous leur proposiez.

Nous ne pouvons qu’amèrement regretter, alors que vous commencez les premiers tests et au moment où toute l’entreprise se partage le nom des récipiendaires, que vous n’ayez pas eu au moins la délicatesse, le respect, d’envoyer des lettres de refus aux candidats recalés.

La remarque que nous vous faisons là, nous l’avons hélas faite, devant les précédents Présidents de France Télévisions. Nous constatons que les mauvaises pratiques perdurent quelles que soient les Directions.

Alors vous faites comme vous voulez, mais vous répondez maintenant à tous les candidats !

Vous leur avez demandé de remplir des dossiers, d’envoyer des Curriculum vitae, de constituer des lettres de motivations… Ils sont dans l’attente, pour certains ils sont encore dans l’espoir.

Ne vous faites pas d’ennemis en interne. Comment croyez-vous que les candidats qui n’ont toujours pas reçu de réponse parlent de la chaîne info et de son management, si ce n’est en terme négatif ? Ayez l’esprit d’équipe !

La chaîne info ne doit pas non plus se réaliser au prix du projet initial. Dans votre projet d’information / consultation, il est prévu que la moitié des postes de France Info soit réalisée par des redéploiements en interne et que l’autre moitié soit du recrutement externe.

Selon nos informations vous ne respecteriez pas cet engagement. Il y aurait apparemment un fort déséquilibre au profit du recrutement externe, et là, nous parlons de personnes n’ayant jamais collaboré pour France Télévisions.  Nous vous le disons fermement, ce n’est pas normal, ce n’est pas ce qui a été convenu entre les partenaires sociaux !

Le projet de chaîne info doit être un projet d’entreprise, pas un projet extérieur à l’entreprise.

Bien sûr, Force Ouvrière se satisfait, dans le contexte actuel de crise, de l’embauche de près de 80 personnes. Nous défendons l’emploi. Mais, les personnels de France Télévisions par la naissance de France Info espéraient aussi une évolution de leur carrière. Certains même espéraient à cette occasion effectuer une reconversion.

FO a souhaité un plan de formation solide pour accompagner la naissance de France Info. Ce ne sera pas le cas, nous le regrettons.

C’est pourquoi Force ouvrière exige une analyse sur le nombre de reconversions au sein de l’entreprise. Vous serez surprise, Madame la Présidente de vous apercevoir que notre société est sclérosée dans ce domaine, pas du fait des nombreux salariés qui sont prêts à faire les efforts nécessaires pour évoluer ou pour faire évoluer leurs compétences, mais du fait de nos modèles d’organisations qui empêchent toutes évolutions.

De même dans le cadre de France Info, il aurait été possible d’embaucher davantage de CDD historiques de France Télévisions.

Est-ce que ce sera le cas ? Nous en doutons.

La chaîne info ne doit pas se faire non plus au prix d’une contrainte budgétaire, contrainte que les salariés de France Télévisions subissent depuis de nombreuses années et qui empêche tout développement de notre entreprise.

Une enveloppe de 6 millions d’euros avait été dégagée de prime abord pour la constitution de cette chaîne, ensuite vous avez admis que le coût pour l’entreprise, pour une année pleine, s’élèverait autour de 16 millions d’euros. Maintenant nous apprenons dans la presse que nous serons vraisemblablement, notamment en raison d’une majorité de recrutements externes qui va entraîner une augmentation de la masse salariale, autour de 20 millions d’euros. Dans le même temps le ministère du budget nous contraint à un équilibre budgétaire et à une réduction des ETP.

Alors là encore nous disons net : hors de question de faire porter le coût de ce déplacement budgétaire sur les salariés ou sur une quelconque restructuration !

C’est à vous d’assurer le budget de cette chaîne info en allant chercher les crédits nécessaires à son bon fonctionnement. Il ne doit y avoir aucun impact social pour les salariés de France Télévisions.

Pour le moins et malgré ces mises au point, Force Ouvrière France Télévisions se félicite de la naissance de France Info. Nous souhaitons longue vie à cette nouvelle chaîne. Nous sommes très heureux pour les personnels qui vont y participer et nous serons devant notre écran le 1er septembre prochain pour son ouverture.

Nous vous demandons simplement de ne pas oublier vos promesses, Madame la Présidente.

Cette chaîne d’information doit être une nouvelle chaîne avec de nouvelles écritures, un projet éditorial ambitieux et moderne porté par une plateforme numérique. Nous ne voudrions pas que les journalistes qui vont y travailler soit simplement des deskeurs, que les personnels techniques et administratifs n’y trouvent pas leur place, et que cette chaîne soit une simple copie de ce qui existe déjà. »

A l’issue de la lecture du liminaire de FO, le Directeur Général Délégué aux Ressources Humaines et à l’Organisation, M. Arnaud Lesaunier a souhaité intervenir. Il a contesté l’information selon laquelle il y aurait davantage de recrutements externes qu’internes sur France Info. Il a également contesté le chiffre du budget de 20 millions d’euros annoncé dans la presse en réaffirmant que nous serions bien autour des 16 millions d’euros. Enfin, il a clairement dit que tous les candidats recevront une réponse, mais que les plus de 2600 candidatures (dont 400 en interne) n’ont pas permis de répondre à tout le monde dans un délai acceptable. 

QUE FAIRE POUR RETROUVER L’AUDIENCE D’IL Y A 15 MOIS LE DIMANCHE SUR FRANCE 3 ?

Vous souvenez-vous d’un temps pas si lointain où France 3 comptait ses téléspectateurs par millions sur ce créneau difficile, face aux magazines d’info proposés par les autres chaînes ?

C’était le temps de « 30 millions d’amis », avec des audiences qui flirtaient avec le million de personnes.

Depuis, beaucoup de choses se sont passées… « 30 millions d’amis » a été déprogrammé de cette case du dimanche, pour être placée le mercredi matin (avec 10 fois moins d’audience), puis supprimée le 1er juin dernier, au prétexte que « 40 ans, ça va, non ??? »

Et aucun des programmes qui ont été proposés ensuite n’ont réussi à s’approcher de ce score que l’émission des amis des animaux affichait avec brio.

Qu’il s’agisse :

– Du « superbe » feuilleton australien « Miss Fischer enquête »

– Du best-off de « météo à la carte »

– Ou, depuis janvier, d’une case dévolue aux régions !!

À l’heure où les grilles de rentrée sont communiquées un peu partout dans le groupe, l’heure est aux nombreuses questions. L’une d’entre elles nous laisse perplexe.

Le 1er juillet dernier, lors de sa présentation de grille de rentrée, un délégué régional d’antenne évoquait clairement devant ses collaborateurs la difficulté de cette case pour expliquer l’audience très moyenne d’un programme pourtant bien fait, mais qui, évidemment, « a du mal » face aux magazines d’info.

Nous nous reposons donc la question : puisqu’il apparaît qu’aucune offre de programme ne réussit à générer une audience s’approchant des performances constatées il y a 15 mois encore, et puisqu’il est désormais dans la culture du groupe de savoir faire marche arrière lorsqu’on constate qu’un changement n’a pas fonctionné (preuve en est la réforme engagée pour la disparition des pôles), pourquoi ne pas revenir en arrière sur cette case du dimanche à 12h55 ?

Pourquoi ne pas dire « qu’on s’est trompé », et reproposer « 30 millions d’amis » sur cette case ?

– Les nombreux amis des animaux en seraient très heureux…

– Cette décision contribuerait à faire remonter l’audience moyenne de France 3.

– Et surtout, la vingtaine de salariés qui œuvraient avec talent sur ce programme, pourraient, par ce biais, retrouver du travail !!

ACCORD DE MÉTHODE : QUEL EST L’INTÉRÊT DES SALARIÉS ?

Avant d’engager sa réforme des régions et la suppression des pôles, la direction doit passer par une étape obligatoire : celle de l’information et de la consultation des élus.

Cette procédure a débuté le 6 juin dernier (par l’envoi des documents aux élus du CCE), et pouvait donc s’achever au bout de 4 mois, c’est à dire le 6 octobre. Ce n’est pas nous qui le disons, ce sont les conséquences de la nouvelle loi Rebsamen (qui, rappelons-le, a été voulue et négociée par la CFDT)

Cela veut dire que la direction était en droit de demander que le CCE soit tenu de rendre son avis avant cette date. Ça, c’est la théorie…

Dans les faits, c’est autre chose qui nous a été proposé. Les organisations syndicales ont été conviées à une discussion pour adopter un « accord de méthode » pour des conditions d’examen du projet plus acceptables (et notamment davantage de temps pour rendre ces avis).

Si la première mouture du projet d’accord (présentée le 29 juin) était difficilement acceptable, la discussion du 4 juillet permet d’arriver à des améliorations incontestables.

Sur le calendrier, nous arrivons à des délais nettement meilleurs.

Constatez-vous mêmes :

– remise de l’expertise de l’IC CHSCT avant le 27 octobre (au lieu du 7 septembre)

– remise de l’avis de l’IC CHSCT avant le 9 novembre (au lieu du 21 septembre)

– remise des avis des 4 CE de pôles les 16, 17, 18 et 22 novembre (au lieu du 19 octobre)

– et remise de l’avis du CCE le 29 novembre (au lieu du 27 octobre -dans le projet d’accord initial-, ou du 6 octobre -s’il n’y avait pas eu d’accord-)

Force est de constater que ces délais sont quand même beaucoup plus raisonnables qu’ils ne l’auraient été sans cet accord. On n’imagine même pas ce qu’aurait été un avis du CCE le 6 octobre, avec 2 mois d’été pour l’établir !!!

L’autre point important dans cet accord, c’est l’autorisation donnée à la direction de pouvoir « communiquer » sur les nouvelles fonctions issues de la réforme, sans avoir à attendre l’avis des élus.

S’il ne nous semblait pas envisageable que ces postes soient « mis en consultation » avant que les élus ne se soient exprimés, il y a quand même urgence : nous entendons pour notre part que les salariés concernés par ces changements ne vivent pas forcément très bien cette période d’incertitude ! Devaient-ils attendre l’automne pour prendre connaissance des détails des futurs postes, et pouvoir s’y projeter ? À notre avis, non !

Il y a une attente, celle-ci est réelle…et il est de l’intérêt des salariés de pouvoir prendre connaissance le plus tôt possible de ce qui peut leur être proposé. Avec tous les détails (y compris le niveau de classification)…

C’est donc une bonne chose que cette communication puisse avoir lieu. C’est pourquoi nous déplorons d’ailleurs que celle-ci se limite à certains postes (directeurs régionaux, délégués d’antenne, délégués numériques, délégués communication, et chef info web), et que certains autres, impactés eux aussi par la réforme, ne soient pas associés. Nous pensons notamment aux fonctions RH, finances, et à celle de régulateur. Même si la direction nous a expliqué que ces métiers-là « ne vont pas changer », nous continuons à demander qu’une communication précise soit faite, afin que les salariés concernés sachent « à quelle sauce ils vont être mangés ».

Les choses sont claires : une mention précise que cette communication sera effectuée « à titre d’information sur l’état du projet actuellement présenté aux instances représentatives du personnel ». Le fait d’autoriser aujourd’hui que cette communication puisse être effectuée ne présume donc en rien ce qui pourrait être dit ensuite dans les instances.

Force Ouvrière salue donc aujourd’hui une avancée notable dans la façon dont va pouvoir se dérouler l’examen de ce projet (décidé et porté par la direction). Parce que cet accord est bénéfique pour les salariés, notre organisation a donc considéré qu’il était pertinent de le signer.

 

Solidarité pour Vanves

 

« En cas de coup dur, la famille se resserre ». C’est par ces mots que le directeur des Outremers a accueilli à Malakoff les quelques 250 salariés de Vanves privés de leur outil de travail. Une réunion d’information a eu lieu hier à 15heures en présence du réseau, du pôle, et des moyens techniques pour faire le point sur le sinistre survenu ce week-end et des suites à y donner.

 

Samedi matin, un véhicule a pris feu dans le parking souterrain de l’antenne de Vanves. Le rez-de-chaussée et le premier étage ont été fortement endommagés, sans faire de victime. Un arrêté de péril pris par la mairie interdit toute accessibilité au site. En attendant sa réhabilitation, les salariés seront ventilés dans les différentes emprises du siège.

 

Il a été précisé que la rédaction serait en partie installée dans l’atrium de France 3 et dans la salle V 677 qui accueillera plus d’une vingtaine de postes de travail. Cette salle recevra également la gestion d’antenne, l’UOA, la documentation, les scriptes et l’atelier de production. La RH, la finance, la paie et la communication rejoindraient leurs homologues à la Maison FTV. L’espace Valin accueillerait une régie fly avec 6 salles de montages, le JT se ferait depuis le plateau du national.

 

S’agissant des rushes, marbres et archives stockés, ils seront autant que possible extraits des serveurs et reconstruits sur des serveurs neufs afin de finaliser la production en cours. La direction indique qu’un JT raccourci (d’une dizaine de minutes) est possible dès demain mercredi. Les salariés sont appelés à rejoindre le hall de MFTV mercredi matin où ils seront badgés et orientés. Il n’est pas question de chômage technique, la solidarité du groupe va jouer pour assurer la continuité de l’antenne de Vanves.

 

Selon les premières informations, il serait techniquement possible de réintégrer les locaux d’IDF rapidement à condition que les réseaux électriques, informatiques, téléphoniques et d’eau soient opérationnels. Il serait alors possible d’installer un car régie derrière l’établissement et d’utiliser le grand plateau. Les expertises et les contraintes techniques, de diffusion notamment, détermineront si oui ou non les salariés devront prendre leur mal en patience. Un numéro d’aide psychologique sera proposé.

 

Merci de réserver le meilleur accueil aux collègues de Vanves dans les espaces dédiés. Toute l’équipe de Force Ouvrière y joint sa solidarité.

Discrimination : France Ô ne mérite pas la haute définition

Imposer à France Ô de passer en basse définition dès septembre, c’est comme s’élancer sur un circuit de Formule 1 au volant d’une 2CV.  On l’aime bien la 2CV, sa bonne bouille, son petit côté rétro, un peu folklore. Si en plus on la repeint couleurs madras… Mais ne lui demandez pas de rester dans la course.

À l’heure où il n’est question que de téléviseurs LCD, de 4K et même la 8K qui pointe à l’horizon, le ministère de la Culture renvoie France Ô au Moyen-Âge de la télévision. Comment peut-on imaginer pérenniser une chaîne dans de telles conditions ? La 2CV, sur un circuit de Formule 1, n’est bonne qu’à faire un tour d’honneur avant de quitter le circuit pour laisser place aux vrais bolides estampillés France 2, France 3, France 4, France 5…

Pourtant France Ô fait partie de la même écurie. Pourquoi son traitement serait-il différent ? Est-ce que l’Outre-mer ne mérite que du bas de gamme, quand une porte-parole du ministère de la Culture annonce que « France Ô va devenir dès la rentrée une chaîne 100% ultramarine » ? 100% ultramarine, certes, mais en basse définition.

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Dans le même élan, le ministère peut toujours évoquer une nouvelle orientation « qui rompt avec l’ambiguïté du positionnement précédent », faut-il encore avoir les moyens de ses ambitions.

La réalité, c’est que la chaîne censée être un moteur pour la diversité au sein de France Télévisions paie au prix fort une politique de programmes sans ambition, menée par une équipe d’apprentis sorciers et de pieds nickelés de l’audimat. Il est vrai que la sacro-sainte diversité n’a jamais été le fort de France Télévisions qui réduit l’Outre-mer à ses plages et ses cocotiers.

Quelle belle image d’Épinal, mais désormais en basse définition…

Après avoir investi près de 2 millions d’euros (hors bâtiments) dans trois régies de diffusion haute définition à Malakoff, et contraint le personnel à travailler dans des « placards » durant les travaux, on demande aujourd’hui de diffuser en basse définition ?

Après avoir incité les spectateurs à s’équiper de téléviseurs HD, à grand renfort de campagnes financées par le CSA, on veut proposer de la basse définition au public ?

Faut-il détruire une chaîne existante pour créer une chaîne info ?

Dans six mois, on diffuse en 4/3 ? Et puis dans un an en noir et blanc ?

Partout peuvent retentir de beaux discours, venus de l’Élysée, de Matignon, de France Télévisions, mais « quand cessera-t-on d’être le jouet sombre du carnaval des autres ? », pour reprendre les mots d’Aimé Césaire.

Préalable au CCE du 15 juin 2016 : Les personnels de France Télévisions vont-ils réussir cet exploit : monter une chaîne d’information en moins de 10 mois ?

« Des personnels vieillissants », « des salariés sans compétences », « des travailleurs hors du coup », « des syndicalistes d’un autre temps qui protègent leurs acquis et ceux de leurs collègues », « une boîte qui n’avance pas »… Que n’avons-nous pas lu dans la presse ou entendu dans les couloirs de l’Assemblée Nationale sur les potentiels de France Télévisions.

Et bien ce sont ces mêmes personnels qui sont en train de réaliser un exploit : monter une chaîne d’information du service public en moins de 10 mois.

La France est un cas unique en Europe. C’est la seule Nation à ne pas avoir de chaîne d’info du service public. Nous devons la faire ! C’est un enjeu de Démocratie et de valeurs républicaines à défendre. Et à ceux qui veulent nous mettre des bâtons dans les roues, nous l’affirmons : « nous n’avons pas peur de la concurrence ! »

Au moment où nous lisons ce liminaire, nous pouvons affirmer que le projet de chaîne info est dans les temps et que tous les feux sont au vert pour que cette chaîne soit lancée effectivement le 1er septembre 2016. Le retard technique de 3 jours dû à l’inondation du nouveau plateau semble avoir été rattrapé.

La phase de recrutement se déroule comme prévue. Les candidatures sont nombreuses. Résultats, les déceptions et les recalés aussi. FO a exigé de la direction que chaque candidat soit au moins informé du suivi des dossiers individuels, ce n’est hélas pas le cas. Nous le regrettons.

Sur le plan social, les élus FO, CGT et SNJ ont voté au Comité Central d’Entreprise la constitution d’une Commission d’analyse, de suivi de la mise en œuvre et d’ajustement du projet de chaîne publique d’information, la CASMOA. Cette commission vient de se réunir pour la première fois. Dans le cadre d’un dialogue social renforcé, la direction et ces trois organisations syndicales ont souhaité s’adjoindre les renforts d’une tierce personne pour les aider dans leur analyse afin de se projeter vers l’avenir. Il s’agit de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT). Cette association a réclamé de part et d’autre « la suspension des jugements et des a priori ».

Les positions de Force Ouvrière sont très claires. Nous refusons et rejetons les compétences complémentaires que la direction souhaite mettre en œuvre en l’état dans le cadre de son organisation de travail de la chaîne info. L’avenant n°7 de l’accord collectif qui doit instituer ces compétences complémentaires au sein de la nouvelle chaîne n’a été signé ni par FO ni par les autres organisations syndicales. La direction a décidé de passer outre, en l’appliquant unilatéralement. C’est son choix. C’est de sa responsabilité. Nous ne pouvons que regretter cette décision. Mais c’est aussi sa liberté de patron, ou de patronne, d’agir ainsi.

Pour nous, le combat n’est pas fini. Force Ouvrière prouvera au sein de la CASMOA, dans un cadre qui se veut moins dogmatique, que si nous voulons vraiment la réussite de la chaîne info, il est nécessaire d’ajuster le projet. D’ailleurs nous faisons la proposition à la direction, de descendre avec l’ANACT, « sans jugement ni a priori » sur les plateaux du Télématin pour faire une analyse détaillée de la situation avec les personnels. C’est à eux d’exprimer et de dire ce qu’ils ont à vous dire. Ils sont les premiers concernés.

Les très nombreux retours de nos collègues nous montrent qu’il faudra rajouter des moyens, ils sont insuffisants. La direction devra enfin admettre qu’il faudra des postes et des emplois supplémentaires, c’est une certitude. Par exemple, rien n’est prévu concernant la coordination éditoriale. Les difficultés liées à l’exercice du montage devront être réglées.

En tout cas, Force Ouvrière se montre extrêmement favorable à ce que des chefs-monteurs ou des Personnels Techniques et Administratifs puissent être formés et puissent évoluer sur des compétences éditoriales. Ces mêmes compétences pouvant leur procurer plus tard « une carte de presse » et un treizième mois : revendication que nous martelons pour tous les salariés.

Mais ce projet de chaîne info ne doit pas occulter tout le reste, ni le fonctionnement normal de l’entreprise. Après tout la chaîne info ne concerne qu’une minorité de personnels dans la société. Et nous pouvons le dire Madame la Présidente, il y a beaucoup de frustrations chez vos collaborateurs, ils ressentent une mise à l’écart et ils critiquent le manque de visibilité pour leur avenir professionnel. France Télévisions est un équilibre fragile. Nous avons mis du temps, depuis l’entreprise unique, à construire cet édifice. Nous ne voudrions pas que ce seul projet face vaciller la base de ceux qui œuvrent chaque jour pour la continuité du service public.

Nous pensons à la réalité de l’entreprise en dehors de la chaîne d’info : des déménagements, mutualisation, formation, non-remplacement des absents, nouvelles organisations, compétences complémentaires exercées mais jamais reconnues, nouveaux logiciels…

Nous pensons aux personnels administratifs trop souvent oubliés alors qu’ils sont au cœur de l’organisation, aux techniciens à qui vous imposez des polycompétences à outrance pour être compétitifs, aux journalistes qui doivent fusionner, se réformer, tout en devant assurer la continuité d’une information de qualité. Nous pensons aussi à l’encadrement qui subit dans un contexte de crise, des organisations sur des nouvelles organisations, celle de France 3 réseau en est un nouvel exemple et tout cela sans broncher.

De même, il nous apparait impensable de renier sur la qualité de nos programmes ou de notre information au détriment de la Chaîne Info. Nous ne sommes pas pour une politique de vases communicants à moyen constant. Vous voulez faire plus, alors exigez et obtenez des crédits supplémentaires. C’est ça aussi votre responsabilité de patronne. Vous serez jugez sur cela dans votre bilan : votre capacité à convaincre les pouvoirs publics que nous remplissons nos missions.

Pensez à l’alternance. France Télévisions n’a pas que des amis. Déjà des hommes politiques promettent de privatiser une de nos chaînes avec les conséquences funestes que l’on connait sur l’emploi. Vous devez vous battre pour maintenir notre unité.

Le dialogue social va dans les deux sens. C’est donnant-donnant. Il s’apporte. Il s’enrichit. Il se construit. Nous en tant que syndicalistes nous sommes ici devant vous pour défendre les intérêts de nos collègues. Nous venons de vous faire une démonstration d’une partie des efforts consentis par les personnels pour la réalisation du projet de chaîne info.

Votre réponse à ces efforts elle est dans votre proposition d’augmentation générale des salaires : aucune. En l’état actuel, la seule enveloppe proposée par la direction pour les mesures individuelles représente 0,5 % de la RMPP (Rémunération moyenne des personnes en place). C’est-à-dire 2,9 Millions d’€ à se partager. Des évolutions salariales qui ne vont servir qu’à combler des disparités. Au total, sur près de 10.000 salariés, la direction estime à environ 400 mesures pour les journalistes et 1500 mesures pour tous les autres personnels.

Il est évident qu’après l’application de ces harmonisations et de ces rattrapages, il ne restera rien pour des vraies mesures individuelles. La récompense et la valorisation du travail sont des concepts qui semblent avoir disparu pour la direction.

C’est pourquoi, nous vous demandons de vous exprimer très clairement pour l’ouverture d’une négociation d’une prime d’intéressement pour tous les personnels. La restriction de notre pouvoir d’achat, alors que vous en demandez « toujours plus avec moins » et depuis des années et des années, cela suffit ! Stop !

Sur un autre point, et juste avant de conclure. Nous voudrions remercier tous les collègues, tous les camarades de France Télévisions qui ont participé aux manifestations hier contre la Loi Travail El Khomry. Notre entreprise était particulièrement bien représentée dans la contestation sociale. Nous sommes fiers d’eux et de la prise de conscience de la nécessité du combat social pour faire avancer et progresser notre Société. Nous participons à l’émancipation des Hommes et nous contribuons à la civilisation. Nous laissons le comptage ridicule du nombre de manifestants au gouvernement qui a perdu toute crédibilité auprès des ouvriers et des salariés (75.000 personnes selon eux). Ce que nous pouvons vous dire, c’est que nous avons attendu 4 heures sur le Boulevard Vincent Auriol pour pouvoir enfin défiler. La foule était tellement présente que nous ne sommes jamais arrivés à ce qui devait être notre point de chute : les Invalides. Les kilomètres de bus étaient impressionnants. Le gouvernement reste sourd. Nous nous voulons au contraire dialoguer. Eux, ils sortent le 49.3. Qui sont les démocrates et les républicains dans cette histoire ?

Madame la Présidente, les salariés de France Télévisions sont magnifiques, vous le découvrez peut-être, nous pas. Si certains ont pu être surpris de la capacité d’initiative et d’adaptation des équipes de France Télévisions à faire aboutir un projet, pour Force Ouvrière ce n’est pas une surprise. Nous avons toujours eu foi dans le professionnalisme et l’abnégation de nos collègues. C’est le moment de prendre conscience de tout ce qu’ils entreprennent et de tout ce qu’ils réalisent. Après des années de disettes, nous attendons vos projets de gratification ou d’amélioration de nos conditions de travail. Une simple tape dans le dos ne suffira pas, ne suffira plus.