France 3 dépôlarisé

Le plan stratégique de France Télévisions vient d’être présenté par la PDG, Delphine Ernotte Cunci, au Comité Central d’Entreprise extraordinaire de France Télévisions.

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Ce plan prévoit 11 projets pour l’avenir de l’entreprise dont la réorganisation du réseau de France 3. L’information-consultation de cette nouvelle (ré)organisation auprès des instances représentatives du personnel doit avoir lieu dès ce mois de juin. Tout devrait être achevé et mis en place avant la fin de l’année.

Les pôles de France 3 sont abandonnés au profit d’une organisation calquée sur les 13 nouvelles régions issues de la réforme territoriale.

L’établissement de Vanves par exemple qui avait été intégré au Pôle France 3 Nord-Ouest recouvrera ainsi sa région d’origine, l’Île-de-France.

La direction est consciente que cette nouvelle organisation peut provoquer des inquiétudes légitimes des personnels. Mais elle explique qu’il vaut mieux revenir « en arrière » car la réforme en pôle n’a pas produit les effets escomptés. Au contraire, en éloignant les centres de décision, elle a été génératrice de stress et de malaise au sein de l’entreprise. Pour la présidente, « la réforme par pôle n’avait vocation qu’à réaliser des économies, mais elle a de fait dénaturé la mission de service public de France 3, celle de créer et de produire de l’information et des émissions régionales ». Elle tire cette conclusion de la synthèse des assises de l’entreprise et de ses nombreuses rencontres avec les salariés. Pour la direction, il est inutile de persister dans l’erreur.

Les 24 antennes de proximité sont maintenues ainsi que l’ensemble des éditions locales, ce maillage est un atout dit-elle. Il n’est pas prévu de JT grande région. Aucune émission en langue régionale n’est amenée à disparaître. Au final, aucun changement notable ne concernerait l’éditorial. Pour la direction, il s’agit d’une réorganisation administrative. En revanche la direction concède qu’une réflexion est en cours sur l’exposition des éditions locales dont elle constate de nombreux problèmes de réception par les téléspectateurs.

Les nouveaux directeurs des grandes régions auront des compétences éditoriales, de ce fait la fonction de délégué régional aux antennes (DRA) devrait disparaître. Chaque directeur aura la liberté de composer son équipe.

Dans cette nouvelle organisation, la présidente souhaite laisser davantage d’autonomie aux régions. Chaque antenne pourra décider de sa programmation. Libre à elles de proposer ou de diffuser une ou plusieurs émissions sur un même territoire pour préserver une pertinence éditoriale et coller au mieux aux attentes du public. Autonomie aussi dans la prise de décision technique « sans pour autant empêcher un contrôle a postériori ».

L’objectif du plan stratégique est de produire en interne deux fois plus d’émissions typiquement régionales (8 % des programmes de France 3 aujourd’hui contre 20 % pour les antennes de 1ère Outre-mer) et d’exposer les régions à 35 % dans la grille de FTV (programmes nationaux à caractère régional inclus). Cette évolution doit se réaliser à coût constant et avec une perspective d’emploi très restreinte : les futurs départs à la retraite ne seront pas automatiquement remplacés. La pyramide des âges (âge moyen des salariés : 48 ans) prévoit de nombreux départs ces prochaines années.

La direction rappelle que le réseau France 3, c’est un tiers des salariés du groupe pour 10 % de la grille des programmes. Elle appelle donc ses salariés à gagner en productivité en modifiant leurs pratiques professionnelles, en étant davantage polyvalents et en exerçant des compétences complémentaires.

La présidente affirme qu’aucun plan social n’est prévu. L’annonce de la suppression de 350 ou 450 postes est fantasque. Les fonctions supports ou les personnels techniques et administratifs ne devraient pas être impactés par cette organisation, hormis « certains cadres de la direction » pour lesquels il faudra trouver des solutions.

Certains dispositifs des pôles qui ont fait leurs preuves et qui ont été bénéfiques pour l’entreprise tels que la gestion du budget ou la régulation d’activité pourraient être maintenus.

Les logos des ex-regions devraient disparaître au profit d’un logo grande région, ce qui n’ira pas sans poser quelques problèmes d’identification lors de la diffusion des journaux.

Les sièges régionaux de ces 13 nouvelles antennes ne sont pas formellement déterminés, hormis pour le Grand Est dont la direction a déclaré (après une interpellation de FO) qu’elle « ne voyait pas comment cela ne pourrait pas être Strasbourg ».

Les périmètres des instances représentatives du personnel seront forcément modifiés (CE, DP, CHS-CT) et de nouvelles élections devront avoir lieu. La direction n’a pas été très claire sur sa volonté d’appliquer ou non les bénéfices de la loi Rebsamen pour le patronat de réduction de ces institutions.

Force Ouvrière a proposé la réunion d’un Comité Central d’Entreprise extraordinaire pour discuter uniquement des impacts socio-économiques de cette nouvelle organisation pour les réseaux de France 3 qui va concerner  un quart des personnels de France Télévisions. La présidente a accepté cette demande.

Force Ouvrière France Télévisions tient une permanence pour répondre aux interrogations de tous les salariés concernant cette réorganisation de France 3. Vous pouvez nous joindre pour des informations complémentaires au 01.56.22.43.76.

Liminaire FO au CCE de France Télévisions : A chacun sa stratégie

Madame La Présidente ! Aujourd’hui, vous venez avec votre stratégie, c’est la vôtre !

Il n’est pas question pour nous de la suivre forcément…

Mais aujourd’hui avec Force Ouvrière, nous venons aussi avec notre stratégie : nous allons l’exposer.

Force Ouvrière est un syndicat ouvrier. Et même si pour de nombreuses personnes le mot « ouvrier » est un mot tabou, nous considérons à FO que nous sommes tous des ouvriers : cadres, PTA, journalistes, CDI ou CDD.

Ce n’est pas parce que la société veut nous faire croire qu’il n’y a plus de classe « ouvrière » (remplacée par ce que nous appelons communément « des employés »), qu’il n’y a plus des « classes » et que la vision du Patronat et des représentants des ouvriers se rejoignent. C’est bien tout le contraire, nous avons une autre conception du progrès social et nous ne sommes pas dupes du modèle de société qu’on nous propose.

Etienne Chouard, Professeur de Droit et d’Economie, l’explique. Le patronat et les hommes politiques d’aujourd’hui servent d’abord leurs intérêts. Et d’ailleurs, tout se passe à merveille  pour eux : le chômage est à un niveau qui permet de faire du chantage aux ouvriers en leur expliquant qu’on ne peut pas les payer d’avantage. La Sécurité Sociale est détricotée. Dans le même temps, 1% de la population mondiale détient 99% de la richesse mondiale. Une richesse en augmentation. Pourquoi voulez-vous changer la donne ? Tout est sous contrôle ! Les banquiers sont exemptés de droit et peuvent tout se permettre, même celui de se présenter à des élections présidentielles. Pourquoi les banques achètent Libération, Le Monde. Pourquoi, le Crédit Mutuel achète le quart Nord-Est de la presse quotidienne et régionale (PQR) ? Pourquoi l’Etat met-il tant de temps à s’occuper de France Télévisions au travers d’un Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM), si ce n’est pour servir d’abord les intérêts de ses représentants qui ne sont pas forcément ceux des salariés.

C’est pour gagner les élections évidemment ! Ce que veulent les hommes politiques avec notre télévision c’est se voir !

Ils ont compris qu’en passant à la télévision et notamment à France Télévisions de droite ou de gauche, ils pouvaient se faire élire pour servir leurs propres intérêts. Mais qu’en est-il des intérêts du peuple ?

C’est pour cette raison que Force Ouvrière se bat encore aujourd’hui pour le retrait de la Loi El Khomri, que FO s’est battu contre la Loi Rebsamen, l’ANI, qui ne sont que des régressions sociales et dont nous verrons les effets néfastes ici-même lorsque vous annoncerez le fatidique mot « info-consultations » et qu’à ce moment-là, le chronomètre de votre mise en œuvre commencera, sans que nous puissions réellement inverser la tendance de vos choix, si ce n’est par le rapport de force auquel on nous contraint encore et toujours. Les organisations qui ont collaboré aux reculs sociaux et démocratiques ont des responsabilités lourdes. Mais chacun sait socialement qu’aujourd’hui on cherche plutôt des maîtres que de voter des lois pour et en faveur du peuple. Sans doute le besoin de protection, dans un monde qu’on nous décrit en crise, mais qui a toujours été en crise depuis qu’il existe.

C’est pourquoi Force Ouvrière s’élève contre la Réforme Territoriale : une hérésie démocratique que nient les peuples, l’histoire et les identités françaises. C’est tellement vrai que le congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe a condamné la France par 143 voix (et seulement 2 contre) pour violation de la charte européenne en fusionnant les régions sans consultation ni concertation. Le Congrès invite à revoir le processus des consultations des représentants directs dans les collectivités locales et régionales. Il est d’ailleurs étrange que la presse nationale, y compris à France Télévisions, ne se soit pas emparée de ce sujet. Mais sans doute n’était–ce pas dans l’intérêt de beaucoup ? Dans ces conditions, comment être favorable, à un redécoupage des antennes de France Télévisions que nous ne souhaitons pas et que nous ne voulons pas, car les nouvelles régions nient ostensiblement les peuples et les populations diverses qui les composent. Le dessein nationaliste est toujours le même : une recentralisation à outrance des pouvoirs et des moyens.

Au contraire de notre côté, nous pensons, surtout en terme d’information et de programmes que la proximité c’est moderne ! Qu’il faut coller éditorialement à notre public. Que la pertinence éditoriale de notre mission de service public peut-être une région, une langue vernaculaire, une ville, et même le quartier d’une ville.

Pour le faire, France Télévisions doit avoir les moyens financiers pérennes et en augmentation et doit redonner une visibilité claire à ses chaînes :

  • France 2 : chaîne généraliste d’intérêt national
  • France 3 et les 1ères Outremers : chaîne régionale de proximité
  • France 4 : chaîne des nouvelles écritures et de la jeunesse
  • France 5 : chaîne des savoirs et de la science
  • France Ô : chaîne des identités culturelles des outremers, c’est la vitrine des outremers de l’Hexagone
  • France Info : la chaîne d’info sur tous les supports du service public

Un budget pérenne, ça veut dire quoi ? Ça veut dire le retour à la publicité après 20 heures, ça veut dire une redevance en hausse. C’est l’inverse qui est proposé.

De même, pour réaliser correctement nos missions, il faut maintenant l’emploi, c’est notre priorité ! Pour cela, vous devez vous en engager dans un pacte de production qui donne la priorité aux personnels de France Télévisions. Nous avons les moyens, l’expérience, l’envie, le savoir-faire nécessaire, les compétences pour produire et créer en interne nos reportages d’information et nos programmes de télévisions. Nous sommes choqués et écœurés lorsque nous découvrons par hasard que des produits télévisuels destinés à nos antennes sont produits à l’extérieur sans même que nos équipes n’aient été consultées : c’est un scandale, c’est une trahison.

Nous n’accepterons aucun chantage à l’emploi ! Nous n’accepterons pas que vous opposiez des salariés à d’autres ! Nous n’accepterons pas que les effectifs de France Télévisions baissent encore : nous sommes à l’os et nous n’avons pas de gras contrairement à ce que l’Etat veut bien nous faire croire.

Ainsi, il nous apparaît difficile de fusionner les rédactions de France 2 et France 3. Les journalistes de France 2 ou France 3 sont d’accord pour trouver des synergies, ou pour se parler. Evidement certains sujets peuvent se mutualiser. Mais derrière la fusion des rédactions, nous souhaitons le maintien de toutes les éditions France 3 et de leurs spécificités dans le traitement de l’information.

Enfin, puisque nous parlons d’emploi, nous ne pouvons pas terminer ce liminaire sans parler des salariés intermittents du spectacle et des CDD de notre entreprise qui représentent environ 14 % de nos personnels.

Vous ne pouvez pas maintenir ces salariés dans la précarité. Nous exigeons l’intégration immédiate de tous les CDD historiques.

S’il y a bien une preuve qu’il y a bien une lutte des classes aujourd’hui, elle est ici.

Les livres d’histoire parleront plus tard de ce patronat qui maintenait dans la précarité sans perspectives du lendemain des ouvriers corvéables à merci.

Cela doit cesser immédiatement, comme doit cesser les disparités entre les hommes et les femmes ! Il n’est pas admissible que nos épouses, nos filles, nos sœurs, nos collègues soient maintenues dans cette disparité. A Force Ouvrière, cela nous fait horreur !

Les livres d’histoire parleront aussi plus tard de ces salariés dont on ne faisait pas évoluer leur salaire.

A Force Ouvrière, nous revendiquons toujours une augmentation générale des salaires et une prime d’intéressement dans le cadre de la création de la « chaîne France Info »  qui nous demande des efforts. La valorisation du travail passe par la revalorisation salariale.

Vous voulez changez les choses ? Alors faites-le maintenant mais dans le sens des salariés !

Lu par Eric Vial, Délégué Syndical Central et élu du CCE France 3 Pôle Nord-est au nom des élus Catherine Reggianini (France 3 Pôle Nord-est), Georges Rochette (1ère Polynésie), François Ormain (France 3 Pôle Nord-ouest), Jean-Michel Seybald (Représentant FO au CCE).

Michel Field : l’art et la manière

M. Field ombreLa plus grande rédaction de France doit-elle condamner son directeur de l’info suite aux propos de ces jours derniers ? Pour Force Ouvrière France Télévisions, ce n’est pas aussi simple. Certes, nous déplorons évidemment ce qui a amené à la situation d’aujourd’hui :

– tout d’abord, les contradictions (par rapport au choix du nom de la future chaîne info, concernant la gestion de l’avenir « d’envoyé spécial »)

– la façon dont a été gérée l’émission « dialogues citoyens » sur France 2 (avec l’éviction de deux invités parmi les six prévus)

– ou encore la désinvolture (en particulier sur le plateau de Canal Plus).

Mais nous constatons aussi que certaines choses ont été comprises… comme notre directeur de l’info le dit ce dimanche dans les colonnes du Parisien : nous retenons notamment le fait qu’il renonce finalement à externaliser le projet de rendez-vous politique du jeudi.

Au-delà, Force Ouvrière pose deux autres questions :

 – est-ce aux salariés à donner un veto au mandat de leurs encadrants ?

Pour notre syndicat, c’est clair : le choix d’un dirigeant est la prérogative de la direction… mais, en corolaire, celle-ci doit veiller également à ce que ce choix soit cohérent, et que l’émission se déroule sans désordre

– et dans l’hypothèse où il soit judicieux que les salariés s’expriment, est-ce normal que le vote soit cantonné aux seuls journalistes parisiens ?

FO rappelle à celles et ceux qui l’auraient oublié que Michel Field dirige l’information de tout France Télévisions  (y compris les régions et l’outre-mer), et qu’une question telle que celle-ci ne concerne donc pas que les seuls journalistes parisiens… mais bien toutes les professions qui pourraient être impactées.

C’est donc très clair : un vote ainsi cantonné n’a donc pas de légitimité pour engager l’ensemble des salariés, et n’a donc pas un grand intérêt.

France Télévisions , nouvel organe officiel de l’Elysée ?

La nouvelle émission « Dialogue Citoyen » avec François Hollande prévue demain soir sur France 2 vire au fiasco. Pas un jour sans son lot de révélations. 

Hier la presse nous apprenait que deux invités avaient été étrangement « décommandés » par Michel Field, le directeur de l’information de France Télévisions. Il s’agit d’un agriculteur et de Nadine Hourmant, déléguée syndicale Force Ouvrière (FO) du volailler Doux. Elle s’est fait connaitre médiatiquement en septembre 2014 lors de sa participation à l’émission « Des Paroles et Des Actes ». Face à Jean-Christophe Cambadélis, Marine Le Pen, Nathalie Kosciusko-Morizet et François Bayrou, elle n’a pas mâché ses mots : « Est-ce que vous savez ce que c’est que d’être payé à 9,90 euros de l’heure? Est-ce que vous savez ce que c’est un retraité qui a travaillé pendant plus de 40 ans et qui perçoit moins de 1200 euros? Vous, les politiques, vous êtes déconnectés du terrain, vous ne savez pas ce que c’est que la vraie vie ».

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Dans le même temps des témoignages de journalistes, sous couvert d’anonymat, expliquent dans la presse que « le conducteur de l’émission a été envoyé à l’Elysée ». De là à penser que « le château » a sélectionné ses interlocuteurs, il n’y a qu’un pas.

Selon le journal Le Monde, la direction de l’information nie avoir subi des pressions de la présidence pour «décommander» ces invités. Elle explique que le sujet de l’agriculture ayant été écarté des thèmes de l’émission, les invités y afférant n’ont plus lieu d’être.

Dans tous les cas, que ce soit une demande de l’Elysée ou une demande de la direction de l’information, ces évictions au dernier moment peuvent être considérées comme graves, très graves. Totalement anti-démocratique d’un côté, au mieux amateurisme de l’autre, l’image de notre entreprise en ressort dégradée. Et tout cela au bout du compte pour ne pas donner la parole à Force Ouvrière ?

Le syndicat Force Ouvrière France Télévisions a joint sa camarade, Nadine Hourmant, la déléguée de FO Doux qui devait intervenir lors de cette émission.

Voici son témoignage :

FO-FTV : Bonjour Nadine, tu as vu la polémique qui est née dans la presse suite à ton éviction de l’émission. D’après toi qui est intervenu ?

Nadine Hourmant : Pour moi il ne peut s’agir que de l’Elysée. Le journaliste qui m’avait contactée il y a quelques mois m’avait affirmé que « le profil des intervenants n’étaient pas remis à l’Elysée ». Je lui avais dit : « est-ce que le Président de la République est au courant que c’est moi qui participe, sinon je doute qu’il accepte de dialoguer avec moi ? ».

FO-FTV : Pourquoi ces doutes ?

NH : Ma prestation en septembre 2014 dans « Des Paroles et Des Actes » a marqué les esprits. J’avais particulièrement été vindicative. Je n’ai pas peur. J’aurais dit ce que je pense au Président de la République, il le savait. Le journaliste qui a repris contact avec moi m’a justement affirmée que c’est pour « mon franc-parler et ma liberté de ton que France 2 souhaitait me réinviter ».

FO-FTV : Quand est-ce que France 2 a repris contact avec toi ?

NH : C’était au mois de février. Au départ il s’agissait d’une émission avec François Hollande pour « Des Paroles et Des Actes ». Fin février, début mars, j’ai été informée du nouveau concept de l’émission. Le journaliste a vraiment été très pro. Il m’a rassurée, m’a expliquée le déroulement. Je ne veux pas citer son nom car je ne veux pas qu’il ait des problèmes dans son boulot. Je veux saluer la qualité de nos échanges.

FO-FTV : Tu devais intervenir sur quoi ?

NH : Sur la Loi El Khomri, la loi Travail. J’ai lu dans la presse que je devais intervenir sur l’agriculture. C’est faux, archi faux ! Jamais nous n’avons parlé d’une intervention sur l’agriculture dans cette émission. D’ailleurs ce n’est absolument pas mon rayon ! Je n’y connais rien en agriculture ! Je suis déléguée d’une entreprise dans l’industrie agro-alimentaire. Je travaille dans l’industrie pas dans l’agriculture. Non, non, non je vous le dis, je devais intervenir sur la loi El Khomri, loi Travail. Mon intervention était d’ailleurs déjà calée.

FO-FTV : Ah bon, et quelle en était la teneur ?

NH : Je devais intervenir sur la hiérarchie des normes (ndrl remis en cause par la Loi El Khomri), sur les licenciements et sur le pacte de responsabilité. J’en avais informé le journaliste avec qui j’étais en contact. Aucune question ne m’a été imposée, je peux l’affirmer. Nous avons juste discuté du canevas de mes propos.

FO-FTV : Mais ton intervention était-elle vraiment calée ?

NH : J’ai eu une confirmation de ma participation à l’émission du jeudi 14 avril au mois de mars. Une équipe de France 3 Brest Iroise m’a suivie lors de la manifestation du 31 mars dernier contre la Loi Travail. Ils m’ont demandé de faire des interviews. Tout s’est parfaitement déroulé. J’avais affaire à des pros. Je n’ai eu aucune remarque particulière. J’ai aussi dans mon portable un SMS d’une équipe de France 2 qui m’annonce sa venue pour me suivre le 8 avril. En revanche, ce reportage n’a jamais eu lieu.

FO-FTV : Qu’est-ce qui s’est passé ?

NH : J’ai eu un coup de téléphone, je pense qu’il s’agit du rédacteur-en-chef de l’émission, m’annonçant que « ma candidature n’était plus retenue pour l’émission ». J’ai été assez surprise, mais il m’a dit que j’allais recevoir un autre coup de téléphone pour « faire un retour et tout m’expliquer ». J’attends encore ce « retour ».

FO-FTV : Tu veux dire qu’en dehors de cet appel téléphonique, personne de France 2 ne t’a joint depuis ton éviction ?

NH : Personne. Enfin personne… Si. J’ai eu des copains journalistes qui m’ont appelé et qui m’ont exprimé leur soutien pour me dire que ce qu’on me faisait était « dégueulasse » et qu’ils demandaient « pardon » pour l’attitude de France Télévisions…

FO-FTV : Comment expliques-tu cette éviction ?

NH : Je ne me fais aucune illusion : l’Elysée a refusé de dialoguer avec moi, mais au-delà avec FO. Les prises de position de Force Ouvrière contre la Loi Travail font grincer des dents au gouvernement. On ne s’est pas couché comme d’autres. Résultat, le gouvernement veut sacquer FO. Tout le monde le sait ! Nous payons notre liberté et notre indépendance. Il ne fait pas bon dire les quatre vérités à ce gouvernement dit de Gauche. Et moi, je ne me gêne pas. Le Foll, Macron, le Drian lorsqu’ils sont venus chez Doux je les ai tous cartonnés ! Ils s’en souviennent encore.

FO-FTV : Tu penses vraiment que c’est contre FO cette éviction, après tout il y a eu un autre invité aussi qui a fait les frais de « la réorganisation de l’émission » ?

NH : (en riant) Ah oui, c’est peut-être contre la Bretagne alors ! Les deux invités supprimés sont bretons… Un du Finistère, un des Côtes-d’Armor… J’ai eu au téléphone le collègue agriculteur (Nicolas Leborgne) qui devait intervenir. Apparemment lui aussi n’avait pas sa langue dans sa poche. Il avait eu « des mots » avec Le Foll. « Des mots » assez francs. Ceci explique sans doute cela… Et puis apparemment lui non plus ne devait pas parler d’agriculture…

FO-FTV : Comment te sens-tu aujourd’hui ?

NH : Je suis très attristée. On m’avait promis que François Hollande ne connaitrait pas le profil des intervenants. J’y allais justement parce qu’on me considérait comme « un électron libre ». Or, j’apprends que le conducteur de l’émission a peut-être été envoyé à l’Elysée, c’est une drôle de pratique non ?

FO-FTV : Tu remets en doute l’indépendance de France 2 vis-à-vis du pouvoir ?

NH : Là c’est à vous de répondre à la question mes camarades. Mais je crois que vous connaissez la réponse à votre question… En tout cas on peut dire que, si le but c’était de ne pas faire de vagues, et bien c’est raté ! Je veux juste préciser que je suis actuellement à Paris et que je peux venir sans aucun problème pour l’émission…

L’Offre d’Information en Continue (LOIC) : Loic, c’est parti !

Le processus d’information/consultation des instances représentatives du personnel sur le projet de lancement de la chaîne information vient de s’achever.

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Au Comité Central d’Entreprise, les élus FO-CGT-SNJ ont voté un avis qui permet la création d’une commission de suivi et de mise en œuvre de la nouvelle chaîne d’information à laquelle les représentants du personnel seront amenés à être contributeurs. L’avis permet également la poursuite des négociations concernant les nouveaux métiers induits par la création de la chaîne afin de lutter contre les polyvalences à outrance.

Force Ouvrière France Télévisions exige une prime d’intéressement pour tous les personnels de l’entreprise.

Désormais, plus rien ne s’oppose à la naissance et à la mise en œuvre de « France Info ».

C’est le moment de vous proposer une revue de détail du projet :

L’emploi ?

167 postes sont dédiés à la nouvelle chaîne d’information de France Télévisions.

Force Ouvrière vient d’obtenir 8 postes supplémentaires de chefs-monteurs soit un total de 175 postes mais pour nous le compte n’y est toujours pas.

50 % de ces postes sont des redéploiements, 50 % des embauches extérieures. Le projet va permettre la création de près de 90 emplois au total. Après des années de disette, c’est une excellente nouvelle.

Dès ce lundi, les postes seront mis en consultation et la campagne d’embauche pourra commencer.

Notre syndicat estime qu’au moins 1500 personnes vont postuler en interne et en externe. Nous avons exigé de la direction qu’elle réponde à toutes les demandes.

Le budget ?

Selon la direction, qui corrobore l’estimation du Cabinet Secafi, le surcoût opérationnel de la chaîne d’information est estimé à 13 millions d’€ pour notre entreprise.

Force Ouvrière a fait remarquer à la direction qu’il faudra donc trouver une solution rapide pour financer ce surplus sans mettre en péril l’équilibre budgétaire de France Télévisions.

Un canal TNT ?

La présidente de France Télévisions a consenti que depuis plusieurs semaines le débat de la création de la chaîne tout info s’était concentré sur l’obtention ou pas d’un canal TNT.

Elle a répondu aux critiques de FO en expliquant qu’elle ne souhaitait pas s’écarter du projet initial qui est la création d’une offre d’information en continue notamment numérique. Le canal TNT étant un bonus, un plus.

Une solution technique pourrait permettre à France Télévisions d’obtenir un canal TNT mais l’Etat doit obligatoirement préempter une chaîne sur le spectre de fréquences. Pour l’instant rien n’est décidé !

Le nom ?

Delphine Ernotte Cunci a clairement exprimé sa préférence pour la marque « France Info ». La « marque » d’offre d’information en continue se compose de trois médias : télévision, radio, numérique.

La présidente de France Télévisions a expliqué ne pas vouloir se départir du mot France. Le nom France TV info étant impossible pour une radio, la marque « France Info » s’est imposée d’elle-même.

Elle ne craint pas les probables confusions.

Une nouvelle charte sonore, visuelle et graphique de « France Info » est à l’étude. La marque dont la notoriété est importante et sa notabilité ancienne va pourtant devoir incarner la nouveauté.

Le propriétaire de la marque ?

France Télévisions souhaite pouvoir « maîtriser » la marque « France Info » détenue actuellement par le Groupe Radio France.

La présidente de France Télévisions explique qu’à partir du moment où « notre entreprise est éditeur, il faut pouvoir maîtriser la marque ».

Les deux medias du service public sont actuellement en discussions pour devenir copropriétaires de la marque (à part égal selon nos informations). Le magazine Les Echos relate que « Radio France pourrait obtenir une forme de compensation, financière ou autre, pour l’utilisation d’un nom qu’elle a façonné depuis presque 30 ans ».

La gouvernance ?

Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions serait la « responsable éditoriale » de la partie télévisuelle et numérique de « France Info ».

Matthieu Gallet, président de Radio France, conserverait la direction de la partie radio de la future offre d’info publique.

L’organisation de « France Info » se composerait d’un :

  • Comité des partenaires (France Télévisions, Radio France, INA et France Media Monde).
  • Un comité éditorial (chargé de la ligne éditoriale, de la couverture des évènements, et de la supervision des projets).
  • Une direction de projets télévisuels.
  • Une direction chargée de la partie numérique.

« Une charte de gouvernance » est actuellement à l’écriture.

Le statut juridique ?

C’est par une convention ou un contrat, qui est toujours à l’écriture, que les sociétés partenaires de « France Info » souhaitent définir le rôle de chacun. « C’est un projet solidaire du service public » explique Delphine Ernotte Cunci.

« France Info » ne peut donc pas être considérée comme une société à part entière, ou comme une filiale du service public, mais plutôt comme une association des sociétés de l’audiovisuel public.

D’autres partenaires seront peut-être amenés à collaborer à « France Info ». La présidente de France Télévisions a parlé d’Arte, de la Chaîne Parlementaire et de Public Sénat.

Evidemment l’ensemble de ces éléments est encore à prendre avec des pincettes. Mais il semble d’ores et déjà que l’offre d’information en continue sera lancée dès le 1er septembre 2016 à 18 heures.

Préalable FO au CCE du 7 avril 2016 : la médiocratie ne passera pas par France Télévisions

La médiocratie c’est le stade moyen hissé au rang d’autorité.

C’est le philosophe québécois Alain Deneault qui l’a défini parfaitement et qui en explique les mécanismes.

La médiocratie est partout. En politique avec des élus qui s’augmentent de 4000€/mois en étant choqués de pouvoir choquer. Dans l’enseignement avec des Universités qui se jugent sur le nombre de leurs publications. Dans les entreprises.

Les organisations syndicales sont les institutions qui luttent contre cette médiocratie ambiante dans le travail.

La division et l’industrialisation du travail ont largement contribué à l’avènement du pouvoir médiocre. Karl Marx l’explique dès 1849 dans le Capital. Nous voudrions exercer un parallèle sur la situation à France Télévisions.

Les salariés ont le sentiment justifié, oui, un sentiment prégnant que la direction veut réduire notre travail, à une simple force, puis à une unité de mesure abstraite afin d’en évaluer un coût. Cette situation désensibilise les travailleurs à la valeur du travail. Résultat, nos métiers se perdent et notre syndicat est là pour défendre les métiers.

Ainsi nous pouvons faire de la télévision sans pour autant la regarder : la fierté du travail bien fait disparaît.

Nous en voulons pour preuve, le projet de chaîne tout info dont nous allons débattre largement aujourd’hui. D’un sujet et d’un projet pourtant motivant pour les salariés, il est devenu complétement déshumanisé.

Force Ouvrière France Télévisions est favorable à la naissance d’une offre d’information du service public à condition qu’elle soit innovante, qu’elle concerne l’ensemble de l’entreprise, et qu’elle ne mette pas en péril l’existence de nos chaînes.

Aujourd’hui, nous doutons du projet innovant de la chaîne info, notamment depuis que France Télévisions est quasiment certain d’obtenir un canal TNT. L’essence même du projet initial semble s’être perdue dans les limbes.

Force Ouvrière souhaite toujours aller chercher des nouveaux publics, élargir l’offre délinéarisée, et se projeter dans de nouvelles écritures pour l’information.

Nous ne voulons pas d’un simple copié-collé des pratiques éditoriales des autres chaînes d’information du secteur privé.

Nous saluons le travail précis et instructif des rapports SECAFI et de la Commission économique du CCE. Ils apportent des réponses précises mais pointent du doigt aussi des carences, notamment budgétaires et notamment concernant l’intégration des réseaux dans le projet à laquelle la direction n’a toujours pas répondu. Combien va coûter cette chaîne d’information ? Nous voulons des réponses.

De même, comment peut-on mettre en œuvre un lancement de cette offre d’information en réduisant fortement le nombre de chefs-monteurs sur l’émission Télématin au profit de rédacteurs qui effectueraient des sujets pour la chaîne d’information et diffusés également sur France 2. L’appauvrissement technique et éditorial serait alors au rendez-vous. C’est cela la médiocratie. C’est ce que nous refusons. Les métiers sont importants. C’est pourquoi nous exigeons de revoir l’avenant n°7 et la poursuite des négociations sur ce sujet.

Aussi, nous avons été particulièrement surpris de l’initiative de la SDJ, initiative louable, de ne s’adresser qu’aux journalistes du Siège concernant le nom de la future chaîne d’information. Pourquoi avoir consulté uniquement les journalistes du Siège ?

La chaîne info n’est-elle pas aussi un projet qui concerne les journalistes des réseaux régionaux et d’outremer. Les Personnels Techniques et Administratifs ne sont-ils pas aussi contributeurs de cette chaîne ? Ou alors est-ce que l’avis des provinciaux ne vaut rien ? Sont-ce des quantités négligeables dont l’avis ne compte pas ?

Nous pensons à FO que tous les salariés dans l’entreprise sont concernés par la chaîne info. Nous proposons d’élargir cette consultation à l’ensemble des personnels, notamment parce que beaucoup se sont sentis discriminés.

Le nom de la chaîne a fait polémique. Nous considérons à FO que chacun doit rester à sa place, dans l’exercice de son métier. Nous avons en interne des personnels compétents chargés du marketing qui sont à même de trouver le nom de la marque de la future chaîne info. De fait, appeler une chaîne France 6 (Francis) après France 4, France 5 est impossible en raison du jeu de mot amusant.

D’ailleurs pour être honnête c’est surtout les personnels de France Info qui doivent se sentir dépossédés de cette marque aujourd’hui qu’ils ont défendu dans leur groupe. C’est plutôt à eux d’exprimer le choix  et de nous livrer ce nom ou pas.

« France Info » est une très belle marque. Elle est connue et reconnue. Si ce nom est choisi pour la chaîne info, cela marquera le rapprochement de l’audiovisuel public dans un projet commun. C’est d’ailleurs le désir qu’expriment les parlementaires au travers du rapport Gattolin.

Le démantèlement de l’ORTF, en 1974, au moment de la Présidence de Monsieur Giscard d’Estaing avait été critiqué par la CGT-FO. Il semble que le Gouvernement actuel souhaite de nouveau associer les entreprises de l’audiovisuel public. Notre syndicat ne peut se montrer défavorable à ce projet.

Nous avons un intérêt convergent, dans un contexte de concurrence accrue, à réunir les forces de l’audiovisuel public car notre voix est radicalement différente de celle du secteur privé, dans ses valeurs et dans ses choix éditoriaux.

Il y aura donc une chaîne info. Saluons cette naissance !

Pour l’instant ce n’est qu’un projet. Tout ne pourra pas être parfait et réussi le 1er septembre 2016. C’est certain, il y aura des bugs et des choses à revoir. C’est pourquoi, nous proposons à FO, la constitution d’une commission de suivi, d’un groupe de travail. Une commission exécutive à laquelle doivent être associés tous les personnels.

Ce groupe doit avoir des pouvoirs élargis de contrôle sur la qualité des prestations techniques et artistiques de la nouvelle chaîne. Nous devons être en capacité de nous adapter rapidement et de modifier ce qui n’ira pas. La chaîne info ne s’arrête pas le 1er septembre, au contraire, c’est là que tout commence.

Les personnels attendent beaucoup de cette nouvelle offre d’information. Dans notre bureau, nous avons tous les jours des témoignages de personnels qui nous affirment postuler spontanément. La direction aura aussi à suivre ces dossiers et à répondre à toutes les demandes.

Dans ce liminaire, Force Ouvrière souhaite également vous demander des explications Mme la Présidente sur une affaire qui a particulièrement nui à France Télévisions.

Selon l’édition du 16 mars dernier du Canard Enchainé, la diffusion sur nos antennes d’une série de clips mettant en scène quelques figures emblématiques de France Télévisions, réalisés à l’occasion de la journée du Droit des Femmes, a été entachée par des conflits d’intérêts très embarrassants. Apparemment même dans ces domaines les femmes peuvent être les égales des hommes.

Les sommes concernées sont faibles, mais cela a été préjudiciable pour les personnels qui ont subi les quolibets des travailleurs de l’extérieur de France Télévisions. Alors nous vous le demandons franchement, afin que la direction puisse s’expliquer, y a-t-il eu oui ou non favoritisme dans l’attribution d’une subvention à une fondation et dans l’attribution d’un marché à une société de production pour la réalisation de ces clips ?

En tout cas, il ne suffit pas de réaliser des clips sur le droit des femmes pour se dédouaner de s’appliquer ces conseils au sein de notre entreprise. Nous pouvons le dire, hélas, dans ce domaine, il y a encore bien à faire à France Télévisions.

Des jeunes femmes qui cumulent plus de 2500 jours de travail et qui ne sont toujours pas embauchées. Des femmes qui sont bringuebalées, de ville en ville, certaines en continuant à allaiter leur bébé, et qui ne peuvent pas refuser le travail précaire qu’on veut bien leur donner, ne sont toujours pas embauchées ni écoutées.

Des femmes qui sont toujours en retard salarial ou de positionnement hiérarchique sous prétexte d’avoir fait des enfants et d’avoir travaillé un moment à temps partiel, ne sont toujours pas reconnues.

Enfin, nous avons une dernière interrogation concernant les artistes particulièrement malmenés actuellement dans la renégociation des annexes 8 et 10.

France Télévisions vient de participer à la renégociation de la convention collective des artistes interprètes pour les émissions de télévision.

Les modalités de rémunération des artistes ont changé. Précédemment comme le prescrit toujours le code de la propriété intellectuelle, ils bénéficiaient d’un complément de cachet pour chaque rediffusion. Ils bénéficient aujourd’hui d’un forfait pour 6 passages seulement, c’est-à-dire une baisse drastique de leur salaire. Nous souhaiterions connaître, au nom de notre Fédération, la position de France Télévisions à ce sujet et la manière dont nos chaînes, particulièrement contributrices pour les artistes, comptent pallier à cette perte de salaire pour les artistes interprètes.

Comme vous le constatez, Force Ouvrière France Télévisions reste positif et se veut réformateur et pas « réformiste », nous resterons vigilants pour défendre les intérêts de tous les salariés.

Lu par Eric Vial, Délégué Syndical Central et élu du CCE France 3 Pôle Nord-est au nom des élus Catherine Reggianini (France 3 Pôle Nord-est), Georges Rochette (1ère Polynésie), François Ormain (France 3 Pôle Nord-ouest), Jean-Michel Seybald (Représentant FO au CCE).

Métiers artistiques : la direction lâche un peu !

Hier s’est tenue au siège de France Télévisions à Paris, la commission de suivi de l’accord concernant les métiers artistiques (adjoint au producteur artistique, animateur radio, animateur et présentateur TV, directeur photo, producteur artistique, programmateur radio, réalisateur d’émission, réalisateur d’habillage et d’autopromotion). L’occasion pour Force Ouvrière, promoteur de l’accord, de demander des explications concernant le suivi des dossiers individuels de transposition et de ses applications.

  • Concernant les transpositions

Au total, sur France Télévisions, 80 salariés sont concernés par la transposition des métiers artistiques.

La direction affirme que tous les salariés, sauf en Guadeloupe, ont reçu leur avenant au contrat de travail dans le cadre de la transposition.

Pour le réseau Outremer 1ère, la direction a reçu seulement 4 contestations.

Pour le réseau France 3, 50 % des salariés concernés contestent leur avenant notamment en Corse, et dans le Pôle Sud-Ouest.

Pour France 2 : aucune contestation.

Attention : si un salarié ne conteste pas, même s’il ne signe pas sa transposition, l’avenant est considéré comme valable. C’est le principe de « qui ne dit mot consent ».

  • Concernant les contestations

Au total, un peu moins d’une vingtaine de salariés contestent leur avenant. L’argument, qu’ils soulèvent : la non reconnaissance de l’expérience dans la profession.

Notre syndicat constate que de nombreux salariés se retrouvent positionnés en « accès » malgré de nombreuses années d’expériences sur l’emploi. FO exige que conformément à l’accord collectif, les salariés métiers artistiques bénéficiant d’une expérience d’au moins 5 ans dans la profession soient transposés a minima sur le premier niveau de la grille « confirmé », exactement comme pour les PTA.

La direction objecte que de nombreux salariés bénéficient déjà d’une réévaluation salariale du fait qu’ils se trouvent en dessous des minimas ; ils ont été « rattrapés ». La direction ne souhaite pas aller plus loin.

Face au tollé de cette décision, FO monte au créneau et argumente sur les dispositifs appliqués aux autres salariés et dont ne bénéficient pas les métiers artistiques.

La direction propose donc de régler les problèmes en les traitant par « des mesures individuelles ».

Ainsi la direction va s’engager par écrit sur des mesures spécifiques 2016 pour les salariés des métiers artistiques bénéficiant de 5 ans au moins dans la fonction : un passage en « confirmé » au 1er janvier 2016.

  • Concernant la rétroactivité des transpositions

La direction reste inflexible. La rétroactivité concernant les métiers artistiques commence au 1er janvier 2015. C’est cela ou rien !

  • Concernant l’harmonisation salariale

La méthode de l’harmonisation salariale a été appliquée à l’ensemble des salariés de France Télévisions mais elle ne le sera sans doute pas pour les métiers artistiques…

La direction s’est empêtrée dans des explications alambiquées. Elle explique « qu’il n’est pas concevable de corriger les écarts entre les ex-sociétés car les pratiques salariales étaient très différentes ».

FO conteste et demande une harmonisation sinon les salariés seront contraints de contester devant les Prud’hommes.

La direction évoque le peu de personnes sur un même emploi pour effectuer une harmonisation : 11 animateurs-présentateurs TV, 32 animateurs radio, 8 animateurs radio et TV, 3 programmateurs radio, 10 adjoints au producteur, 14 producteurs artistique, 2 réalisateurs.

  • Concernant l’exclusivité de collaboration

FO constate que des employeurs mettent « la pression » sur les salariés des métiers artistiques qui travaillent à temps partiel pour qu’ils ne travaillent pas en dehors de France Télévisions. Notre syndicat rappelle que l’employeur ne peut pas s’opposer, sauf véritable contrat d’exclusivité formalisé, ce qui n’est pas le cas.

La direction ne nie pas, mais rappelle que les salariés doivent tout de même solliciter, par écrit, l’autorisation de l’entreprise.

  • Concernant l’organisation du temps de travail

Les temps partiels ne concernent quasiment que les salariés d’Outremer 1ère. FO s’étonne et s’insurge contre des CDI temps-partiels à 6 % ou 12 % ! C’est tout à fait illégal.

FO relate des témoignages de salariés qui disent que le temps de préparation est rarement pris en compte. De même, nous constatons que les majorations salariales concernant le travail les jours fériés et/ou le travail le week-end ne sont jamais prises en compte.

A nos interrogations la direction reste silencieuse. Aucune réponse.

  • Concernant le forfait-jour

L’accord prévoit le passage pour l’ensemble des salariés des métiers artistiques en forfait-jour.

L’accord collectif prévoit une valorisation d’abord de +3 % à la signature du forfait-jour, puis au bout de 2 ans, une autre majoration de +2 %.

La revendication syndicale est d’obtenir tout de suite une valorisation de 5 % pour rattraper le retard sur les autres salariés déjà en forfait-jour.

La DRH estime que « cela se regarde » mais après le dispositif de « la transposition »…

En revanche, les salariés en forfait-jour en temps partiel ne peuvent être planifiés qu’au minimum sur des demi-journées. Une planification aux heures n’est pas admise.

  • Concernant les salariés qui souhaitent intégrer les grilles des métiers artistiques

FO revendique l’intégration des « chargés de réalisation d’émissions TV » (nomenclature personnel technique et administratif) dans la grille des métiers artistiques au poste de « réalisateur d’émissions ». De même, certains « concepteur de programmes courts » (nomenclature personnel technique et administratif)  sont réellement des « présentateurs ou des producteurs artistiques ».

  • Concernant le suivi de l’accord des métiers artistiques

Force Ouvrière France Télévisions, la CGT et le SNJ (journalistes) sont les seuls syndicats qui peuvent participer aux négociations concernant l’accord des métiers artistiques.

FO a fait remonter à la direction de nombreux dossiers, y compris des dossiers concernant des salariés qui viennent d’être intégrés par des procédures juridiques et dont les transpositions ne nous semblent pas satisfaisantes. La direction a promis de nous apporter des réponses.

Force Ouvrière rappelle qu’elle met en place une permanence « transposition métiers artistiques » au 01.56.22.43.76. Tous les jours des collègues des métiers artistiques répondent à vos questions et à vos interrogations. N’hésitez-pas à nous contacter.