Discrimination : France Ô ne mérite pas la haute définition

Imposer à France Ô de passer en basse définition dès septembre, c’est comme s’élancer sur un circuit de Formule 1 au volant d’une 2CV.  On l’aime bien la 2CV, sa bonne bouille, son petit côté rétro, un peu folklore. Si en plus on la repeint couleurs madras… Mais ne lui demandez pas de rester dans la course.

À l’heure où il n’est question que de téléviseurs LCD, de 4K et même la 8K qui pointe à l’horizon, le ministère de la Culture renvoie France Ô au Moyen-Âge de la télévision. Comment peut-on imaginer pérenniser une chaîne dans de telles conditions ? La 2CV, sur un circuit de Formule 1, n’est bonne qu’à faire un tour d’honneur avant de quitter le circuit pour laisser place aux vrais bolides estampillés France 2, France 3, France 4, France 5…

Pourtant France Ô fait partie de la même écurie. Pourquoi son traitement serait-il différent ? Est-ce que l’Outre-mer ne mérite que du bas de gamme, quand une porte-parole du ministère de la Culture annonce que « France Ô va devenir dès la rentrée une chaîne 100% ultramarine » ? 100% ultramarine, certes, mais en basse définition.

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Dans le même élan, le ministère peut toujours évoquer une nouvelle orientation « qui rompt avec l’ambiguïté du positionnement précédent », faut-il encore avoir les moyens de ses ambitions.

La réalité, c’est que la chaîne censée être un moteur pour la diversité au sein de France Télévisions paie au prix fort une politique de programmes sans ambition, menée par une équipe d’apprentis sorciers et de pieds nickelés de l’audimat. Il est vrai que la sacro-sainte diversité n’a jamais été le fort de France Télévisions qui réduit l’Outre-mer à ses plages et ses cocotiers.

Quelle belle image d’Épinal, mais désormais en basse définition…

Après avoir investi près de 2 millions d’euros (hors bâtiments) dans trois régies de diffusion haute définition à Malakoff, et contraint le personnel à travailler dans des « placards » durant les travaux, on demande aujourd’hui de diffuser en basse définition ?

Après avoir incité les spectateurs à s’équiper de téléviseurs HD, à grand renfort de campagnes financées par le CSA, on veut proposer de la basse définition au public ?

Faut-il détruire une chaîne existante pour créer une chaîne info ?

Dans six mois, on diffuse en 4/3 ? Et puis dans un an en noir et blanc ?

Partout peuvent retentir de beaux discours, venus de l’Élysée, de Matignon, de France Télévisions, mais « quand cessera-t-on d’être le jouet sombre du carnaval des autres ? », pour reprendre les mots d’Aimé Césaire.

Préalable au CCE du 15 juin 2016 : Les personnels de France Télévisions vont-ils réussir cet exploit : monter une chaîne d’information en moins de 10 mois ?

« Des personnels vieillissants », « des salariés sans compétences », « des travailleurs hors du coup », « des syndicalistes d’un autre temps qui protègent leurs acquis et ceux de leurs collègues », « une boîte qui n’avance pas »… Que n’avons-nous pas lu dans la presse ou entendu dans les couloirs de l’Assemblée Nationale sur les potentiels de France Télévisions.

Et bien ce sont ces mêmes personnels qui sont en train de réaliser un exploit : monter une chaîne d’information du service public en moins de 10 mois.

La France est un cas unique en Europe. C’est la seule Nation à ne pas avoir de chaîne d’info du service public. Nous devons la faire ! C’est un enjeu de Démocratie et de valeurs républicaines à défendre. Et à ceux qui veulent nous mettre des bâtons dans les roues, nous l’affirmons : « nous n’avons pas peur de la concurrence ! »

Au moment où nous lisons ce liminaire, nous pouvons affirmer que le projet de chaîne info est dans les temps et que tous les feux sont au vert pour que cette chaîne soit lancée effectivement le 1er septembre 2016. Le retard technique de 3 jours dû à l’inondation du nouveau plateau semble avoir été rattrapé.

La phase de recrutement se déroule comme prévue. Les candidatures sont nombreuses. Résultats, les déceptions et les recalés aussi. FO a exigé de la direction que chaque candidat soit au moins informé du suivi des dossiers individuels, ce n’est hélas pas le cas. Nous le regrettons.

Sur le plan social, les élus FO, CGT et SNJ ont voté au Comité Central d’Entreprise la constitution d’une Commission d’analyse, de suivi de la mise en œuvre et d’ajustement du projet de chaîne publique d’information, la CASMOA. Cette commission vient de se réunir pour la première fois. Dans le cadre d’un dialogue social renforcé, la direction et ces trois organisations syndicales ont souhaité s’adjoindre les renforts d’une tierce personne pour les aider dans leur analyse afin de se projeter vers l’avenir. Il s’agit de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT). Cette association a réclamé de part et d’autre « la suspension des jugements et des a priori ».

Les positions de Force Ouvrière sont très claires. Nous refusons et rejetons les compétences complémentaires que la direction souhaite mettre en œuvre en l’état dans le cadre de son organisation de travail de la chaîne info. L’avenant n°7 de l’accord collectif qui doit instituer ces compétences complémentaires au sein de la nouvelle chaîne n’a été signé ni par FO ni par les autres organisations syndicales. La direction a décidé de passer outre, en l’appliquant unilatéralement. C’est son choix. C’est de sa responsabilité. Nous ne pouvons que regretter cette décision. Mais c’est aussi sa liberté de patron, ou de patronne, d’agir ainsi.

Pour nous, le combat n’est pas fini. Force Ouvrière prouvera au sein de la CASMOA, dans un cadre qui se veut moins dogmatique, que si nous voulons vraiment la réussite de la chaîne info, il est nécessaire d’ajuster le projet. D’ailleurs nous faisons la proposition à la direction, de descendre avec l’ANACT, « sans jugement ni a priori » sur les plateaux du Télématin pour faire une analyse détaillée de la situation avec les personnels. C’est à eux d’exprimer et de dire ce qu’ils ont à vous dire. Ils sont les premiers concernés.

Les très nombreux retours de nos collègues nous montrent qu’il faudra rajouter des moyens, ils sont insuffisants. La direction devra enfin admettre qu’il faudra des postes et des emplois supplémentaires, c’est une certitude. Par exemple, rien n’est prévu concernant la coordination éditoriale. Les difficultés liées à l’exercice du montage devront être réglées.

En tout cas, Force Ouvrière se montre extrêmement favorable à ce que des chefs-monteurs ou des Personnels Techniques et Administratifs puissent être formés et puissent évoluer sur des compétences éditoriales. Ces mêmes compétences pouvant leur procurer plus tard « une carte de presse » et un treizième mois : revendication que nous martelons pour tous les salariés.

Mais ce projet de chaîne info ne doit pas occulter tout le reste, ni le fonctionnement normal de l’entreprise. Après tout la chaîne info ne concerne qu’une minorité de personnels dans la société. Et nous pouvons le dire Madame la Présidente, il y a beaucoup de frustrations chez vos collaborateurs, ils ressentent une mise à l’écart et ils critiquent le manque de visibilité pour leur avenir professionnel. France Télévisions est un équilibre fragile. Nous avons mis du temps, depuis l’entreprise unique, à construire cet édifice. Nous ne voudrions pas que ce seul projet face vaciller la base de ceux qui œuvrent chaque jour pour la continuité du service public.

Nous pensons à la réalité de l’entreprise en dehors de la chaîne d’info : des déménagements, mutualisation, formation, non-remplacement des absents, nouvelles organisations, compétences complémentaires exercées mais jamais reconnues, nouveaux logiciels…

Nous pensons aux personnels administratifs trop souvent oubliés alors qu’ils sont au cœur de l’organisation, aux techniciens à qui vous imposez des polycompétences à outrance pour être compétitifs, aux journalistes qui doivent fusionner, se réformer, tout en devant assurer la continuité d’une information de qualité. Nous pensons aussi à l’encadrement qui subit dans un contexte de crise, des organisations sur des nouvelles organisations, celle de France 3 réseau en est un nouvel exemple et tout cela sans broncher.

De même, il nous apparait impensable de renier sur la qualité de nos programmes ou de notre information au détriment de la Chaîne Info. Nous ne sommes pas pour une politique de vases communicants à moyen constant. Vous voulez faire plus, alors exigez et obtenez des crédits supplémentaires. C’est ça aussi votre responsabilité de patronne. Vous serez jugez sur cela dans votre bilan : votre capacité à convaincre les pouvoirs publics que nous remplissons nos missions.

Pensez à l’alternance. France Télévisions n’a pas que des amis. Déjà des hommes politiques promettent de privatiser une de nos chaînes avec les conséquences funestes que l’on connait sur l’emploi. Vous devez vous battre pour maintenir notre unité.

Le dialogue social va dans les deux sens. C’est donnant-donnant. Il s’apporte. Il s’enrichit. Il se construit. Nous en tant que syndicalistes nous sommes ici devant vous pour défendre les intérêts de nos collègues. Nous venons de vous faire une démonstration d’une partie des efforts consentis par les personnels pour la réalisation du projet de chaîne info.

Votre réponse à ces efforts elle est dans votre proposition d’augmentation générale des salaires : aucune. En l’état actuel, la seule enveloppe proposée par la direction pour les mesures individuelles représente 0,5 % de la RMPP (Rémunération moyenne des personnes en place). C’est-à-dire 2,9 Millions d’€ à se partager. Des évolutions salariales qui ne vont servir qu’à combler des disparités. Au total, sur près de 10.000 salariés, la direction estime à environ 400 mesures pour les journalistes et 1500 mesures pour tous les autres personnels.

Il est évident qu’après l’application de ces harmonisations et de ces rattrapages, il ne restera rien pour des vraies mesures individuelles. La récompense et la valorisation du travail sont des concepts qui semblent avoir disparu pour la direction.

C’est pourquoi, nous vous demandons de vous exprimer très clairement pour l’ouverture d’une négociation d’une prime d’intéressement pour tous les personnels. La restriction de notre pouvoir d’achat, alors que vous en demandez « toujours plus avec moins » et depuis des années et des années, cela suffit ! Stop !

Sur un autre point, et juste avant de conclure. Nous voudrions remercier tous les collègues, tous les camarades de France Télévisions qui ont participé aux manifestations hier contre la Loi Travail El Khomry. Notre entreprise était particulièrement bien représentée dans la contestation sociale. Nous sommes fiers d’eux et de la prise de conscience de la nécessité du combat social pour faire avancer et progresser notre Société. Nous participons à l’émancipation des Hommes et nous contribuons à la civilisation. Nous laissons le comptage ridicule du nombre de manifestants au gouvernement qui a perdu toute crédibilité auprès des ouvriers et des salariés (75.000 personnes selon eux). Ce que nous pouvons vous dire, c’est que nous avons attendu 4 heures sur le Boulevard Vincent Auriol pour pouvoir enfin défiler. La foule était tellement présente que nous ne sommes jamais arrivés à ce qui devait être notre point de chute : les Invalides. Les kilomètres de bus étaient impressionnants. Le gouvernement reste sourd. Nous nous voulons au contraire dialoguer. Eux, ils sortent le 49.3. Qui sont les démocrates et les républicains dans cette histoire ?

Madame la Présidente, les salariés de France Télévisions sont magnifiques, vous le découvrez peut-être, nous pas. Si certains ont pu être surpris de la capacité d’initiative et d’adaptation des équipes de France Télévisions à faire aboutir un projet, pour Force Ouvrière ce n’est pas une surprise. Nous avons toujours eu foi dans le professionnalisme et l’abnégation de nos collègues. C’est le moment de prendre conscience de tout ce qu’ils entreprennent et de tout ce qu’ils réalisent. Après des années de disettes, nous attendons vos projets de gratification ou d’amélioration de nos conditions de travail. Une simple tape dans le dos ne suffira pas, ne suffira plus.

Va falloir ramer, contre vents et marées !

Encore un nouveau capitaine pour de nouvelles aventures. Mais cette fois, Walles Kotra, fraîchement arrivé à la barre de Malakoff, nous indique qu’il veut virer de bord et mettre le cap sur un pôle Outre-mer en renforçant l’union entre les 1ères et France Ô.

Pour ce faire, une première mise à l’eau consistera à dédier une journée à chaque station ultramarine, à travers des magazines, des documentaires, des fictions…

Pour mettre en place sa nouvelle politique, il a martelé que tout le monde serait mis à contribution en utilisant la métaphore de la pirogue. Nous n’avons pas manqué de rappeler qu’il y avait cependant plus de barreurs que de rameurs, et que certains timoniers ne comprenaient pas ce changement de cap. Chargés de transmettre les ordres et de veiller sur les passerelles, certains semblent cependant ne pas percevoir les bons signaux. Mais le capitaine de la pirogue est clair : les mutins devront quitter le navire.

Vogue la galère

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Walles Kotra a fait la révision des effectifs, a entendu les malaises et inquiétudes du personnel. Il nous a clairement signifié qu’il va falloir changer nos mentalités. Et l’équipage, pour gagner la course, doit apprendre à vivre ensemble.

Dans sa malle, la réorganisation du bâtiment Malakoff, qui pourrait devenir la 10e station. Pour ce faire, de nombreux projets sont déjà à l’étude : des magazines culturels, politiques, musicaux, et début janvier, en prime time, une quotidienne de proximité.

Parés à virer ?

 

Il va falloir ramer et peut-être même rafistoler les voiles… L’avenir n’est plus à la boussole, au compas et au sextant mais au GPS, tablettes, smartphones, etc. Le capitaine nous a clairement indiqué que le numérique n’est plus une option si on veut passer les écueils et arriver à bon port.

À FO, nous considérons que le personnel de Malakoff et les stations d’Outre-mer ont déjà traversé de nombreuses tempêtes et des cyclones d’une rare violence. Si on pouvait éviter les quarantièmes Rugissants…

Pour reprendre l’image du capitaine, nous espérons ne pas avoir à trop écoper, et surtout ne pas nous échouer, ce qui pourrait définitivement casser le moral des salariés, cette fois.

Info de dernière minute : la capitainerie annonce déjà qu’une partie du budget de la Communication pour l’Outre-mer a été supprimée. Le chenal a perdu ses balises. SOS. Il va falloir ouvrir l’œil et recenser les gilets de sauvetage.

Paris, le 14 juin 2016

Négociation Annuelle Obligatoire « Mais de qui se moque-t-on ? »

La dernière réunion de négociation annuelle obligatoire vient de se tenir au siège de France Télévisions. Les directions changent mais les discours sont les mêmes : il n’y aura pas d’augmentation générale des salaires.

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Le budget a beau être à l’équilibre. Les salariés ont beau consentir des efforts (déménagements, mutualisation, formation, non-remplacement des absents, nouvelles organisations, nouveaux logiciels…). La Présidence du Groupe a beau vouloir créer une nouvelle chaîne info avant septembre. Rien n’y fera : le professionnalisme et le positivisme des équipes ne seront pas récompensés.

Dans ce marasme, la seule lueur d’espoir vient de la revendication de Force Ouvrière France Télévisions d’obtenir une prime d’intéressement pour tous les salariés afin de les gratifier légitimement de leur engagement et des efforts consentis. La direction ne rejette pas l’idée, mais se dit dans l’impossibilité d’ouvrir des négociations sur ce sujet avant la signature du Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM) avec l’Etat.

Dans ces conditions, il est légitime de se poser cette question : faut-il provoquer un rapport de force avec la direction pour obtenir la concrétisation de revendications salariales ? En tout cas, pour Force Ouvrière, nous n’hésiterons pas à poser un préavis de grève le 1er septembre prochain, premier jour de la futur chaîne info,  si cela est nécessaire…

En l’état actuel, l’enveloppe proposée par la direction pour les mesures individuelles représente 0,5 % de la RMPP. C’est-à-dire 2,9 Millions d’€ à se partager.

La direction s’est évertuée à vouloir partager cette petite cassette en priorisant les récipiendaires. Mais ces évaluations salariales ne servent au fond qu’à compenser des disparités : les salariés en dessous de 90 % de « la tendance de rémunération constatée », les journalistes qui n’ont bénéficié d’aucune mesure depuis 4 ans, les PTA  qui n’ont bénéficié d’aucune mesure depuis 3 ans, les disparité Hommes/Femmes notamment pour les Groupes de classification 6 et 7, les journalistes qui ont plus de 15 ans d’ancienneté et qui ne sont toujours pas « Journaliste Spécialisé » ou ceux avec plus de 20 ans d’ancienneté et qui ne sont pas « Grand Reporter », le rattrapage de certains métiers artistiques en niveau 1…

Il est évident qu’après l’application de ces harmonisations, il ne restera rien pour des vraies mesures individuelles. La récompense et la valorisation du travail sont des concepts qui semblent avoir disparu pour la direction. Au total, sur près de 10.000 salariés, la direction estime à environ 400 mesures pour les journalistes et 1500 mesures pour tous les autres personnels.

Force Ouvrière a réclamé la ventilation de ces mesures entre les promotions et les « évolutions d’échelons ». La direction n’a pas été capable de les donner.

Seule concession de la direction lors de ces NAO : améliorer les dispositifs liés aux Comités Salaires, notamment concernant les informations salariales fournies aux représentants des personnels. Ces améliorations devraient être actées dans le cadre d’un futur avenant à l’accord d’entreprise. Aucune date d’application n’a été évoquée.

Pour faire taire sa menace de conflit social dans l’entreprise, Force Ouvrière France Télévisions exige l’ouverture de négociations concernant la prime d’intéressement pour tous les salariés, une augmentation substantielle de l’enveloppe destinée aux mesures individuelles, l’amélioration immédiate des dispositifs liés aux comités salaires.

Paris, le 13 juin 2016

Grève Nationale le 14 Juin 2016! « Toutes et tous pour le retrait du projet de loi Travail »

Préavis de grève du mardi 14 juin à France Télévisions

Préavis de Grève du mardi 14 juin à France Télévisions signé par Eric Vial Délégué Syndical Central FO, François Ormain, Délégué Syndical Central FO et visé par Cécile Lefèvre Directrice des Ressources Humaines du Siège de France Télévisions.

Salaires: le gâteau se rétrécit encore

Les salariés de France Télévisions feront encore les frais de cet objectif de la direction de parvenir à l’équilibre budgétaire. Un objectif factice puisque soumis en permanence à de nouvelles économies imposées par la tutelle…

Pour FO, l’annonce de 1900 mesures au lieu des 2500 en moyenne ces 3 années écoulées ne peut rester sans réponse, d’autant que des embauches à des salaires élevés ont eu lieu ces derniers mois.

Cette politique des rémunérations se traduira donc cette année par 400 mesures de moins par rapport à l’an dernier et encore une fois, aucune mesure générale ! Résultat: 1 PTA sur 4 bénéficiera d’une mesure individuelle et 1 sur 6 concernant les journalistes qui, faut-il le rappeler n’ont aucun automatisme mais qui, à l’occasion des nouvelles dispositions sur le temps de travail, ont bénéficié du forfait-jour rappelle la direction.

A la faiblesse des augmentations, la direction oppose la faiblesse de l’inflation: 1,1 % sur les trois dernières années. Qu’à cela ne tienne, le gâteau se rétrécit d’année en année. Les salariés encaissent des plans d’économies successifs et doivent participer au règlement sans fin de la dette nationale sans pouvoir être récompensés de leurs efforts. Jusqu’à quand l’austérité??

Pour palliatif, Force Ouvrière a demandé une prime d’intéressement pour tous les salariés au vu des résultats de l’entreprise (audiences maintenues ou en hausse, participation à la création, investissement et positionnement numérique…). Réponse de la direction: elle « aimerait pouvoir y réfléchir à l’avenir »…

S’agissant de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ; si celle-ci est à peu près respectée chez les journalistes, elle l’est moins chez les PTA. La direction a mis en exergue ces disparités à travers un focus des emplois concernés et appelle les managers à corriger les écarts.

Tout cela pourra être débattu à l’occasion du comité des salaires dont FO en demande la réforme pour en améliorer la transparence. La direction promet de faire des propositions dans ce sens.

France 3 dépôlarisé

Le plan stratégique de France Télévisions vient d’être présenté par la PDG, Delphine Ernotte Cunci, au Comité Central d’Entreprise extraordinaire de France Télévisions.

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Ce plan prévoit 11 projets pour l’avenir de l’entreprise dont la réorganisation du réseau de France 3. L’information-consultation de cette nouvelle (ré)organisation auprès des instances représentatives du personnel doit avoir lieu dès ce mois de juin. Tout devrait être achevé et mis en place avant la fin de l’année.

Les pôles de France 3 sont abandonnés au profit d’une organisation calquée sur les 13 nouvelles régions issues de la réforme territoriale.

L’établissement de Vanves par exemple qui avait été intégré au Pôle France 3 Nord-Ouest recouvrera ainsi sa région d’origine, l’Île-de-France.

La direction est consciente que cette nouvelle organisation peut provoquer des inquiétudes légitimes des personnels. Mais elle explique qu’il vaut mieux revenir « en arrière » car la réforme en pôle n’a pas produit les effets escomptés. Au contraire, en éloignant les centres de décision, elle a été génératrice de stress et de malaise au sein de l’entreprise. Pour la présidente, « la réforme par pôle n’avait vocation qu’à réaliser des économies, mais elle a de fait dénaturé la mission de service public de France 3, celle de créer et de produire de l’information et des émissions régionales ». Elle tire cette conclusion de la synthèse des assises de l’entreprise et de ses nombreuses rencontres avec les salariés. Pour la direction, il est inutile de persister dans l’erreur.

Les 24 antennes de proximité sont maintenues ainsi que l’ensemble des éditions locales, ce maillage est un atout dit-elle. Il n’est pas prévu de JT grande région. Aucune émission en langue régionale n’est amenée à disparaître. Au final, aucun changement notable ne concernerait l’éditorial. Pour la direction, il s’agit d’une réorganisation administrative. En revanche la direction concède qu’une réflexion est en cours sur l’exposition des éditions locales dont elle constate de nombreux problèmes de réception par les téléspectateurs.

Les nouveaux directeurs des grandes régions auront des compétences éditoriales, de ce fait la fonction de délégué régional aux antennes (DRA) devrait disparaître. Chaque directeur aura la liberté de composer son équipe.

Dans cette nouvelle organisation, la présidente souhaite laisser davantage d’autonomie aux régions. Chaque antenne pourra décider de sa programmation. Libre à elles de proposer ou de diffuser une ou plusieurs émissions sur un même territoire pour préserver une pertinence éditoriale et coller au mieux aux attentes du public. Autonomie aussi dans la prise de décision technique « sans pour autant empêcher un contrôle a postériori ».

L’objectif du plan stratégique est de produire en interne deux fois plus d’émissions typiquement régionales (8 % des programmes de France 3 aujourd’hui contre 20 % pour les antennes de 1ère Outre-mer) et d’exposer les régions à 35 % dans la grille de FTV (programmes nationaux à caractère régional inclus). Cette évolution doit se réaliser à coût constant et avec une perspective d’emploi très restreinte : les futurs départs à la retraite ne seront pas automatiquement remplacés. La pyramide des âges (âge moyen des salariés : 48 ans) prévoit de nombreux départs ces prochaines années.

La direction rappelle que le réseau France 3, c’est un tiers des salariés du groupe pour 10 % de la grille des programmes. Elle appelle donc ses salariés à gagner en productivité en modifiant leurs pratiques professionnelles, en étant davantage polyvalents et en exerçant des compétences complémentaires.

La présidente affirme qu’aucun plan social n’est prévu. L’annonce de la suppression de 350 ou 450 postes est fantasque. Les fonctions supports ou les personnels techniques et administratifs ne devraient pas être impactés par cette organisation, hormis « certains cadres de la direction » pour lesquels il faudra trouver des solutions.

Certains dispositifs des pôles qui ont fait leurs preuves et qui ont été bénéfiques pour l’entreprise tels que la gestion du budget ou la régulation d’activité pourraient être maintenus.

Les logos des ex-regions devraient disparaître au profit d’un logo grande région, ce qui n’ira pas sans poser quelques problèmes d’identification lors de la diffusion des journaux.

Les sièges régionaux de ces 13 nouvelles antennes ne sont pas formellement déterminés, hormis pour le Grand Est dont la direction a déclaré (après une interpellation de FO) qu’elle « ne voyait pas comment cela ne pourrait pas être Strasbourg ».

Les périmètres des instances représentatives du personnel seront forcément modifiés (CE, DP, CHS-CT) et de nouvelles élections devront avoir lieu. La direction n’a pas été très claire sur sa volonté d’appliquer ou non les bénéfices de la loi Rebsamen pour le patronat de réduction de ces institutions.

Force Ouvrière a proposé la réunion d’un Comité Central d’Entreprise extraordinaire pour discuter uniquement des impacts socio-économiques de cette nouvelle organisation pour les réseaux de France 3 qui va concerner  un quart des personnels de France Télévisions. La présidente a accepté cette demande.

Force Ouvrière France Télévisions tient une permanence pour répondre aux interrogations de tous les salariés concernant cette réorganisation de France 3. Vous pouvez nous joindre pour des informations complémentaires au 01.56.22.43.76.